La question des migrations tient une place importante dans les dbats ayant traits aux impacts de la pauvret des crises environnementales sur la socit

La question des migrations tient une place importante dans les dbats ayant traits aux impacts de la pauvret des crises environnementales sur la socit. Depuis plusieurs dcennies, la question des rfugis climatiques est de plus en plus rcurrente dans les dbats socio-conomiques et politiques. Les recherches, les colloques et autres dbats scientifiques structurs autour de la question tendent prouver certains effets du rchauffement climatique ont entrain et continuent de drainer dimportants mouvements des populations dans le monde. En effet laugmentation de la frquence et de lintensit des catastrophes naturelles, notamment des inondations, des scheresses, des invasions acridiennes, des pidmies, des pizooties associes des rgimes de prcipitations soumis une plus grande variabilit depuis les annes 1930 ainsi que lavance accrue du dsert sont les consquences directes du changement climatique. Leurs consquences sur les moyens de subsistance de nombreuses socits rurales, en particulier des Mbororo rpartis dans les abords sud du Lac Tchad et le plateau de lAdamaoua camerounais caractrises par un haut niveau de pauvret et de vulnrabilit ne sont plus dmontrer. Pour faire face ces crises environnementales de plus en plus frquentes et aigues, les migrations se sont imposes comme lune des stratgies dadaptation possible et adquate. En Afrique centrale, les pizooties de peste et de trypanosomose bovine furent les principales manifestations du changement climatique communes aussi biens aux aires pastorales des abords sud du Lac Tchad et que celles du plateau de lAdamaoua Camerounais. Les invasions pestiques et trypanomiennes des XIXme et XXme sicles ont mis mal les leveurs Mbororo car issues des socits essentiellement pastorales. Ce livre a pour objectif dapprhender les interactions entre les pizooties et leurs consquences afin de pouvoir pondrer leurs poids sur la dynamique migratoire des socits pastorales Mbororo dans les abords sud du Lac Tchad et le plateau de lAdamaoua. Lhistoire de la sant et des maladies est un domaine encore en friche au Cameroun. Les recherches y relatives ainsi que ces affinits avec dautres disciplines notamment la dmographie, la gographie et lpizootiologie demeurent embryonnaires. loppos, les recherches mettant en corrlations les migrations et les crises environnementales sont de plus en plus nombreuses et diversifis. Nombreux sont les travaux de synthse qui font tat de ces connaissances (Black et al., 2011b Black et al., 2011c De Sherbinin et al., 2011 Hugo, 2008 Kniveton et al., 2008 Mcleman, 2013 Perch-Nielsen et al., 2008 Piguet, 2013a Piguet et al., 2011b Warner, 2010 Warner et al., 2010). Ces travaux gnraux et plus ou moins parcellaires questionnent globalement leseffets des changements climatiques sur les migrations contrairement cette tude qui relve spcifiquement le rle des pizooties sur la prise de dcision et le processus dcisionnel migratoire de ces socits pastorales Mbororo durant le XXme et le dbut du sicle XXIme. Tout en situant ce phnomne dans le continuum des migrations forces, ce livre sintresse galement aux caractristiques de ces migrations pastorales quant aux choix des destinations, lampleur des flux ainsi qu leurs effets sur les communauts, les zones dorigine et daccueil ainsi que sur les formes de liens entretenus entre les communauts de dpart et darrive. La gense des recherches sur les relations entre les migrations et le changementclimatique remonte aux annes 1980. A cette priode, la prise de conscience et lintrt grandissant pour le rchauffement climatique prend de lampleur avec lmergence dune communaut scientifique trs avise et charge, dune part de compiler, danalyser et de synthtiser toutes les connaissances sur le changement climatique, et dautre part ses consquences (Gemenne, 2008). Cette proccupation lie aux rpercussions du rchauffement climatique sur lasocit a particip au regain dintrt pour les facteurs environnementaux dans les tudesmigratoires en gnral, et en gographie en particulier. En effet, la Gographie des populations a toujours accord une grande place de choix lenvironnement dans ltude des phases de peuplement de la terre. Ce qui ne fut pas du tout le cas des XIXme et XXme sicles durant lesquelles la place et le rle des facteurs environnementaux furent mis en marge dans lanalyse des mouvements migratoires des populations au profit des dterminants essentiellement conomiques (Piguet, 2013). Fort de cette ralit contextuelle, spcifique au XXme sicle, les causes environnementales des migrations humaines ne sont pas considres par la refugee studies qui privilgie les faits politiques dans ltude des migrations. Bien plus, les tudes sur les migrations des rfugis mettaient davantage un point dhonneur sur les mouvements internationaux des populations, alors que les migrations induites par les crises environnementales se caractrisent surtout par la prdominance des dplacements internes aux tats et de courtes distances (Kniveton, 2009). Concomitamment avec la prolifration des recherches en Dmographie et en Gographie humaine, les recherches