INTRODUCTION Au début des années 90

INTRODUCTION
Au début des années 90, les expériences pratiques de Muhamed Yunus au Bengladesh, du Bancosol en Bolivie, de la Banque populaire du Rwanda… ont montré l’importance du secteur de la microfinance dans le développement des pays. Ainsi, la microfinance a été encouragée parmi les stratégies de lutte contre la pauvreté, sous l’argument qu’une partie importante des populations des pays en développement se trouvait exclue du système financier classique, en particulier les pauvres, les femmes les ruraux et les micro-entrepreneurs formel et informel. Selon Africap (2008:29), « Il y a environ 1,2 milliards de personnes à travers le monde qui vivent avec moins d’un dollar par jour, il y a un demi-milliard d’entre eux qui auraient besoin d’avoir accès à des services financiers pour avoir des chances d’accroitre leurs revenus afin de les porter au-delà d’un dollar par jour ». Cette estimation explique la portée du problème de la pauvreté dans le monde surtout dans les pays moins avancé comme Haïti dont le rôle des institutions de la microfinance pour financer le secteur informel peut aider a l’amélioration des conditions de vie des populations particulièrement dans la commune de Ganthier sous-étude.
Dans notre travail nous démontrons que l’accès au crédit peut diminuer la vulnérabilité de la clientèle du milieu rural pauvre en lui permettant d’améliorer ses conditions de vie. Dans un mémoire de Master sur la microfinance présenté par BYAKUNDA Faustin, il fait mention que selon DID (2005:37) « l’accès à la ressource financière est considéré comme un élément clé dans la réduction de la pauvreté. Puisqu’il offre aux clients, grâce à l’entreprenariat dans le cas spécifique du crédit productif, des occasions de devenir financièrement autonomes et leurs procure un gagne-pain stable pendant des périodes difficiles » . Cela, nous a montré que la microfinance apparait comme un moyen sûr pour offrir des services financiers aux plus démunis. Pour jouer pleinement son rôle et contribuer au développement, le secteur de la microfinance devrait s’étendre plus qu’il ne l’est présentement en Haïti.
Déjà, avec le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui cassait l’épine dorsale d’Haïti, causant des dégâts matériels évalués à environ 120 % du PIB , paraient préoccupant pour nous de faire un regard sur le financement du secteur informel en Haïti. Dès 2010 maintes voix s’étaient alors élevées pour exprimer le vœu que la tragédie, dans son effrayante puissance de traumatisme collectif, se fasse catharsis pour l’émergence d’une Haïti et d’une gouvernance nouvelle, partant, d’un Haïtien nouveau. Plus de deux ans après, le souhait ne semble pas près de se concrétiser. Et nos vieux démons bicentenaires crèvent de santé avec l’épidémie choléra . La situation d’Haïti, déjà extrêmement critique avant le tremblement de terre avec une chute de 0,8% de l’évolution du PIB de la période allant de 1960-2007 , a-t-elle une issue? Selon le prisme de Robert E. Lucas (Lauréat du prix Nobel de l’économie en 1995) construit des analyses qui suscitent a poser des questions pour savoir comment Haïti pourra-t-elle trouver sa voie et émerger a nouveau, Vue la conséquence qu’engendre la question d’Haïti après le séisme de 2010, Le développement d’une émergence d’Haïti dépendra-t-il du secteur informel avec les apports des IMF ?
Cela dit, il est question dans cette contribution de confirmer ou d’infirmer, de tester en un mot les hypothèses selon laquelle la distribution de crédit joue un effet positif sur le secteur informel et un levier de développement dans la commune de Ganthier en réduisant le taux de chômage précisément via le secteur informel. La théorie de Muhamed Yunus, cadre parfait du point de vue de l’importance de ses poids économique pour le secteur via son mode de financement à travers les personnes marginalisés exclus du système classique, a été sélectionné comme champ de notre étude. Il s’agira, donc, de bien analyser dans la mesure du possible les moindres aspects touchant ce sujet. Ce travail, très éloigné de toute prétention exhaustive, se fera sous l’angle de la démarche fonctionnelle.
D’abord, il semble important de dégager les contours théoriques et méthodologiques de ce travail, c’est-à-dire entre autres exigences théoriques et méthodologiques de la recherche scientifique, de préciser la problématique de recherche qui a été retenue, de faire apparaître le schéma d’analyse adopté, de dégager les objectifs principaux qui meuvent cette contribution à la recherche, de montrer les hypothèses retenues avant de sélectionner les méthodes et techniques qui nous ont semblé plus pertinentes dans le cadre de cette étude, de présenter les concepts et la commune sous étude dans le premier chapitre.
Ensuite, la deuxième chapitre consiste à préciser, à définir voire à délimiter le cadre d’étude et le contexte de la recherche dans un horizon mondiale tout en tenir compte le cas de la microfinance en Haïti. Dans le troisième chapitre nous essayons de comprendre la situation du crédit de la FONKOZE dans le secteur informel en Haïti, en premier lieux nous présentons les caractéristiques de la microfinance et en second lieu son impact socio-économiques dans les entreprise du secteur informel précisément dans la commune de Ganthier, on essaiera de montrer dans ce chapitre que le crédit octroyés peut faire augmenter le développement dans le pays, ce qui va nous conduire à une première validation de nos hypothèse de travail.
Et enfin, le quatrième chapitre servira de prétexte pour faire apparaître les résultats de la recherche de terrain à travers une analyse claire et une interprétation enrichissante et fidèle. Il est question, dans un premier temps, de présenter l’institution de la microfinance FONKOZE. Dans un deuxième moment, de présenter les résultats dans des tableaux et graphiques pour expliquer, analyser et souligner clairement les enjeux économiques et sociaux du crédit sur le secteur informel de la Commune de Ganthier à l’ère actuelle : résorption du chômage, création de revenus, livraison de biens et de services aux populations… il s’agira aussi de reconfirmer une fois de plus nos hypothèses de travail.
C’est dans ce contexte précis que s’insère la pertinence de la problématique des IMF sur l’évolution du secteur informel à la vie de la collectivité locale. toutefois, le secteur informel a été et est, de nos jours, l’objet d’une multitude de théories, d’approches et d’analyses différentes voire divergentes. Au fait, la microfinance permet à sa légitimité économique n’est presque plus contestable à l’ère actuelle où le désengagement de l’État est au vu de tous. Quoique le système informel est frauduleux, dérogatoire en tout ou partie à la législation, il se positionne comme secteur à part entière auquel on reconnaît le mérite dans la réduction du chômage, la promotion de l’esprit d’entreprise et de solidarité, la production de biens, la prestation de services à des prix abordables pour les bourses faibles, la création de richesses, etc., pour ne citer que ces avantages. Mais fois toute recherche scientifique découle des problématique qu’il faut quand même essaie d’expliquer, c’est ce que nous allons voir dans les paragraphes suivants.
PROBLEMATIQUE
En Haïti, les conditions du développement sont très rigides, compte tenu surtout des troubles sociopolitiques, des catastrophes naturelles et de la mentalité anti-changement dont fait montré certains de nos concitoyens. Ces contraintes font du pays l’un des endroits des Caraïbes où le niveau de risque est le plus élevé en matière d’investissement privé et, par conséquent, un endroit où le crédit est très restrictif où la forte régulation du système bancaire ne facilite point le financement de projet risqué. A titre d’exemple, en 2005 seulement 27.5 milliards de gourdes étaient accordées au secteur privé sous forme de crédit par le secteur bancaire traditionnel, selon les données de la BRH. En 1997, seulement 400.000 des demandeurs de crédit ont été satisfaits (PNUD, BIT 1997). Selon la PNUD seulement 133 clients sur les 400.000 détenaient les 2/3 de la totalité du crédit bancaire de cette même année. De même, selon la BRH, le volume de crédit bancaire annuel en 2013 était de 66.458,19 millions de gourdes (BRH, Rapport annuel 2013). Ces données montrent que le crédit s’avère être un casse-tête en Haïti ; ainsi, des projets prometteurs souffrent dans les tiroirs, faute de financement .
Déjà on doit noter dans tous les pays où règne un retard considérable de développement, la majeure partie de la population n’a pas accès aux services financiers traditionnels, plus particulièrement au crédit bancaire. Cette situation est vraisemblablement dû au fait qu’une grande partie de ces populations vivent dans des situations d’extrêmes précarités et de pauvreté et que les institutions financières traditionnelles imposent des conditions «draconiennes» pour accéder au crédit dans le but de couvrir le haut niveau de risque liés à l’investissement dans ces pays.
Pour certains donc, le crédit est un luxe, il est discriminatoire, sélectif. « Le haut niveau de risque en est la cause », affirment habituellement les banquiers et autres responsables d’institutions financières. Il faut ajouter à tout cela l’incapacité d’un grand nombre de demandeurs de crédit de répondre aux exigences des banques commerciales, même tout niveau de risque pris en compte.