historiques ddies ltude des migrations avec lenvironnement comme postulat de base ont pris de lampleur. Lengouement manifeste des historiens pour cette thmatique sest traduit sur le terrain par une augmentation exponentielle des tudes empiriques. Le concept de migration susciter de vifs dbats et cristalliser des positionsantagonistes au sein des milieux acadmiques. De nombreux auteurs, dont lun des plus prolifiques est Myers (1993), affirment que les dgradations environnementales engendreront des exodes massifs dans les annes venir. Les rfugis de lenvironnement sont par consquents prsents comme ceux-l mme qui incarnentlune des plus graves crises humanitaires de notre poque en annonant des vagues de plus 150 millions de rfugis . Cette prise de position plutt alarmiste soppose celle des chercheurs en sciences humaines qui, face cette situation, proposrent un discours plus modr. Partant du nombre insignifiant des tudes empiriques et les rsultats peu consensuels ce sujet, certains auteurs comme Black (Black, 2001) ou Castles (Castles, 2002) insistent sur la difficult lier de manire causale lenvironnement aux migrations. En effet, le facteur environnemental fait souvent partie dun jeu complexe de causalits multiples o interagissent notamment des facteurs sociaux, conomiques, politiques et culturels (Black, 2001 Castles, 2002).Castles rprouve en particulier le caractre trompeur et dangereux dune terminologie associant des dplacements de population des rfugis. La pluralit des facteurs pouvant engendrer des migrations nest donc pas prise en compte par lappellation rfugi climatique et cette catgorie ne concorde pas avec le statut de rfugis nonc dans le cadre de la convention de Genve de 1951. Bien que certains en fassent encore usage et dfendent la cration dun statut de rfugis environnemental ou de rfugi climatique (Conisbee Simms, 2003 Mccue, 2010 Myers, 2002 Westing, 1992 Williams, 2008), la majorit de la communaut scientifique rejette lutilisation du terme de rfugis (et de refugee en anglais). Ces controverses smantiques autour des concepts de rfugis environnemental et ou de rfugi climatique nous loignent dune adhsion unanime et gnralise concernant une nomenclature qui permette de nommer les mouvements de personnes pour lesquelles lenvironnement est un facteur dterminant (Kaenzig, 2015). En sus de cette pluralit des termes trs diversifis usits pour ltude et lanalyse des questions lies aux migrations, il convient dy ajouter celui de rfugis pastoraux. Les rfugis pastoraux sont des populations pastorales qui, cause des crises environnementales et de leurs consquences ngatives sur llevage, sont contraintes dabandonner leurs aires pastorales dorigines ou habituelles pour se refugier dans des zones propices la scurisation (de leurs cheptels), la poursuite et la prennisation de leurs pratiques pastorales. Il en est ainsi des socits pastorales Mbororo dont les migrations dans les abords sud du Lac Tchad et le plateau de lAdamaoua camerounais ont t induites par les scheresses, les inondations, les famines et les pizooties, vecteurs des crises de llevage dans ces rgions. Au mme titre que le concept de rfugis pastoraux, le mot dplac met traduit le caractre essentiellement contraignant, forc de la mobilit humaine. Cest qui nest pas le cas pour le terme de migrant qui, quant lui, met plus demphase sur les acteurs et sur le processus dcisionnel propre la migration (Kaenzig, 2015). Lacception de mouvements de populations reste trs neutre et tend cependant dpersonnaliser laction de migrer. Le second concept cls associ cette tude est celui de contrainte. Du latin constringere qui signifie lier, resserrer, enchainer et contraindre, le mot contrainte fait allusion toute violence ou toute pression exerce contre une personne pour lobliger faire quelque chose ou pour lempcher de faire ce quelle voudrait. Elle peut tre physique et morale. Ce concept garde tout son sens en Littrature et en Droit. En gographie, une contrainte est un lment qui pse sur le choix damnagement dun espace par une socit. Les contraintes sont pour lessentiel dorigine naturelle elles sont lies au climat, au relief, au sol ou encore la vgtation. Cette conception gographique de la contrainte est celle quil convient le mieux pour la comprhension de ce livre. Le qualificatif pizootique se rfre toutes les pizooties cest–dire toutes les maladies qui frappent rgulirement les animaux. Est donc pizootique toute maladie qui a les caractres dune pizootie. Il en est ainsi de la peste et de la trypanosomose bovine privilgies pour cette tude. Les socits pastorales sont des socits rurales dans lesquelles le pastoralisme joue un rle trs important dans la gense, la structuration et la prennisation des activits conomiques et sociales des populations. Il en est ainsi des Mbororo pour qui, llevage hrit des traditions anciennes, contribue la valorisation des terres des fins conomiques et sociales. Or la pratique de llevage est intimement lie la prsence dun environnement caractris par un cosystme herbac o prdominent les prairies et les steppes souvent arides et peu propices la culture. cause des crises environnementales, les aires pastorales occupes par les populations mbororo se dgradent