Il faut donc, à cela trouver une alternative, si l’on veut toucher certains des problèmes économiques auxquels font face le pays. Considérant que les banques augmentent leurs encours de crédit, car ce dernier est le moteur du développement de l’entreprise privée, qui peut aider grandement le pays à se lancer sur la voie du développement économique et social. Il devient donc urgent que la problématique du crédit soit posée, tout en considérant ses multiples aspects. Certains pays du tiers-monde ont bien compris ce fait et ont trouvé des alternatives à des problèmes similaires dans la microfinance, qu’ils ont appelé finances pour les pauvres, par opposition aux services financiers qu’offrent les institutions financières traditionnelles qui sont pratiquement destinés à ceux qui possèdent déjà un certain capital.
Haïti quant à elle, ne fait l’expérience de cette alternative qu’en 1939, date où les premières lois sur les coopératives ont été publiées. Depuis cette date et face à un grand besoin de financement de l’économie, la microfinance, à travers principalement les coopératives, s’est vite propagée dans le pays. Les micro-entrepreneurs représentent 70% de la force de travail exerçant un emploi ; l’industrie de la microfinance représente l’un des secteurs les plus dynamiques de l’économie haïtienne, en 2010 son bilan consolidé équivaut à 7% de celui de l’ensemble du secteur bancaire pour 3 fois plus d’emprunteurs desservis. D’après le recensement sur l’Industrie de la Microfinance Haïtienne, fin 2010, l’industrie dénombre environ 200 institutions de microfinance (IMF) : 175 CEC (Caisse d’Épargne et Crédit), une vingtaine d’ONG et 4 filiales de banques commerciales. Ces 200 institutions de microfinance (IMF) offrent des services financiers divers, avec une prédominance de produits d’épargne et de crédit, qui financent à 78% des activités de commerce dont la majorité du secteur informel. La microfinance, joue donc un rôle non négligeable dans l’activité économique, mais la détermination de ces impacts réels est aujourd’hui encore l’objet de controverses.
La microfinance a de toute évidence des limites, cependant elle a contribué entre 2010-2016 à faire augmenter considérablement le niveau de crédit dans l’économie haïtienne et permettre la survie de la masse négliger dans les milieux ruraux. Cette augmentation du crédit coïncide, selon les données de l’association nationale des institutions haïtiennes de microfinance (ANIHM), à une augmentation considérable de petites entreprises commerciales a travers le pays, surtout dans la commune de Ganthier. Alors, il semblerait qu’il y existe une relation entre le microcrédit et le secteur informel, mais il n’y a aucune évidence.
De là vient la question centrale: Quel est l’impact de la microfinance sur le secteur informel de Ganthier à travers l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires post-séismes ?
De cette question principale découlent des préoccupations secondaires telles que:
La microfinance peut-elle aider à promouvoir un développement dans le secteur informel ?
La distribution de crédit a-t-elle été renforcée dans la commune de Ganthier ?
Peut-on faire de la microfinance un pilier de l’économie informelle ?
En présentant ainsi la problématique du circuit de la microfinance sur l’économie informelle en ces termes pour arriver à saisir le vrai problème, non officielle comme le désigne les autres auteurs dans ce domaine. Nous formulons les hypothèses comme des propositions qui ne sont que de simples possibilités en guise des réponses provisoires réservées aux préoccupations soulevées par la problématique de la période sous-étude.
Dans le cadre de ce travail, nous formulons les hypothèses suivantes :
HYPOTHESE DE TRAVAIL
Hypothèse générale: L’évolution de la microfinance favorise le développement du secteur informel dans la commune de Ganthier post séisme 2010.
Hypothèse spécifique 1 : La politique de crédit des institutions de microfinance à un impact positif sur le secteur informel.
Hypothèse spécifique 2 : La distribution de financement venant des microcrédits permet de réduire le chômage dans la zone Ganthier.
Hypothèse spécifique 3 : La microfinance engendre le développement de l’économie informelle.
Pour arriver à la validation de ces hypothèses, nous poursuivons tout au long de ce travail les objectifs suivants :
3- OBJECTIF GENERAL
Notre objectif général c’est de trouver et analyser comment l’augmentation des prêts octroyer aux clients après le séisme peux favoriser à la meilleure condition de vie des petits marchands du secteur informel dans la commune de Ganthier dans la période 2010-2016.
4- OBJECTIFS SPECIFIQUES
Cette recherche vise à:
Diagnostiquer le système de fonctionnement du microcrédit dans la commune de Ganthier en analysant les forces et les faiblesses.
De montrer en quoi le microcrédit peut favoriser la création du pourvoir d’achat des petits marchands dans le secteur informel a Ganthier.
Étudier les impacts du microcrédit dans le développement du secteur formel et informel dans l’économie Haïtienne.
JUSTIFICATION DU SUJET
Le choix de notre sujet se justifie au niveau individuel par notre constatation de voir comment la FONKOZE arrive à desservir les personnes les plus reculées dans la commune, en leur octroyant un prêts surtout a des femmes parce qu’elles jouent un rôle de premier plan dans leur famille, dans la communauté Haïtienne particulièrement. La majorité habite dans le milieu rural de la commune de Ganthier, elles laissent les sections communales tels que : Pays-Pourri, Mare Roseaux, l’Astique…, pour aller écouler leurs produits dans la l’arrondissement de Croix-des-bouquets, la Croix-des-Bossalles et d’autres. A partir de ce constat nous essayons de faire une analyse après le séisme pour comprendre et voir si le crédit peut améliorer leur condition de vie. De plus, nous aimerions inscrire davantage la question relative au microcrédit dans la préoccupation des responsables de ce pays compte tenu du rôle important qu’il peut jouer dans les objectifs du millénaire de combattre l’extrême pauvreté et favoriser le développement durable.
Nous espérons enfin, par ce travail, apporter notre contribution dans l’élargissement du champ de la connaissance en abordant une question aussi préoccupante qu’est le microcrédit dans une zone comme Ganthier qui a besoin d’une prise en charge réelle, parce que c’est une commune que l’état central ne se préoccupe pas, une commune qui peut offrir à l’état une bonne assiette fiscal compte tenu les douanes et les relations des communes transfrontaliers entre la République Dominicaine, mais dommage la commune est délaissées par les habitants qui n’ont même pas accès à des services de base.
A cette fin, ce travail de recherche s’articule autour de deux (2) parties et de quatre (4) chapitres avec deux sections.
Une première partie théorique qui comprend les trois premiers chapitres : Vers une meilleure compréhension de Microfinance, Étude de la Microfinance en Haïti et dans les pays moins avancés, l’impact de la Microfinance sur le secteur informel dans la commune de Ganthier. Et une deuxième partie empirique, qui comprendra le quatrième chapitre qui sera l’objet d’une étude de cas et de la présentation des résultats de notre enquête qui nous permettra de confronter théories économiques et réalités haïtiennes dans la commune de Ganthier.
Une annexe d’entretiens apparaitra à la fin du document afin de faciliter une meilleure compréhension du travail.
ÉLEMENTS DE METHODOLOGIES
Comme approche méthodologique, nous utilisons une approche structurale consistant à rechercher les relations réelles existant entre la prestation des services de microfinance et l’expansion du secteur informel a travers les petits marchands de la commune de Ganthier. Les indicateurs retenus sont l’augmentation du volume de prêts octroyés après le séisme sur la période et l’évolution du nombre de clients qui en bénéficient par rapport à l’évolution du portefeuille de la Branche FONKOZE Ganthier.
Nous avons suivi un schéma méthodologique comportant deux parties. La recherche documentaire dite théorique et une démarche empirique par une enquête de terrain.
Pour les parties théoriques, nous avons d’un coté, consulté des documents officiels de la République d’Haïti : des études effectuées par le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE), du Ministère de l’Économie et des Finances, de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’informatiques. Puis, nous nous sommes servi également des documents de l’Organisation des Nations Unies et de certains organismes le constituant, tels le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Fonds d’Équipements des Nations Unies (FENU). D’un autre côté, il y a aussi le Portail Microfinance qu’on peut consulter à l’adresse URL ( http://www.microfinancegateway.org). Cet organisme a un web site très équipé qui donne le journal de la microfinance dans le monde, des dossiers thématiques. Il dispose d’une bibliothèque on-line dans laquelle on peut trouver plus d’un millier de titres sur la microfinance, principalement, et d’autres études complémentaires. Il y a aussi l’Action pour le Développement Alternatif (ADA), au Luxembourg, qu’on peut consulter à l’adresse URL (http:// www.microfinance.lu) qui donne aussi un volume d’information sur la microfinance. Le Groupe Consultatif d’Assistance aux Pauvres (CGAP) dont l’adresse URL ( http://www.cgap.org) est un autre organisme qui fait des études spéciales sur la microfinance et qui dispose d’un volume important de titres sur ce thème. Il y a encore le Microfinance Information Exchange (MIX) qui est un organisme, à but non lucratif, basé aux États-Unis dont la mission est d’aider à la création d’infrastructure de marché en offrant des services de sources de données, des benchmarks, des outils de suivi, de performance et des services Information Exchange (MIX) qui est un organisme, à but non lucratif, basé aux États-Unis dont la mission est d’aider à la création d’infrastructure de marché en offrant des services de sources de données, des benchmarks, des outils de suivi, de performance et des services d’informations spécialisées. Le MIX MARKET est la plateforme internet globale qui permet l’échange d’informations entre les différents acteurs de la microfinance (IMF, bailleurs de fonds, investisseurs et prestataires de services). La MIX est accessible à partir de l’adresse URL : http://themix.org. Il y a également le portail de la FONKOZE l’une des institutions qui a remporté le « Kubitschek Prix Juscelino » dans les « Économie et Finance et Social, Culturel et Scientifique » par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) en 2015 , on peut consulter son adresse à partir URL (www.fonkoze.org)… Toutes ces institutions cumulent une somme très importante d’ouvrages, d’études et de documents de toutes natures sur ce sujet. Il y a aussi d’autres institutions dont les liens sont présentés dans la bibliographie à la rubrique web sites.