progressivement. De plus en plus impropres llevage cause de la rcurrence des scheresses, des inondations, des famines, des disettes et des pizooties, les riches terres dlevage des abords du Lac Tchad sont dlaisses au profit de celles du plateau de lAdamaoua camerounais o abondent des pturages riches en gramines et indemnes des pizooties. Quoique la place accorder aux crises de llevage dans le processus dcisionnel migratoire des Mbororo soit importante depuis des sicles, il convient tout de mme de mentionner que les mobilits font partie intgrante de leurs systmes pastoraux. Ce qui transparat clairement travers le pastoralisme nomade caractris par lirrgularit des parcours et labsence des cultures quils pratiquent depuis belle lurette. Les migrations sont ataviques pour ces populations pastorales. Elles constituent, pour de nombreuses communauts pastorales, une possibilit de raction face aux crises de llevage auxquelles elles sont rgulirement confrontes. Qui plus est, les socits pastorales Mbororo se distinguent des autres communauts riveraines du bassin du Lac Tchad par leur organisation sociale trs souple et ouverte. Cette flexibilit sociale leur permet de ragir trs rapidement en face aux vnements brusques et inattendus auxquels ils sont confronts. Trs craintifs, les modles de rponses apportes par les Mbororo face aux diffrentes crises de llevage auxquelles ils sont rgulirement soumis sont la fuite et la migration. De l, les migrations sous contraintes pizootiques sont les dplacements effectus par les leveurs nomades (Mbororo) la suite des closions des foyers dpizooties et des diffrentes consquences quelles eu sur les conomies pastorales de ces socits dans les abords sud du Lac Tchad et le plateau de lAdamaoua Camerounais entre les XIXme et le dbut du XXIme sicle. Dans ce livre, nous nous appuierons sur les diffrentes terminologies sus-dfinies pour mentionner les migrations des socits pastorales Mbororo. Ceci dans loptique non seulement de les tudier afin de mieux comprendre tous leurs enjeux socio-conomiques, dmographiques et pizootiologiques mais aussi et surtout de mieux les insrer les dbats scientifiques dans lequel sinscrit cette question. Nous aurons donc recours aux termes de migrations ou de migrants pour voquer les phnomnes de mobilit. Le chapitre deuxime de ce livre revient dailleurs avec plus de prcisions sur la typologie des migrations des migrations sous contraintes pizootiques des Mbororo dans les abords sud du Lac Tchad et vers le plateau de lAdamaoua camerounais. Il serait donc prudent de prciser ici, quoique certains leveurs remontent leurs origines aux Niger, au Nigeria et au Tchad riverains du Lac Tchad, quil sagit uniquement de migrations internes et temporaires, voire dfinitives. Le recours au terme de migration nous permet de nous affranchir dune dfinition stricto-sensus qui ne tiendrait compte que des mobilits qui impliquent le franchissement dune frontire inscrite dans la longue dure comme cest le cas dans cette rgion. Il en est de mme pour le concept de rfugis pastoraux car la dimension force, mieux contraignante des mobilits quil qualifie correspondent avec toutes les ralits migratoires des leveurs mbororo qui, incapables, de trouver des issues thrapeutiques favorables aux pizooties des peste et de trypanosomose bovine, furent contraints de migrer dans les abords sud du Lac Tchad et vers le plateau de lAdamaoua. Qui plus est, lusage du concept de migrations sous contraintes pizootiques limite notre champ dinvestigation. Il nous permet ainsi dlaguer ce livre de toutes les migrations dues aux dgradations imputables aux crises environnementales dans le Lac Tchad, afin dvoquer uniquement celles gnres par apparitions soudaines et la prolifration des foyers dpizooties de peste et de trypanosomose bovine. APPROCHES THEORIQUES Les concepts de vulnrabilit, de rsilience et dadaptation apparaissent de manire rcurrente dans les domaines dtude abordant les dynamiques entre environnement et socit. Ainsi, le terme de vulnrabilit est utilis dans des disciplines et des traditions scientifiques trs varies, quil sagisse dconomie, danthropologie, de psychologie, de mdecine, etc. En revanche, selon Adger (Adger, 2006) ce nest que dans le champ des relations Homme-Environnement que la vulnrabilit semble avoir une signification partage, bien que fortement dbattue et non-consensuelle. La gographie humaine et lcologie humaine ont, en particulier, thoris le concept de vulnrabilit. Les origines du concept ses racines dans le domaine des tudes sur la pauvret ainsi que dans ltude des catastrophes naturelles (Adger, 2006). Ce dernier courant est lui-mme principalement compos de deux traditions scientifiques, qui parfois se recoupent. La premire est centre sur une approche bio-physique ainsi que sur ltude des catastrophes naturelles alors que la seconde concerne plus gnralement les approches de la political ecology (Kaenzig, 2015). Cette dernire porte un regard critique sur la domination des sciences naturelles dans le domaine des interactions entre lhomme et son environnement et adopte une approche de la vulnrabilit soulignant limportance de ses causes institutionnelles et politiques. Si la rsilience exprime la capacit