Comme d’autres sources théoriques, nous avons utilisé des œuvres d’auteurs, des mémoires d’étudiants, des articles de journaux disponibles dans différentes bibliothèques de la place ainsi que des revus économiques.
Pour la partie empirique, elle comprendra un travail de terrain qui aura pour mission, via des entretiens, de collecter des informations sur un échantillon aléatoire de petits marchands bénéficiaires du microcrédit dans la commune de Ganthier qui exercent leurs petites activités économiques dans le secteurs commerce, production et services, ce qui nous a permis d’étudier et valider nos hypothèses, et présentera les résultats de notre enquête menée sur l’institution et dans la commune de Ganthier.
PERIODE DE L’ETUDE
Notre étude s’étend sur six périodes soit 2010 à 2016. Les quatre (4) dernières années (2013-2016) sont consacrées à l’analyse de la situation de l’évolution du portefeuille de crédit de la Branche FONKOZE de Ganthier. Et sur l’ensemble de la période 2010-2016 nous consacrons notre enquête sur les anciens et nouveaux clients selon l’échantillon choisi afin de déterminer l’impact du crédit dans leur condition de vie ainsi que la favorisation du secteur informel dans la commune Ganthier post séisme.
LIMITE DU TRAVAIL
Dans ce travail nous nous sommes limités à faire une étude sur le crédit de la FONKOZE pendant la période 2010-2016 et son impact sur le secteur informel dans la commune de Ganthier pouvant aider la zone à se développer après le tremblement de terre. Nous n’avons pas tenu compte des autres institutions de microcrédit, et on a du mal à trouver des informations sur l’évolution du portefeuille de l’institution dans la période 2010-2012.
Nous avons choisis quatre-vingt-quinze (95) petits marchands bénéficiaires des 5 sections communales, nous servons d’échantillon pour nos entretiens, là encore on pouvait augmenter la taille, mais compte tenu les sections et sous-communales qui ne sont pas accessibles nous avons fait le choix de manière aléatoire et reflètent en qualité la majorité des clients les plus anciens, nous jugeons acceptable cet échantillon.
Ainsi, cette étude doit être toujours circonscrite dans l’espace de temps sur lequel elle est réalisée. Elle doit être toujours analysée à l’intérieur de cet espace-temps car tout débordement temporel risque de conduire à des jugements erronés à l’égard du travail.
Déjà le thème est aussi large le débat sur les impacts et rôle de la microfinance dans les pays moins avancés par le biais de l’économie informelle est un débat actuel, nous ne pouvons pas cerner tous les paradigmes qui sont peut-être en train d’être mis sur pieds, car on ne peut pas tout dire surtout, le secteur de la microfinance qui est de nos jours un vaste champ d’étude dans le monde.
Tout compte fait, avant d’entrer d’emblée dans le sujet nous présentons dans la chapitre 1 une étude en partie de la zone de l’étude et après on rentrer dans le vif du sujet vers une meilleure compréhension théoriques et conceptuel de la micro finance et le secteur informel.

SECTION 1: ÉTUDE DE LA COMMUNE DE GANTHIER
1- Zone de l’Étude
L`étude a été réalisée à la commune de Ganthier, du département de l’ouest dont le chef lieu est Port-au-Prince de l’arrondissement de Croix des Bouquets.
1.1- Situation Géographique
La commune de Ganthier est borné au Nord par Thomazeau, au Sud et à l’Ouest par la Croix-des-Bouquets et à l’Est par la République Dominicaine. Son point culminant est de 142 mètres d’altitude et ses coordonnées géographiques sont 18032′ Nord 7004′ Ouest.
1.2- Historicité de Ganthier
Ganthier est le nom d’un grand éleveur, agriculteur et propriétaire terrien. Il était le plus grand notable de la zone et le plus connu de tous. Selon toute vraisemblance « Ganthier » était un mulâtre-quarteron. Avant l’endroit s’appelait « Hatte-Ganthier », une Hatte est un endroit où l’on élève des animaux, puis « Ka-Ganthier » ou « Kay-Ganthier » ; maintenant on dit « Ganthier » tout court .
Ganthier fut élevée au rang des communes le 16 août 1912 par un arrêté présidentiel publié dans le Moniteur du 21 septembre 1912, sous le gouvernement du président René Tancrède Auguste. Au moment de son élévation au rang de communes, Ganthier comptait six sections communales et un quartier, Nous citons ; Galette Chambon, Balan, Thoman, Pays-Pourri, Fonds-Verrettes et Mare Roseaux. Fonds Parisien étant le quartier. Puis en 1978, suivant un arrêté présidentiel Ganthier perd sa cinquième section communales Fonds-Verettes qui fut élevée au rang de communes. Et nous pouvons voir maintenant que c’est Fonds Parisien qui est la troisième section communale de Ganthier.
1.3- Présentation Physique de Ganthier
La commune de Ganthier se trouve à environ vingt kilomètres de Port-au-Prince (au Nord-Ouest de Port-au-Prince) et à moins de douze kilomètres de la Croix-des-Bouquets. Selon l’Institut Haïtien de Statistique et d’Informations (IHSI), la superficie est de 496.11km2 soit 1.78% du territoire national pour une population estimée à 62,534 Habitants en 2015 ce qui donne une densité de 126 hab. /km2. Avant le séisme la population était de 56,869 habitants en 2009 .Toujours selon IHSI, en 2012 cette population était de 56,676 toujours la même densité, mais on constate en 2015 il y a une augmentation de 12 habitants/km2 par rapport à la densité de 2009.
Tableau No. 1 : Population totale par sexe et populations de 18 ans et plus estimés en 2015, dans la commune de Ganthier.
Unité Géographique Milieu Deux Sexes Masculin Féminin 18 ans et plus
Commune de Ganthier 62 534 31 413 31 121 33 259
Ville de Ganthier Urbain 12777 6728 5949 6007
Quartier de Fonds Parisien Urbain 21419 11183 10236 10461
Sections Rurales Rural 28438 13502 14936 16791
Section Communale 62534 31413 31121 33259
1er Sec. Galette Chambon Rural 6382 2985 3387 3847
2e Sec, Balan Rural 6215 2954 3261 3640
3e Sec. Fond Parisien Urbain, Quartier 21419 11183 10236 10461
3e Sec. Fond Parisien Rural 6788 3263 3525 3893
4e Sec. Mare Roseaux Urbain 12677 6728 5949 7007
4e Sec. Mare Roseaux Rural 4592 2196 2396 2682
5e Sec. Pays Pourri Rural 4461 2104 2357 2629
Source: Direction des statistiques démographiques et sociales (DSDS), Mars 2015
1.4- Économie de la Commune
Dans la commune de Ganthier les activités économiques les plus usitées sont presque toutes dans le commerce informel, l’agriculture, le transport en commun. L’informel dans le commerce est l’une des activités les plus importantes de la commune. Sa proximité avec la frontière Dominicaine favorise les échanges commerciaux. Il n’existe pas de grands établissements commerciaux. Les commerçants font leurs achats à la frontière (généralement des produits alimentaires et cosmétiques). La vente se fait en gros et en détail.
Il n’existe pas beaucoup de commerce formel dans la commune. Les principales cultures sont le maïs (Zeamays), le haricot (Phaseolus vulgaris), le bananier (Musa sp) .
1.5- Patrimoine de Ganthier
Selon les données fournies par la Mairie de Ganthier, il existe peu de sites pouvant être classés comme patrimoine dans la commune. La Mairie a identifié cinq (5) sites, à date (2017).
Trois des sites identifiés sont situés en milieu rural et éloignés par rapport au Centre de santé (à environ 2 kms). Ce sont :
La source Zabette (au morne calvaire qui est un patrimoine naturel et religieux) ;
Le parc naturel (patrimoine naturel) ;
Le marché mirak (patrimoine social) ;
Deux sont localisés dans le périmètre immédiat du site :
La maison Martial Célestin (patrimoine historique) ;
La chapelle calvaire (au morne calvaire qui est un patrimoine religieux).

SECTION II- CADRES CONCEPTUEL ET REVUE DE LITTERATURE
1.2.1- CADRE CONCEPTUEL
Nous allons faire une présentation générale des différentes notions relatives au sujet d’analyse de l’impact des Institutions de Microfinance sur l’évolution des petits marchands en Haïti précisément dans la commune de Ganthier.