dabsorber un bouleversement extrieure, la vulnrabilit est, a contrario, souvent dcrite avec une connotation ngative. Elle est gnralement exprime comme le risque ou la susceptibilit dtre atteint par une dgradation environnementale. Dans le cadre du changement climatique, la vulnrabilit peut tre dfinie comme le degr auquel un systme est susceptible, ou incapable, de faire face aux effets adverses des changements climatiques, compte tenu de limportance des impacts, de la sensibilit du systme et de ses capacits dadaptation (Adger, 2006 Janssen Ostrom, 2006). La dfinition de ce concept nest cependant pas consensuelle car elle varie selon les disciplines et ou les perspectives de la recherche engage. Cependant, il merge de ces polysmies certaines caractristiques communes ou du moins une certaine convergence en regard des composantes de ce concept. Gallopin la dfinie dailleurs en ces termes vulnerability is most often conceptualized as being constituted by components that include exposure to perturbations or external stresses, sensitivity to perturbation, and the capacity to adapt. (Gallopn, 2006 294). Ces caractristiques trouvent leur expression la plus complete dans la dfinition reformule par Adger the degree to which a system is susceptible to, or unable to cope with, adverse effects of climate change, including climate variability and extremes. Vulnerability is a function of the character, magnitude, and rate of climate variation to which a system is exposed, its sensitivity, and its adaptive capacity (Adger, 2006, p. 273). La perturbation ou external stress correspond un processus interne ou externe (selon lchelle danalyse) qui interagit avec le systme et qui peut potentiellement induire une transformation, la rsilience se rfre lampleur dun bouleversement qui peut tre absorb avant quun systme ne se change en un tat radicalement diffrent, aussi bien que la capacit sauto organiser et la capacit dadaptation face des nouvelles circonstances mergentes (Adger, 2006 269). Elles peuvent aussi tre dcrites comme des vnements qui excdent lintensit de la variabilit dans laquelle le systme volue habituellement. Il peut sagir de catastrophes naturelles comme une inondation. Le stress quant lui renvoie une dtrioration continue ou lente dun milieu avec une intensit plus ou moins croissante. La dgradation des sols ou les scheresses sont cet gard parfaitement illustratifs. Le terme de sensitivity, ou sensibilit, recouvre le degr auquel le systme est modifi ou affect par une perturbation. La notion de capacit dadaptation correspond quant elle la capacit et la manire de sadapter, de faire face et dattnuer les dommages engendrs par une perturbation. Cette capacit existe donc indpendamment dune dgradation de lenvironnement. De nos jours, de nombreux auteurs parlent de plus en plus de coping ability ou de capacity of response. La coping ability apporte par consquent une nuance temporelle car elle se rfre la capacit ou au potentiel court terme, dans une optique de survie. Ladaptive capacity correspond donc des ajustements durables. Ce paramtre est ds-lors trs proche du concept dadaptation. Lexposure, ou le degr dexposition se rfre, en ce qui le concerne, au degr, la dure et lampleur auquel le systme est en contact ou sujet des perturbations. Le changement correspond la transformation du systme dans le but de limiter les impacts de la perturbation. Cette transformation est peu dfinie et peu consensuelle car les changements peuvent stendre du changement de comportement dindividus jusqu des changements consquents de nature structurelle. Cette composante de la vulnrabilit est dbattue, notamment parce quelle souligne le caractre trs discut de la frontire entre le concept de vulnrabilit et celui de rsilience ou dadaptation (Kaenzig, 2015). La diffrence entre ces paramtres peut tre explicite. Il donne un aperu de la manire dont le concept de vulnrabilit peut tre oprationnalis dans une recherche. Le prsent exemple se penche sur les impacts dune pizootie sur une communaut. Lpizootie incarne la perturbation, son ampleur et sa virulence correspondent aux attributs de cette perturbation. En effet, les animaux issus dun environnement malsain sont plus exposs (exposure) et par consquent les plus svrement touchs par la maladie tandis que ceux qui sont confins dans des zones rputes salubres courent moins les risques dinfection. Ce qui pousse les uns et les autres considrer ladaptation commecette capacit dun systme sadapter et faire face des perturbations (Van Der Leeuw, 2008 30). Ainsi, seules les communauts pastorales nomades qui, jouissant dune organisation sociale souple, disposent de plus de marge de manuvre viter les contagions travers les migrations et rparer les dgts dues aux pertes post-pizootiques (response capacity). Ces composantes offrent donc une grille danalyse rigoureuse pour linterprtation des effets directs des crises pizootiques sur une population. Cette approche permet, dans une certaine mesure, dtablir un diagnostic de la capacit (ou lincapacit) dun systme faire face des dgradations de leur environnement (Gallopn, 2006). En particulier, la notion dadaptive capacity permet dapprhender les diffrentes caractristiques dune communaut quant leur capacit dadaptation. La notion de vulnrabilit se retrouve dans de nombreuses tudes portant sur les liens entre migration et lenvironnement (Kniveton et al., 2008 Mcleman Smit, 2006 Meze-Hausken,2000 Perch-Nielsen et al., 2008). Dans ce cadre, la vulnrabilit nest que peu mobilise pour sa dimension conceptuelle mais elle lest plutt pour la dimension que lon pourrait nommer dapplique . La majorit des auteurs font recours cette terminologie pour qualifier et dcrire les types dinteractions entre une population potentiellement migrante et son environnement mais ne mobilisent pas ncessairement cette notion avec le bagage ontologique quelle vhicule (Kaenzig, 2015). Il en est ainsi de McLeman et Smit qui ont utilis le concept de vulnrabilit pour rendre compte des dplacements de populations suite de graves scheresses en Oklahoma dans les annes 1930 (Mcleman Smit, 2006). Leur tude souligne en effet limportance du degr dexposition (reflte travers la baisse de rendement des exploitations agricoles, directement lie au manque deau) et de la capacit dadaptation (lampleur du rseau social, la sant des membres de la famille, le bien-tre gnral, les stratgies de diversification des revenus, etc. sont autant de facteurs de nature diverses influenant ladaptive capacity) sur la vulnrabilit des mnages ainsi que sur leur propension opter pour la migration. Partant de cet exemple, il apparait clairement que la notion de vulnrabilit est lune des variables pouvant le mieux expliquer la propension des populations migrer la suite dune crise environnementale. Le concept de vulnrabilit fournit par consquent un outillage conceptuel propice pour lanalyse des interactions homme-environnement en un lieu donn. En revanche, cette approche peine apprhender des dynamiques sociales caractrises par leur mobilit. Par exemple, ce concept semble plus difficile utiliser dans le cadre dune tude mettant jour des stratgies de migrations saisonnires pour faire face aux dgradations environnementales. En outre, lapport heuristique du concept de vulnrabilit ne semble pas tre suffisant pour expliquer la raison pour laquelle, au sein dun groupe social, certains individus prennent la dcision de migrer et dautres pas. Cette approche ne tient compte que du potentiel disponible et nexplique pas encore la dcision de migrer ou non avoir la possibilit dagir nimplique pas ncessairement le passage lacte (Kaenzig, 2015). En ce sens, la transition entre le degr de vulnrabilit dune population et la dcision de migrer de cette dernire ne peut pas tre apprhende via le seul recours au concept de vulnrabilit. METHODOLOGIE Les efforts de thorisation des migrations ont t si nombreux dans le pass. Ils prennent en ralit corps en Europe partir du XIXme avec Georges Ravenstein qui, dans deux de ses travaux publis 1885 et 1889 suggra une srie de lois sur les migrations (Pich, 201319). Afin de cerner tous les contours des questions migratoires, les thories les plus en avances furent lapproche macro-structurelle, lapproche micro-structurelle et lapproche genre. Selon les chantres de lapproche macro-structurelle des migrations, les flux migratoires doivent tre perus comme des mcanismes de rgulation et dajustement de lespace conomique. Les dplacements des populations visent rpondent aux dsquilibres spatiaux et ou rvlent la dstructuration de lespace socio-conomique selon les rfrents thoriques adopts (Dupon et Guilmoto, 199322). Pour les modles macro-conomiques no-classiques, les migrations de travail sont quant elles analyses comme des rponses aux dsquilibres du march du travail et aux diffrentiels de revenus, comme des flux rquilibrants qui conduisent une nouvelle allocation spatiale des facteurs, conforme aux lois conomiques du march. Cette thorie prsuppose une connaissance parfaite des opportunits demplois et des salaires sur tous les marchs du travail par les agents conomiques, hypothse qui parat trs irraliste, surtout dans le cas des pays en dveloppement. Mme en admettant cette hypothse, ce modle ne permet pas dexpliquer la prennisation de certains courants migratoires, alors que les conditions de dsquilibre initial ont disparu. Les approches structurelles dans la filiation marxiste adoptent une perspective historique et mondiale, celle de lexpansion du systme capitaliste partir dun centre dominant vers des conomies priphriques dpendantes. La mobilit spatiale du travail dans les pays en dveloppement est analyse comme la consquence de la pntration capitaliste dans ces conomies dpendantes, de la dstructuration des institutions et des modes de production traditionnels qui sensuit, provoquant le dracinement et la proltarisation des ruraux. La thorie de la dpendance fourni une explication ultime sur les migrations de travail et leur dterminisme externe s toutefois sintresser aux mcanismes dcisionnels individuels. Cette approche thorique prsente les avantages dune perspective globale qui permet introduire diverses questions fondamentales comme lallocation des ressources, la distribution internationale du pouvoir, les politiques gouvernementales et, plus gnralement, les questions de dveloppement. La thorisation des mobilits devient par consquent une explication logique des ingalits de