1.2.1.1- Définition des Concepts
1- Institution de Microfinance (IMF)
On entend par institution de microfinance toute institution financière qui s’adonne principalement à l’activité du micro financement, de la micro-assurance, de l’aide aux transferts des migrants comme les coopératives, les mutuelles, les organismes de prêts des ONG.
Le dictionnaire des sciences économique défini les institutions financières des entreprises qui produisent et vendent des services financiers : banques, établissement de crédit non bancaire, entreprise d’investissement, entreprises d’assurances.
2- Microfinance
Le concept de Microfinance est un thème à la mode dans la littérature de la finance, et il est aujourd’hui placé au cœur des politiques de développement dans les pays en développement et les organisations internationales. Il y a un luxe de définitions de ce concept. Mais, tous les acteurs dans ce domaine s’entendent sur l’idée que les services de la microfinance visent principalement les exclus de la société. Selon l’Organisation des Nations Unies, la microfinance est la prestation de divers services financiers à des populations pauvres et à faibles revenus.
Un ensemble de produits financiers aux personnes exclues du système financier classique ou formel. Ils concernent en général les habitants pauvres des pays en développements. De façon plus générale, la microfinance réfère à une vision du monde où « le maximum de foyers pauvres ou assimilés peuvent avoir un accès permanent à une gamme de services financiers de grande qualité et adaptés à leurs besoins, incluant non seulement le crédit mais l’épargne, l’assurance, l’alphabétisation, la santé et les transferts de fonds ».
La littérature économique abonde de définitions de microfinance, mais la définition la plus admise de nos jours, est celle qui tient compte du rôle de la microfinance, et la définie donc comme : un outil de lutte contre la pauvreté et un facteur de création d’emploi. On la désigne des fois sous le vocable de « finance de proximité », parce qu’elle s’inscrit dans une logique d’adaptation des produits et services aux besoins des plus pauvres.
3- Microcrédit
Les services de microfinance fournissent un ensemble de produits financiers aux personnes exclues du système financier classique ou formel faute de remplir les conditions exigées par ces institutions bancaires (documents d’identifications, garanties, dépôt minimum etc.). (CGAP, 2008) . Ils concernent en général les habitants pauvres des pays en développement. Il désigne l’attribution des prêts de faible montant à des artisans, producteurs ou entrepreneurs qui ne peuvent pas accéder au prêt bancaire. Il s’adresse donc à une catégorie d’individus ou d’entreprises à revenu plus faible. Il se développe surtout dans les pays du Sud où il permet de concrétiser des microprojets et ainsi permettre l’essor d’une activité économique et la création de la richesse. Opcit, p.12.
4- Crédit
Acte de confiance comportant l’échange de deux prestations dissociées dans le temps; biens ou moyens de paiement contre promesse ou perspective de paiement ou de remboursement. Pour engager leurs entreprises, financer leurs investissements ou leurs consommations, développer leurs échanges, les agents économiques disposent rarement en fonds propres tous les capitaux ou tous les moyens de paiement nécessaires, et au moment voulu . Le crédit est le principal moyen d’ajuster ses moyens avec ses besoins, ses anticipations ou ses décisions, Il constitue un moyen pour subvenir à une fin et de permettre aux gens d’allouer autant de ressources pour avancer leur projet d’investissement.
Le crédit est en effet l’échange dans le temps, d’un bien sous condition d’une contrepartie future. Il implique donc une confiance fondamentale dans la réalisation de cette contrepartie ou dans les règles du jeu qui la garantissent. D’où son nom, provenant directement du latin credere (croire, se fier à).
Le crédit c’est donc, le mécanisme par lequel un débiteur obtient un bien ou de la monnaie d’un créancier en échange de la promesse d’un paiement différé de la contrepartie, majoré d’un intérêt. Après la définition on devrait présenter les différents types de crédit de la FONKOZE tels que : le crédit solidaire, le crédit individuel, le petits crédit et les crédits développements d’entreprise, mais nous les présentons d’une manière plus clair dans le chapitre 4 dans la section de présentation de l’institution FONKOZE.
5- Finance
Secteur d’activité dans lequel évolue des entreprises, des organisations, des investisseurs et leurs différentes façons d’obtenir des ressources monétaires afin de les faire fructifier. Le monde de la finance se constitue d’entités qui disposent de capitaux et de divers biens. On y compte les maisons d’assurances, les institutions financières, les bourses, les budgets publics ainsi que le domaine de l’immobilier.
6- Analyse financière
C’est une technique de gestion qui a pour objectif de donner une vision synthétique de la situation de solvabilité d’une entreprise, d’en caractériser la rentabilité et les perspectives afin de faciliter l’investissement (analyse boursière …), ou l’octroi de crédit…
On peut aussi la définir comme étant une étude ayant pour objectif, d’une part, de formuler un diagnostic sur la capacité présente ou futur d’une entreprise, de rentabilité des capitaux qui lui sont nécessaires ; d’autre part, de mettre en évidence les emplois financiers et les ressources que l’entreprise peut se procurer soit par elle-même soit par l’extérieur.
D’après Armand DAYAN : L’analyse financière est un ensemble de concepts, méthodes et outils qui permettent de traiter des informations internes et externes, en vue de formuler des recommandations pertinentes concernant la situation d’un agent économique spécifique, le niveau et la qualité de ses performances, ainsi que le degré de risque dans un environnement fortement concurrentiel .
D’après Michel REFAIT, c’est « l’ensemble de travaux qui permettent d’étudier la situation d’une entreprise, d’interpréter ses résultats et d’y prendre des décisions qui impliquent des flux monétaires » .
Pour Elie COHEN, c’est « l’ensemble des concepts, des méthodes et des instruments qui permettent de formuler une appréciation relative à la situation financière d’une entreprise, aux risques qui l’affectent, au niveau et à la qualité de ses performance » .
7- Institution financière
En économie, une institution financière est une institution publique ou privée, qui assure une mission économique ou financière et qui fournit des services financiers à ses clients. Les institutions financières privées (appelées établissements financiers) sont en général tributaires d’une règlementation financière édictée par les autorités financières.
Parmi les institutions financières on retrouve des banques, des agences, des organismes, assurant une mission économique autant dans le secteur public que dans le secteur privé. La Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International, la Banque européenne d’investissements, la Caisse de dépôts, l’Agence Française de Développement sont toutes des institutions financières reconnues.
8- Impacts

Procédure qui vise à prévoir les effets d’une chose sur une autre et qui est obligatoire dans certains cas. On peut le définir également comme conséquence, influence ou le choc subit par une autre chose après une modification ou un changement.
9- Coopératives
Une association autonome de personnes volontairement réunies pour satisfaire leurs aspirations et besoins économiques, sociaux et culturels communs au moyen d’une entreprise dont la propriété est collective et où le pouvoir est exercé démocratiquement. De nos jours il existe différente forme de coopératives, il n’est pas une forme homogène, mais un principe revêtant plusieurs formes qui se distinguent par leur statut juridique ou la nature de leurs sociétaires (Consommateurs, producteurs, clients, salarié…) Il existe plus de 5,400,000 coopératives dans le monde selon le rapport du CSC, 2000 .
10- Tontines
Le dictionnaire Larousse donne quatre définitions de la tontine dont nous retenons la troisième, selon laquelle, dans certaines communautés notamment en Afrique et en Asie, la tontine est une coutume qui consiste à verser régulièrement une somme d’argent à un fonds que chaque donateur peut utiliser à tour de rôle. Cette définition est proche de celle donnée par le petit Robert selon laquelle, en Afrique, la tontine est une « Association de personnes versant régulièrement de l’argent à une caisse commune dont le montant est remis à tour de rôle à chaque membre ».
Mais dans le secteur informel Haïtien ont utilisent les termes ; Sòl, Sabotay, Ponya qui définisse leur lien de solidarité pour faire évoluer leur activités économiques.
11- Évolution
Selon Larousse une évolution c’est l’ensemble de ces modifications, stade atteint dans ce processus, considérés comme un progrès en d’autre terme un niveau de développement. Le terme évolution désigne tout type d’un ensemble de modifications graduelles et accumulées au fil du temps, affectant un objet, un être vivant, une population, un système. Dans le cas de notre étude nous ne retenons que le concept évolution comme tout changement lié a un système économique et social dans une population donnée.
12- Marchand(e)s
Personne dont la profession est d’acheter (Plus rarement de fabriquer) et de revendre une ou plusieurs sortes de produits en tirant un bénéfice. C’est quelqu’un qui vend un certain type de marchandises, de produits et ne s’intéresse qu’au profit qu’elle peut tirer du monnayage de choses ou de personnes.
1.2.1.2- Rappel Historique de la Microfinance
Le microcrédit a été inventé par un professionnel d’économie du Bengladesh Mohamed Yunus, ce qui lui a valu le prix Nobel en 2006. Il fonda en 1977 le Grameen Bank afin de généraliser son expérience de microcrédit du Bengladesh, surtout avec son travail suivant le thème « Social Business » qui explique qu’avec le crédit tout projet d’entreprise peut naitre. Depuis, le microcrédit a connu un grand développement dans le monde, principalement, les pays du sud mais aussi dans le pays du Nord, en France y compris. Il existe aujourd’hui plusieurs milliers de banques qui font du microcrédit au bénéfice de plus de 50 millions de personnes dans le monde.

1.2.1.3- Rôle de la Microfinance dans le Développement
La stratégie de lutte contre la pauvreté dans les pays sous développé fonde un grand espoir sur le secteur de la microfinance car elle permet de développer de très petites activités. Il s’agit par la promotion de ce secteur, de donner aux pauvres, un plus grand accès aux ressources financière afin de leur permettre de réaliser des activités génératrices des revenus et ou d’améliorer leur accès aux services sociaux de base. Elle favorise des projets de développement, qui bénéficient rarement aux démunis. De plus, la microfinance constitue le levier pour valoriser le statut des femmes dans les Pays envoie de développement (PVD). Enfin il contribue à retisser les liens sociaux après les conflits, comme c’était le cas au Rwanda, en Cambodge, en Bosnie etc.
Par contre, il y a beaucoup des revus qui montrent que le crédit n’est pas en mesure d’éradiquer la pauvreté totale. Il s’adresse d’abord aux couches défavorisées qui sont exclues du système bancaire et non aux plus pauvres, ceux qui nous permet de bien avancer avec notre première hypothèse dans le cas de notre étude afin de savoir comment la FONKOZE aide à avancer la commune de Ganthier via les prêts octroyés aux particuliers dans le secteur informel qui n’ont même pas de quoi se payer un plat chaud, or selon cette hypothèse le crédit à un impact positif sur le secteur informel des petits marchands. Déjà, même dans les pays où la population est concernée par le microcrédit la situation reste précaire le cas de Bengladesh par exemple majorité de la population n’ont pas accès a l’eau potable de l’éducation et de la santé.
Certains économistes parlent de préférence de microfinance qui renferment non seulement le crédit mais de l’aide à la petite épargne, de la micro-assurance, de l’aide aux transferts des migrants et aussi un accompagnement soutenue en cas de perte et de catastrophe naturel. C’est pourquoi que nous retenons l’institution de la FONKOZE dans le cadre de ce travail pare ce qu’elle s’intéresse aussi dans le social business et elle a même des services qui sont lié directement dans le domaine de la santé de l’alphabétisation, qui est un vecteur de développement surtout dans les zones les plus reculés dans les milieux ruraux. La FONKOZE offre un service financier pour donner aux plus exclus une opportunité d’avoir une place dans le monde de la finance participative et de proximité.

1.2.1.4- Origine du Secteur Informel
Le concept de secteur informel est apparu au début des années 1970, dans des documents de l’OIT sur les pays africains (OIT, 1972). Il a ensuite été développé en Amérique latine grâce au programme régional pour l’emploi en Amérique latine et aux Caraïbes (PREALC), avec pour objectif d’encourager le développement de larges pans de la population incapables de participer au processus de modernisation de la production via le marché du travail formel. Selon cette « approche productive », l’informalité reflète l’incapacité de ces économies à générer suffisamment d’emplois formel au regard de la croissance de la main-d’œuvre.
Le secteur informel est généralement associé à de petites unités de production avec de faibles niveaux de productivité dont le but est plus la survie que l’accumulation. Les emplois générés par ce secteur constituent l’emploi dans le secteur informel (ESI). Donc ce sont des petites activités économiques qui échappent le plus souvent au contrôle fiscal en vigueur dans le pays.
1.2.1.5- Définition du Secteur Informel
Il existe plusieurs définitions du concept de secteur informel. Deux nous paraissent pertinentes dans le cadre de notre étude
• Première définition : le secteur informel est l’ensemble des activités économiques qui se réalisent en marge de législation pénale, sociale et fiscale ou qui échappent a la Comptabilité Nationale.
• Seconde définition : c’est l’ensemble des activités qui échappent a la politique économique et sociale, et donc a toute régulation de l’État.
Dans tous les cas, les deux définitions se regroupent puisqu’elles soulignent l’idée de fraude. Paradoxalement, ce secteur censé se soustraire au contrôle de l’État fonctionne allègrement au vu et au su de tous. Complaisance ? Ambiguïté de l’État ? Des trois secteurs connus (primaire, secondaire, tertiaire), dans quelle catégorie classer l’informel dans la mesure où toutes les activités des trois secteurs y sont représentées ?
L’économie informelle est caractérisée donc par :
L’illégalité des activités ;
L’absence de livre comptable ;
L’absence d’une licence de fonctionnement (Patente) ;
La précarité des activités ;
Le faible montant disponible pour mener les activités.
1.2.2- REVUE DE LITTERATURE
L’objectif de développement de la microfinance est de favoriser l’accès aux services financiers viables et durables à une majorité des ménages pauvres ou à faibles revenus et aux micro-entrepreneurs en Haïti, grâce aux Institutions de Microfinance (IMF) pérennes et pleinement intégrées au secteur financier. L’accès accru aux services financiers contribuera à la réduction de la pauvreté et à la promotion de l’emploi. Il devra permettre aux ménages et aux entrepreneurs d’améliorer leurs revenus et leurs conditions d’existence.
Les événements tragiques du 12 Janvier 2010, l’apparition du choléra le 19 Octobre de cette même année semblent ouvrir un cadre favorable à une plus grande émergence de nouvelles initiatives économiques pour combler le vide que laissent ces deux catastrophes. Et l’allure ascendante des IMF victimes par le tremblement de terre nous amène à nous interroger sur l’impact réel de ses institutions dans l’amélioration des conditions de vie dans le pays. Vu cette constat avant de choisir une théorie lié à notre cas d’étude nous tirons notre théorie du travail en soutenant les différents auteurs permettant d’enrichir nos réflexions sur les pratiques des microcrédits en différents Pays du monde a travers des ouvrages consultés. Compte tenu, il n’y a pas beaucoup d’ouvrage qui traite ce sujet et déjà ils ont liés au crédit bancaire. De ce fait, nous subdivisons notre recherche en deux revues littéraires, un revu théorique et l’autre empirique, dans le but de bien cerner la recherche sur l’impact de la microfinance sur le secteur informel.
1.2.2.1- REVUE DE LITTERATURE THEORIQUE
Théorie de crédit solidaire de MUHAMMAD YUNUS
L’expérience du professeur MUHAMMAD YUNUS a particulièrement attiré notre attention par la banque de Bangladesh.
La conception du Microcrédit fut redécouverte avec la création de la Grameen-Bank, une banque rurale bénéficiant d’un statut spécial, au Bangladesh 1976. Après une terrible famine, un professeur d’économie à Chittagong au Bangladesh, sa ville d’origine; lors d’une séance de travaux pratiques d’un cours d’investissement, il a proposé à ses étudiants d’interroger les fabricants de tabourets en bambou des plus proches villages. Un échantillon de 42 femmes parmi les plus pauvres ont besoin de 27 Dollars au total pour développer leur activité de l’artisanat or toutes les banques refusent de financer ce faible montant à des clients a priori insolvables.
Yunus a déclaré avoir honte à cette situation et prête la somme de sa poche. En permettant aux producteurs d’acheter d’avance le bambou sans subir les variations importantes de prix, elles réussissent à créer des emplois et à rembourser intégralement Yunus. Cette visite sur le terrain lui suggère de mettre au point un système de crédit non usurier pour sortir ses compatriotes de la misère. Malgré ses réussites, il ne parvient pas à convaincre des banques traditionnelles de s’y investir. C’est ainsi qu’il lance, lui-même en octobre 1983, la Grameen-bank (Grames signifie rural Bengali) appelée familièrement « banque des pauvres ».
La Théorie de Fields et Eddy LABOSSIERE du Microcrédit et le secteur informel
Selon l’approche intégrée du modèle de Fields, (1975, 1990), il existe un clivage des économies des pays en développement en secteur formel et secteur informel. Le secteur formel est moderne, urbain et couvert tandis que le secteur informel est traditionnel, agricole et non-couvert, mais la migration qui envoie les agents de l’informel en milieu urbain va favoriser le développement de l’informel urbain qui lui-même est un informel à deux vitesses c’est-à-dire hétérogène, dans la mesure où il reçoit les migrants sans expérience et sans qualification spécifique et les anciens employés du formel munis d’expérience, de capitaux et d’habiletés. Les premiers créent un pôle de l’emploi informel où l’entré est gratuite, les revenus sont faibles et le travail formel est un rêve tant il est souhaité et désiré et les seconds créent un pan où l’entrée est limitée, les revenus sont élevés et elle est préférée à l’emploi formel.