dveloppement dont les effets directs sont de provoquer la migration (Skeldon, 1990 150). Par contre, les inconvnients de ce schma dexplication rsident dans son caractre essentiellement dterministe et dans sa faiblesse rendre compte de la varit des formes de mobilits lies certaines spcificits historiques et culturelles. loppos de la thorie de la dpendance, qui entend expliquer la stratgie densemble dont relvent les mouvements migratoires, la thorie micro-conomique no-classique est fonde sur une approche de type individualiste, qui vise expliquer comment les individus prennent leurs dcisions. Les modles micro-conomiques de migration ont t initialement dvelopps par les tenants de la thorie du capital humain ceux-ci conoivent la migration comme une forme dinvestissement qui vise accrotre la productivit des ressources humaines par la recherche de meilleures opportunits demplois (Dupont et Al., 1993274). La dcision de migrer repose sur lvaluation compare des cots conomiques et psychiques lis la migration et des gains escompts conformment au schma no-classique de base, cette dcision rsulte du comportement rationnel dacteurs individuels qui cherchent maximiser leurs revenus. Malgr leurs prsupposs thoriques qui en limitent fortement la porte explicative, ces modles cots-bnfices ont t largement utiliss et restent toujours influents dans les tudes de migration. La formulation propose par Todaro la fin des annes soixante (Todaro, 1969 Harris et Todaro, 1970) en a rpandu lapplication dans lanalyse des migrations des zones rurales vers les zones urbaines dans les pays en dveloppement. Le modle de Todaro se propose de rpondre au paradoxe apparent de la persistance de migrations vers les villes en dpit de taux de chmage urbain levs il introduit le concept de gains escompts, qui tient compte non seulement du diffrentiel de revenus rels entre zones rurales et zones urbaines, mais aussi de la probabilit de trouver un emploi dans le secteur urbain. Ces modles probabilistes ont le mrite davoir stimul de nombreux travaux qui ont cherch mesurer et tester les effets des diffrentiels de salaires et de taux de chmage entre diffrentes zones sur la propension migrer ces tentatives de validation statistique ont dailleurs conduit de nombreuses reformulations du modle. Une critique fondamentale de ce type dapproche porte sur latomisation des mcanismes dcisionnels la dcision de migrer est prise par un acteur individuel, isol, hors de tout contexte familial, communautaire et social. Une avance notoire pour la comprhension des comportements migratoires dans les pays en dveloppement est la prise en compte de leur dimension collective et lapprhension des migrations et autres formes de mobilits spatiales comme des lments des stratgies familiales destines assurer la survie et la prosprit du groupe. Dans des conditions dconomies prcaires, la logique luvre semble reposer sur un principe de minimisation des risques lchelle du groupe domestique (et non plus de maximisation des revenus au niveau individuel). Les dplacements de travail des membres de la famille hors de leur communaut dorigine visent diversifier les activits productives en diffrents lieux. Les mouvements circulaires et migratoires des villageois vers la ville permettent ainsi dlargir la base conomique des familles rurales. Ce schma explicatif a t modlis par certains thoriciens de la migration, en particulier Stark (Stark, 1991). Le poids des logiques familiales ou communautaires sur les comportements migratoires nen demeure pas moins attest par lanalyse des mouvements de population dans les pays en dveloppement, comme il transparat galement dans la plupart des cas exposs ici. Un enseignement mthodologique se dgage aussi dans ce contexte, le groupe familial spatialement segment simpose comme lunit dinvestigation la plus pertinente. Par leur recours privilgi a des niveaux danalyse macro ou micro , les cadres explicatifs dominants vacuent gnralement dautres dimensions de la mobilit les stratgies familiales doivent leur tour tre rfres leur contexte socio-conomique local, celui de la communaut de base du migrant, son village dorigine, mais aussi son groupe social, son ethnie ou sa caste. En plaant les dterminismes conomiques au cur de leur raisonnement, les thories voques ci-dessus ne peuvent non plus rendre compte de lautonomie plus ou moins grande de la mobilit spatiale par rapport aux dsquilibres et aux contraintes conomiques, mme propos des seules migrations de travail. Les rseaux sociaux dans lesquels sinscrivent et se dveloppent les mouvements de population ont t notamment reconnus comme lun des facteurs cruciaux du maintien et de lintensification de la mobilit spatiale (Dupont et Al., 1993274). Ce contexte social spcifique permet de comprendre la configuration de nombreux parcours migratoires et la constitution de flux auto-entretenus ceci est nouveau dmontr dans plusieurs articles de ce recueil lassociation troite entre spcialisation professionnelle et migration au sein de filires se trouve en outre exemplifie dans le cas des rseaux marchands. Dans ces dispositifs migratoires aux effets cumulatifs et rtroactifs, la diffusion de linformation des premiers migrants aux migrants potentiels joue un