Dans un texte publié sur le Microcrédit : Forces et limites d’un secteur en plein essor en Haïti, l’économiste Eddy LABOSSIERE a signalé que, « le microcrédit est une arme à double tranchant. Il permet aux membres du secteur informel, qui ne disposent pas d’assez de garanties, d’obtenir du crédit, les taux d’intérêt en cours sont trop élevés. Ceci empêche une réelle accumulation de capital susceptible de permettre à l’emprunteur de sortir de la misère ». Déplus l’économiste LABOSSIERE est aussi conscient des contraintes auxquelles le système de crédit fait face en Haïti. Pour lui, « octroyer des crédits est un exercice extrêmement difficile. Par exemple, la plupart des gens en Haïti ne peuvent pas être identifiés. Ils ne disposent pas de documents légaux et les adresses résidentielles sont difficiles à fournir».

3- La Théorie lié au Crédit

Pour Chainneau, il distingue sur le plan juridique le crédit personnel (qui est lié à la qualité de la personne qui s’engage à prêter) du « crédit institutionnel » qui est accordé à une personne morale. Ce crédit est plus apte à générer des effets multiplicateurs. Mais, l’auteur ne tient pas compte ici des éventuelles retombées du crédit individuel qui est généralement destiné à la consommation.
DUMAS Benjamin quant à lui explique le mécanisme par lequel une économie passe d’une économie monétaire a une économie de crédit, c’est-à- dire a une économie d’endettement. « L’économie monétaire devait conduire à l’économie de crédit où un délai séparant la livraison de la marchandise, où aussi la monnaie est l’intermédiaire de son paiement et de son remboursement », écrit-il. L’analyse de DUMAS est peu différente de celle de L. MARCHAL, qui est l’un des rares auteurs qui fait une analyse des composantes du crédit distingue sur le plan économique, dans son ouvrage Monnaie et Crédit; le crédit à la production et le crédit à la consommation. Le crédit à la production est selon l’auteur lié à la croissance et au démarrage d’une économie. Alors que le crédit à la consommation sert à assurer la subsistance d’un individu ou d’un groupe, sans avoir un impact direct sur la croissance économique. Il écrit « le crédit à la consommation a pour but de faciliter la vente à des particuliers de biens de consommation en n’exigeant de ce particulier un règlement immédiat ». Ces crédits peuvent- être accordés soit par des banques, soit par des institutions revêtant la forme d’établissement, financier poursuit l’auteur. Toutefois, elle est moins englobant par rapport à la première, car son point de vue sur le crédit, n’inclut que le crédit bancaire.
Dans cette littérature multiple sont inscrits des points de vue théoriques qu’il convient dans un souci de clarté de citer spécifiquement, ils constitueront les bases théoriques de la micro finance dans ce travail. Maintenant voyons voir la revue littéraire empirique du travail.
1.2.2.2- REVUE DE LITTERATURE EMPIRIQUE
LOMAMI SHOMBA (2002-2003) a réalisé son mémoire, à l’université KINSHASA au Congo, sur la promotion de l’économie informelle en Droit Congolais, dans l’objectif de se prononcer, après examen minutieux, sur le choix à opérer entre la réforme et la formalisation du petit commerce en droit congolais dans l’optique de l’essor de l’économie informelle. Il a recouru aux techniques documentaires et l’interview. Les méthodes dialectique et exégétique ont été exploitées à cet effet. Il a trouvé deux (2) résultats. Le premier découle du fait que l’économie informelle bien qu’exercée en marge de l’arsenal législatif et réglementaire constitue une mesure de sûreté par la création d’emplois qu’elle favorise. Mais malheureusement, ces emplois sont précaires, ils ne contribuent qu’à pérenniser la misère qui hante déjà les populations. Le deuxième résulte du fait que pour sa part, bien que reconnaissant certains mérites de cette thèse, il a opté pour la formalisation de l’économie informelle qui lui a paru être la démarche la plus indiquée pour promouvoir les Petites et Moyennes Entreprises.
Ismaël MAHAMOUD HOUSSEIN (Jan 2011) Pour sa part, réalise sa thèse à l’université Paris Est sur « Contraintes institutionnelles et réglementaires et le secteur informel à DJIBOUTI » dans l’objectif d’identifier les contraintes institutionnelles et réglementaires qui limitent le développement des unités informelles à Djibouti en faisant à la fois une analyse microéconomique et macroéconomique. Il réalisé une enquête en favorisant la méthode de l’échantillonnage. Il a trouvé que le secteur informel pose un nombre important de problèmes pour les pouvoirs publics Djiboutiens : il contribue peu au budget de l’État car il échappe aux impôts, aux taxes et aux 215 cotisations sociales ; il est mal perçu par les organisations d’employeurs en raison de la compétition déloyale qu’il engendre. Par ailleurs, il constitue un facteur politiquement et socialement stabilisateur dans ce contexte de crise économique tant par le nombre des actifs occupés (42%) que par la distribution de revenu qu’il opère ; ainsi le secteur informel constitue pour le gouvernement un dilemme : c’est à la fois une solution (au chômage) et un problème (fiscal).
(MOUSTAPHA, 2003) a réalisé une étude au Bénin dans l’objectif d’établir une corrélation entre les différentes sources de financement et les résultats économiques de l’activité informelle et d’évaluer l’Indice de la pauvreté au sein des acteurs du secteur informel urbain au Bénin. Son approche méthodologique consistait à l’analyse comparative des sources de financement. Selon lui, 5,9% parmi les micro-entreprises ont eu recours aux tontines uniquement pour financer les activités productives alors que 1,43% d’entre elles ont été financées grâce aux crédits bancaires. Son analyse des indicateurs de gestion l’a permis de voir qu’il existe une corrélation entre les sources de financement et les résultats économiques de l’entreprise informelle. L’auteur a pu voir que les meilleurs résultats sont observés avec les tontines prises isolement tandis qu’en combinaison ce sont les microfinances qui jouent le même rôle.
Dans le cadre de notre travail, nous avons utilisé la première théorie qui est celle de Muhamad Yunus. Selon cette théorie on fait la microfinance sur une base de solidarité. Qui en est aussi la philosophie du crédit de la FONKOZE S.A.

SECTION I. GENERALITE DE L’HISTOIRE DE LA MICROFINANCE DANS L’ÉCONOMIE MONDIALE
On a l’impression que tout a commencé en Février 1997 quand s’est tenu à Washington le premier sommet mondial du Microcrédit, sous le patronage de l’ex-président Bill Clinton. En réalité, même si on ne parle du Microcrédit que depuis ces vingt dernières années, il s’inscrit, en revanche, dans une histoire plus ancienne.
L’histoire de Microcrédit remonte aux années 1840. Mais il fut redécouvert dans les années 1970, cent ans après la naissance de la première coopérative d’épargne-crédit initiée par Raiffeisen. Il est donc difficile d’en accorder la paternité au professeur Yunus.
F.W. Raiffeisen lança en 1848, Rhénanie, la première coopérative de crédit pour lutter contre l’usure qui surchargeait les paysans. Contrairement aux Monts-de-Piété remontant au Moyen-âge en 1462, les coopératives d’épargne et de crédit ne sont pas des entreprises de prêt sur gage mais de véritables intermédiaires financiers. La première raison de cette coopérative était la prise en compte des pratiques usuraires.
2.1. LA MICROFINANCE DANS LES PAYS DU NORD
Amérique du Nord et Europe de l’Ouest
Ces zones géographiques logent les pays les plus riches du monde. La microfinance y est très développée, notamment aux États-Unis, en France et au Québec. La microfinance est, dans cette région, un moyen de résorber le chômage. Aux États-Unis, le secteur a connu sa croissance dans les années 80 grâce aux congrégations religieuses et aux autorités publiques. Il est maintenant en stagnation à cause du retrait des organisations qui le soutenaient et de la baisse du chômage. Au Québec, ville réputée mondialement pour le mouvement coopératif, la microfinance est considérée comme un instrument de développement et s’inscrit dans ce que les québécois appellent la nouvelle économie sociale. La France est l’un des pays où l’offre de microfinance est la plus riche, à la fois, en termes de diversité et de quantité. L’association pour le droit à l’initiative économique (ADIE) en France, avec plus de 3000 prêts par an, est, à l’heure actuelle, l’un des opérateurs les plus ciblés pour les pauvres. Le Mexique a connu un événement historique avec l’introduction en bourse de Compartamos, une des IMF les plus importantes de ce pays.
2.1.2- Europe de l’Est et Asie Centrale
La région de l’Europe de l’Est et l’Asie centrale vient de découvrir la microfinance. On y constate une domination des ONG et d’autres institutions qui privilégient l’offre de crédit. La microfinance se développe de façon différente des autres régions du monde. Un niveau plus élevé d’instruction et de revenu explique en partie la taille la plus importante des prêts. Les institutions sont indépendantes des bailleurs de fonds. Le défi des IMF est la diminution des coûts opérationnels pour atteindre la viabilité financière.
2.1.3- Microfinance dans les pays asiatique et pacifique
Dans la région Asie et pacifique, la microfinance a une orientation sociale. Ce continent a vu le succès phénoménal de la microfinance au Bengladesh précisément. C’est l’endroit où l’offre de la microfinance est plus élevée au monde, soit 84% des comptes. La chine, l’Inde et l’Indonésie sont les pays où l’offre est majoritairement concentrée. La plus grande institution de microfinance du monde est la Banque Rakiat Indonesia (BRI), une société affiliée à une banque publique restructurée fonctionnant sur une base commerciale.
2.1.4- Microfinance en Afrique Sub-saharienne
La microfinance, en Afrique Sub-saharienne, est en pleine expansion comme pour d’autres régions du monde. Les IMF offrent des produits qui semblent répondre aux besoins financiers des clients. Plus de 70% d’entre-elles offrent l’épargne, comme produit complémentaire, et qui constitue pour elles une source importante de fonds pour les prêts. Le niveau de rentabilité est, par contre, très bas en raison du niveau élevé des coûts opérationnels. Les prestataires sont des coopératives, des institutions non-bancaires, des banques rurales, des caisses d’épargne postale et des banques commerciales qui font de plus en plus leur entrée dans le secteur. On commence à intégrer la technologie pour moderniser les services et toucher plus de gens possibles. Selon un journal africain « allafrica » titré la microfinance impose ses marques publié sur le web le 13 septembre 2007, « la microfinance devient les plus fortes et entre, de plein pieds, dans le monde de la finance ». Cet article relate des progrès significatifs de la microfinance en termes de produits financiers et de technologie.
L’equity Bank au Kenya a ouvert plus de 200 000 comptes d’épargne en un an, l’utilisation de la carte de paiement au Sénégal et en Tanzanie, la dissémination des terminaux points de vente transformant les caisses enregistreuses des boutiques en agences bancaires virtuelles. Selon l’article au Kenya et au Zambie, on exploite le téléphone portable pour faire des transactions comme retrait et dépôt ou transfert via un système de messagerie courte. D’autres institutions de microfinance africaines commencent à constituer des réseaux de guichets automatiques ou installent des systèmes à pile de faible fonctionnalité pour atteindre les plus pauvres et permettre l’évolution des petits marchands dans l’économie informelle .
2.1.5- Moyen-Orient et Afrique du Nord
Dans cette partie du monde les activités de microfinance fonctionne sur une base caritative. La quasi-totalité des IMF sont des ONG qui sont dépendantes du financement des bailleurs. Le secteur connaît un fort taux de croissance annuel et les banque commerciales commencent à investir dans le secteur en adaptant leurs produits aux besoins de la clientèle pauvre.
2.1.6- Amérique latine et les Caraïbes
En Amérique latine et les Caraïbes, la microfinance est dominée par l’approche commerciale et, dans de nombreux pays, il se développe un véritable marché de la microfinance. Les institutions dans la région sont les plus rentables au monde. Certaines accusent des taux de rentabilité même supérieurs aux banques traditionnelles. Comparées à la rentabilité des autres IMF dans le monde, celles de l’Amérique Latine sont plus compétitives. La typologie des IMF se présente en deux grandes catégories : les IMF réglementées qui se subdivisent en ONG de microcrédit transformées, institutions de microfinance dotées d’un agrément spécial, les banques traditionnelles ; et les IMF non réglementées. Les ONG de microcrédit transformées sont des institutions transformées en IMF agrées et obtenant le même statut juridique que les banques ou sociétés financières traditionnelles. C’est le cas de Prodem transformée en Bancosol en Bolivie ; Finansol devenu Corposol en Colombie, etc. Les IMF sont placées majoritairement dans le milieu rural. Les banques et les sociétés traditionnelles, dominantes dans le système, sont celles qui voient, dans le microcrédit, une source supplémentaire de bénéfices. On désigne, dans la littérature, cette intervention sous le thème de downscaling. C’est le cas de la Sogebank en Haïti qui a créé Sogesol et l’Unibank qui crée la Microcrédit National (MCN).
Il faut préciser qu’en Amérique latine, les pays les plus développés économiquement ne développent pas des activités d’envergure de microfinance sur leur territoire. Ce sont les cas du Brésil et de l’Argentine.
SECTION 2- PRESENTATION DE LA MICROFINANCE EN HAÏTI
2.2.1- Historicité de la Microfinance en Haïti
De 1937 à 1982 (36 ans), la pratique de la microfinance sur une base institutionnelle ou formelle était une-exclusivité des coopératives d’épargne et de crédit, plus communément appelées « caisses populaires ». Ces dernières, nées neuf (9) ans après la création de la première entreprise de forme coopérative en Haïti (1937), étaient considérées comme le bras financier du grand mouvement coopératif haïtien.
Au début des années 80 s’est amorcée une diversité institutionnelle de la microfinance, avec la création, d’un côté, du Fonds Haïtien d’Aide à la Femme (FHAF-1982) par un groupe de femmes du secteur-bancaire et à la faveur de l’appui technique et financier du Women’s World Banking et de l’Inter-American Foundation (IAF); et de l’autre côté, de la Fondation Haïtienne de Développement (FHD-1982) par un groupe d’hommes d’affaires haïtiens, aidé de l’USAID. Entre-temps, ont vu le jour d’autres-institutions non-coopératives de différents types (associations, fondations, ONG), avec un produit-mix plus large (crédit, assurance, change, transfert).
Dès lors, d’autres organisations internationales (bilatérales et multilatérales) se sont jointes au grand-mouvement et celles déjà existantes ont décidé d’intensifier leurs contributions techniques et financières.
Cependant, les efforts de diversification à tous les niveaux et d’intensification n’avaient pas suffisamment changé la perception de la microfinance comme une activité purement sociale, et une forme de solidarité-locale et internationale. Il a fallu attendre la fin des années 90 pour un changement radical de paradigme dans le domaine de la microfinance en Haïti. Selon le nouveau paradigme, la microfinance est une opportunité commerciale pour les distributeurs de services financiers, notamment de microcrédit. La BIDC , issue de l’acquisition par des investisseurs haïtiens des opérations de la First National Bank of Boston, succursale d’Haïti, a été la première banque à saisir cette opportunité, en mettant sur pied, en 1997, à l’aide d’un prêt de Fonds de Développement Industriel (FDI), un programme de microcrédit en faveur des marchands ambulants de vêtements importés du Panama et des États-Unis.
A la suite de l’acquisition de la BIDC par la Sogebank (elle-même issue de l’acquisition des actifs et du passif de la Banque Royale du Canada en Haïti), une filiale spécialisée en microcrédit (la Sogesol) a été créée par la Direction du nouveau leader des banques haïtiennes. Une autre banque nouvellement créée (la Unibank) avait aussi décidé d’entrer dans le secteur à travers une filiale spécialisée a également créé le Microcrédit National. Quant aux deux (2) autres banques actives actuellement en microfinance (Capital Bank et Banque de l’Union Haïtienne), elles ont opté pour un service spécialisé en microcrédit à l’intérieur de leur Direction de Crédit, comme moyen d’entrer dans le secteur. Les banques d’État comme la Banque Nationale de Crédit (BNC) et la Banque Populaire Haïtienne (BPH) font du microcrédit sur une base ponctuelle et travaillent actuellement à la pérennisation de leurs interventions et aux choix définitifs d’un mode opératoire.
Le cadre légal et réglementaire n’avait pas malheureusement pu suivre le rythme de l’évolution du secteur de la microfinance en termes de taille, de diversité commerciale et institutionnelle et de complexité. Jusqu’en 2002, les caisses populaires étaient seulement contrôlées, en tant qu’entreprises coopératives, par le Conseil National des Coopératives (CNC) et les IMF non bancaires dotées de statut d’ONG, de Fondation et d’Association étaient sous contrôle soit du Ministère de la Planification et de Coopération Externe ou du Ministère des Affaires Sociales et du Travail. Mais ce contrôle se limitait et se limite encore à octroyer des autorisations de fonctionnement ou la reconnaissance légale. En tant qu’institutions financières distribuant du crédit ou collectant des épargnes, les IMF ne faisaient l’objet d’aucune supervision et n’étaient astreintes à aucune règle prudentielle obligatoire.
La faillite, en 2001, des pyramides financières déguisées en coopératives a donc poussé les autorités à accélérer le vote d’une loi sur les coopératives d’épargne et de crédit (la loi de 2002 sur les CEC) et à créer, plus tard, au sein de la BRH, une unité spécialisée de supervision et de régulation de ces CEC.