rle clef. ce niveau interviennent aussi les reprsentations idologiques ou mythiques vhicules par la migration, limaginaire associ la ville. Autant de facteurs qui viennent se greffer sur des lments dinformation plus objectifs, et qui, comme en tmoignent ici certains articles, ne sont pas ngliger dans lexplication des comportements de mobilit. Eu gard la dynamique scientifique autour de la question des migrations et afin de mieux pondrer le poids des crises environnementales sur la prise de dcision et processus dcisionnel migratoire des populations, de nouvelles perspectives thoriques ont t nonces. Le chef de prou de cette nouvelle classe de chercheurs sont Etienne Piguet et Victor Pichet. Dans ces travaux, Piguet (Piguet, 2011) propose une srie dapproche mthodologique trs attentive lenvironnement immdiat des migrants. Ainsi, la premires approche notamment lEcological inference based on area characteristics, intgrent des variables environnementales dans les tudes des migrations et dans le processus des rgressions gographiques. Cette perspective mthodologique permet en ralit de mesurer la avec de prcisions les corrlations entre les caractristiques environnementales dune aire gographique spcifique (le nombre de jours de pluie, dure des saisons sches) et les caractristiques migratoires de cette mme rgion. Le principal risque de ces mthodes tient ce que lon peut passer dune relation au niveau des agrgats dindividus une relation au niveau des individus. La deuxime mthode, le Time series, se fonde sur une analyse denqutes ralises sous la forme de questionnaires distribus plus ou moins grande chelle et sur une priode de temps variable selon les tudes. Un des principaux obstacles cette mthode tient ce quelle ncessite beaucoup dinvestissements financiers et temporels. La troisime perspective mthodologique combine la fois lEcological inference based on area characteristics, le Time series et de lIndividual sample surveys. Mis en ensemble, ces trois mthodes certes distinctes, ont en tous lavantage dviter les risques derreurs des deux mthodes susmentionnes. Dans cette perspective, le time series se basent sur des donne de panel permettant dapprhender lvolution temporelle dun phnomne migratoire, les analyse de types multilevel prennent en considration des donnes plusieurs niveaux dobservation (individuelles et de panel) et lagent based modelling consistent en un procd permettant de modliser les comportements individuels principalement en raison de lindisponibilit des donnes ncessaires. La quatrime perspective dapproche cest–dire lethnographic methods, correspond, en fin, aux tudes qualitatives ou de type ethnographique. Elle permet daffiner les perceptions individuelles et la comprhension des mutations environnementales dans une rgion donne. Ce livre smancipe de toutes les anciennes perspectives mthodologiques dveloppes plus haut. Il souscrit entirement aux approches proposes par Piguet. Ainsi, Ecological inference based on area characteristics nous permettra danalyser la gense et la diversification des flux migratoires des socits pastorales Mbororo dans les abords sud du Lac Tchad en fonction des apparitions des foyers primaires dpizooties et de leurs intensifications. En outre, la prolifration des foyers de maladies et leurs extensions spatiales nous permettront de redessiner les parcours et les itinraires migratoires des pasteurs victimes de trypanosomose et de peste bovine des abords sud du lac Tchad jusquau plateau de lAdamaoua camerounais. Le Time series perspective largie notre marge de manuvre quant lusage des questionnaires. Fort de cette approche, la collecte de donnes quantitatives cest–dire les statistiques caractre dmographique, vtrinaire et zootechnique proviennent des questionnaires savamment conues et soumis aux diffrents acteurs de llevage localiss dans les diffrents aires pastorales des abords sud du Lac Tchad et du plateau de lAdamaoua. Ces donnes ont t compltes par celles issues des archives coloniales et administratives minutieusement entreposes dans les diffrents centres darchives que nous avons visits. Les donnes conomiques quant elles drivent des calcules effectus partir des donnes parses collectes dans les sources primaires crites et secondaires, notamment les archives, les rapports de tournes administratives, les thses, les mmoires et les articles exploits pour ldification de ce travail. La troisime et dernire approche retenue pour ce travail est lethnographic methods. Elle a orient la collecte de toutes les donnes qualitatives caractre anthropologiques, ethnologiques et sociologiques ncessaire ldification de ce travail. Cette collecte de donnes sest faite partir dun panel compos de 51 pasteurs nomades et semi-nomades rencontrs fortuitement dans les campements. Trs reprsentatif par rapport la population Mbororo des abords sud du Lac Tchad et du plateau de lAdamaoua, tous les leveurs qui ont t choisis et intgrs notre prototype de recherche ont dabord fait lobjet dune pr-enqutes auprs des Sarki Sanou, des infirmiers vtrinaires et autres Ardo en charge de leur administration. Ces pr-enqutes avaient pour but de dterminer avec finesses les origines des diffrentes populations-mres concernes par ce travail afin dviter dy associer les transhumants Nigerians, Nigeriens, Tchadiens et Centrafricains tout aussi nombreux dans notre zone dtude. Les pasteurs ainsi choisis devant servir plusieurs enqutes successives, les priodes de sondages furent rduites aux mois de juin, juillet et aot durant lesquels ceux-ci se regroupent dans les campements de saison de pluies. ces leveurs Mbororo, nous avons associ 40 autres personnes potentiellement enqutables rpertoris dans les abattoirs, les services dconcentrs du ministre de llevage et les marchs de btail. Cette catgorie denquts tait constitue des vtrinaires, des zootechniciens, des ethno vtrinaires, des commerants de btail, des colporteurs et des leveurs. Toutes ces personnes ressources taient gs dau moins 36 ans sans distinction de statut matrimonial ni de religion. Lintroduction du critre ge dans la dfinition de notre chantillon denqute tient surtout lanciennet des faits tudis et aux rles quaurait jou chaque enqut, en tant que tmoin actif ou passif, dans la lutte et la gestion des pizooties surtout en ce qui concerne la peste dont les dernires invasions remontent 1982. Cette collecte de donnes ethnographique sest faite sur la base des entretiens non structurs. Les discussions informelles qui en ont rsult avaient pour but dencourager les participants parler ouvertement et sexprimer dans leurs propres termes. La langue de communication choisie tant le Fulfulde, ces diffrents entretiens ont t conduits sans un questionnaire prconu. Nous leur avons administr des questions ouvertes, et ce selon un degr de souplesse lev afin de leur donner la latitude de sexprimer librement sans tre interrompus durant leur prise de parole. Ces diffrents entretiens ont eu lieu dans les campements pralablement rpertoris et ont t doublement mens. Les premires sances dentretien se droulaient les matins dans un intervalle des temps compris entre 06 h et 08 h matin afin de ne pas empiter sur les programmes de transhumance quotidienne des pasteurs cibls. Les deuximes sries denqutes seffectuaient les soirs entre 16h et 18h, heures de retour des pasteurs (pralablement interrogs en matine) dans les campements. Pour viter tout soupon dun recensement administratif but fiscal et rassurer les pasteurs enquts, les prises de notes ont t limites autant que faire se peuvent. Les interviews ont donc t discrtement enregistres et conservs sur bande sonore. Les observations des pratiques zootechniques et vtrinaires endognes sur le terrain furent non structures, passives et sans aucune intervention. Ceci afin de mieux apprcier les pratiques ethno-vtrinaires des Mbororo et dobserver leur comportement durant les priodes pizootiques. Cest pourquoi les diffrentes enqutes pour la conduite de ce livre ont t menes durant les mois de juillet, aot et septembre. Cette priode correspond, sur le plan pizootiologique, aux priodes de pic de pluies durant lesquelles closent les foyers dpizooties aux abords sud du Lac Tchad et dans le plateau de lAdamaoua. Les apparitions des cas de trypanosomose dans les campements lors de notre sjour, nous ont donc permis dobserver les diffrents comportements migratoires des leveurs. Ce livre sarticule autour de cinq chapitres. Le premier chapitre met en vidence les causes des migrations des socits pastorales Mbororo au aux abords sud du Lac Tchad et dans le plateau de lAdamaoua camerounais tout en insistant sur les causes pizootiologiques et celles qui sont inhrentes lhomme. Le deuxime chapitre fait une description typologique des migrations induites par les grandes invasions pestiques et trypanomiennes de 1900 2011. Outre les temps forts, cette partie passe galement en revue les priodes post pizootiques apparemment paisibles mais dune trs grande importance pour reprer la dialectique de la continuit et de la rupture perceptible dans la gravit et la dure qui a caractris les diffrents passages pizootiques aux abords sud du lac Tchad. Le chapitre troisime value les pertes causes par les grandes pizooties de peste et de trypanosomose bovine dans les abords sud du Lac Tchad et dans lAdamaoua. Il sagit en fait des consquences zoo conomiques, zoo diplomatiques, cologique, politique et sociales de ces calamits. Guid par la problmatique des migrations sous contraintes pizootiques, le quatrime chapitre de cette thse value les consquences directs des grandes invasions pestiques et trypanomiennes du XXme sicle sur la dynamique migratoire des socits pastorales mbororo dans les abords sud du Lac Tchad et dans le plateau de lAdamaoua camerounais, cest–dire dans un contexte conomique, social et politique caractris par une pauvret pastorale gnralise. Bien au-del de la prcarit des conditions humaines, cette situation zoo-conomique dfavorable constitue, pour les pasteurs Mbororo, une cause majeure de migration. Le cinquime et dernier chapitre de ce travail sintresse aux diffrents mcanismes locaux, nationaux et internationaux de gestion et de prise en charge des pizooties ainsi que des migrations quelles ont gnres dans les abords sud du Lac Tchad et dans le plateau de lAdamaoua camerounais durant les XXme et le dbut du XXIme sicle. Y, 9Sx9zgbilI 5BNe tYFCKmf-bje)Qo.m @U4p
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