Ainsi la microfinance n’est plus aujourd’hui considérée comme un ensemble d’opérations en marge du secteur financier formel. Les IMF font partie intégrante du système financier national. Et on retrouve aussi des institutions non-coopératives pratiquant la microfinance. Ce groupe est hétérogène, d’une part, on distingue les circuits financiers informels ou autonomes qui regroupent les systèmes de tontine appelés sabotage (tour quotidien); les prêts personnels à taux nul ou sol (tour hebdomadaire ou mensuel) et les usuriers chez qui on fait le dépôt des objets de valeur en vue de contracter des prêts personnels. Et, d’autre part, quelques institutions qui revêtent diverses formes. Dans cette sous-catégorie, on distingue :
a) des Associations qui sont :
Le Groupe Technologique Intermédiaire d’Haïti (GITH) créé en 1997 ;
L’Association pour la Coopération avec la Micro Entreprise (ACME) créée en 1997 ;
Les Ateliers Pilotes de Technologie Crédit (APTECH);
Le Collectif de Développement (CODE) ;
Le Groupe d’Appui pour l’Intégration de la Femme du Secteur Informel (GRAIFSI), créé en 1992, intègre la microfinance en 1995.
b) des Fondations qui sont :
La Fondation Hattienne de Développement (FHD) qui a démarré ses activités en 1981 avec les fonds de l’USAID ;
La « Fondation Kole Zepòl » FONKOZE, créée par le Père Joseph Philippe en 1994 ;
La Fondation pour l’Assistance Communautaire (FINCA).
c) des Organisations Non-gouvernementales :
Les Fonds Haïtien d’Aide à la Femme (FHAD) créée 1982 ;
L’action Contre la Misère (ACLAM) lancée 1993 ;
Catholic Relief Services (CRS) créée 1997 ;
Service and development Agency Inc (SADA) en 2000 ;
Concern Worldwide Haïti ;
Program Fòmasyon pou Òganizasyon Dyakona ;
World relief/ MED ;
Initiative Développement program St Martin (CID).
d) des Banques qui sont:
La banque de l’Union Haïtienne (BUH) avec le produit « KrediPopilè » (crédit populaire) lancé en 1997 ;
Micro Crédit National (MCN), une filiale du groupe Financier National, créé 1999 avec un fort actionnariat de la Unibank ;
Société Générale de Solidarité S.A (Sogesol), une filiale du groupe Sogebank lancée en 2000 ;
Banque populaire haïtienne (BPH) qui a créé un département de microfinance dans sa structure.
e) des Institutions Religieuses qui sont :
Coordination de l’Église catholique d’Haïti (COD-EMH) créée en 1992 ;
Catholic Relief Service (CRS) de l’église catholique.
Ces institutions, non seulement qu’elles se diffèrent par leur statut mais aussi, par leur structure organisationnelle. De ce point de vue, on répertorié des institutions dans lesquelles la gestion se fait sans participation des bénéficiaires à partir d’une organisation entrepreneuriale, indépendamment du statut légal. C’est le cas d’ACME, FONKOZE et les filiales des banques commerciales. D’autres institutions sont gérées à la base par les bénéficiaires dans des groupes de base autogérés, regroupés en réseaux, gérés ou appuyés par des ONG.
2.2.2- La Microfinance en Haïti après le Séisme
Le secteur de la microfinance en Haïti traverse une période difficile depuis le séisme du 12 janvier 2010. Le manque de ressources financières et la montée en flèche des impayés sont plutôt inquiétants. Les dommages sont considérables. Pour le réseau ANIMH qui regroupe un grand nombre de IMF, on déplore près de 21 décès au niveau des employés, plus de 504 sans-abris, 114 délocalisés, environ 639 employés affectés, soit 34 % du total des 1844 employés. Les estimations des besoins financiers pour venir en aide à ces employés sont estimées à plus de 1,200,000 dollars (USD). Plus de 1.5 Milliards du portefeuille sont dans les zones sinistrées pour un portefeuille de 2,5 Milliards avant le séisme, le taux d’affectation des clients s’élève à 62 %. Le portefeuille à risque est plus de 658 millions de Gourdes, ce qui représente 27 % du total. Toujours selon ANIHM le nombre de succursales dans les zones affectées est égal à 88, soit 54 % des 162 succursales. Le nombre de clients des zones affectées est égal à 69,001, soit 53 %. Et 26,000 des clients sont très affectés. Plus d’un millier de clients sont décédés. Parmi les coopératives, l’impact sur les membres de « Le LEVIER » et de « l’ANACAPH » s’élève à 177 millions du portefeuille affecté sur un portefeuille total de 357 millions. Le taux d’affectation post-séisme est de 49.62 %, mais avant le séisme c’était à 23 %. Autant dire que le taux d’affectation réelle est de 26%. Le besoin total de recapitalisation potentiel, c’est-à-dire pour recapitaliser le secteur, rien qu’en travaillant avec les chiffres de ces deux réseaux, s’élève donc à 555 millions de gourdes dans les Caisses Populaires. Ainsi nous faisons un résumé de la situation catastrophique du portefeuille de crédit des deux secteurs, à savoir les institutions coopératives et les non-coopératives afin de bien comprendre les dégâts du séisme.
Tableau No. 2 : Impact Consolidé du Séisme sur les deux Secteurs
Secteur Non-Coopératif * Coopératif** Total
Portefeuille Total 2,448,749,760 357,687,224 2,806,426,984
Taux du portefeuille à risque
Avant séisme 10.87% 23.67% 12.50%
Après séisme 26.81% 49.62% 29.80%
Portefeuille à risque
Avant séisme 266,208,341 84,664,566 350,873,151
Après séisme 658,889,926 177,500,000 836,389,926
Pertes potentielles dues au séisme
Portefeuille 392,681,341 92,835,434 485,516,775
Infrastructures physiques 39,120,000 31,130,000 70,350,000
Total besoins de recapitalisation potentiels 431,801,341 123,865,434 555,766,775

Source : Ministère de L’économie et des Finances, Actes du Colloque sur la Micro finance du 28 et 29 septembre 2010 • Karibe Convention Center
* Les membres des IMF de l’ANIHM
** Les caisses populaires membres de LEVIER et ANACAPH
Les dégâts directs causés par le séisme sur le secteur sont estimés à plus de 25 millions de dollars. Il faut dire que, jusqu’à Mai 2010, malgré les promesses faites par les organismes internationaux et les autorités gouvernementales, aucun support direct (sous forme de subvention ou de mise en place d’un fonds de garantie) n’est apporté au secteur de la microfinance qui commence à ressentir très sérieusement les méfaits du séisme du 12 janvier 2010. Mais malgré tous, le lendemain du séisme les IMF jouent un rôle très important dans l’acheminent des transferts d’argent internationaux venant de la part des parents ou d’amis de l’étranger. Même si elles n’étaient pas si nombreuses pour offrir ce service. Selon ANIHM ils sont peut-être cinq ou six. Cependant, ces IMF ont été aussi les premières, après le séisme, à fournir ce service aux populations des zones dévastées et des villes de provinces . Elles ont été d’un support considérable dans la livraison (MoneyGram, CAM, Uni transfert, Western Union) de ces transferts d’argent aux gens.
Mais le principal risque le lendemain de la catastrophe réside dans les impayés, pour faire face à cette situation la majorité des IMF particulièrement la FONKOZE, cherche à trouver de nouveaux capitaux pour les aider à se recapitaliser. Plusieurs initiatives ont été prises en ce sens pour leur accorder de nouveaux crédits, mais aussi et surtout restructurer les anciens prêts (rééchelonnement c’est-à-dire, sur une période relativement longue) accordés avant le séisme. Malgré les pertes enregistrées par les IMF, elles jouent un rôle fondamental face aux besoins de financement pour des TPE, PME en termes d’accès aux services financier. Selon notre enquête sur l’institution de la FONKOZE, d’après les informations recueillis auprès des responsables on a pu constater une augmentation de l’encours du portefeuille de crédit durant la période sous-étude (Exemple du tableau 7 pour les deux dernières années fiscales). Selon (HIFIVE, 2015) le portefeuille de crédit du secteur de la microfinance est passé de 6.9 milliards de gourdes en 2011 à plus de 8 milliards de gourdes en 2014, soit une augmentation de plus de 13,75%. Donc, on comprend bien malgré les pertes considérables des IMF, elles continuent à offrir leurs services à la population Haïtienne, et avec cette augmentation de l’encours de crédit enregistrés dans les années suivantes. Cet effet montre, que la population a toujours besoin d’un crédit pour subsister. De ce fait, il nous revient à déterminer les facteurs qui déterminent le microcrédit en Haïti afin d’avancer avec notre recherche de travail.

2.2.3- Quelques Facteurs Déterminants du Microcrédit en Haïti
Dans toute économie, le volume de crédit qui y est octroyé est soumis à un ensemble de contraintes, le microcrédit n’échappe pas à cette règle. Ainsi, cette section aura pour objectifs de présenter quelques-uns de ces déterminants du microcrédit dans le cas d’Haïti. Commençons par l’aspect juridique de la Microcrédit.
2.2.3.1- Facteur juridique du microcrédit
Les institutions de microfinance ne faisant que de crédit, qui pourraient adopter n’importe qu’elle forme légale, ne doivent pas se faire enregistrer en tant qu’instituions de microfinance. Aucune loi ne régit les activités de crédit de ces institutions et aucun organisme ne les supervise. Bien qu’elles ne soient pas obligées d’être enregistrées en tant que fournisseurs de microcrédit, elles sont enregistrées auprès de l’organisme gouvernemental ayant l’autorité de reconnaître leur statut légal particulier et sont soumises à toutes les règles et réglementations régissant ce type d’institution. Par exemple, une organisation à but non-lucratif qui offre du microcrédit est enregistrée comme organisation à but non-lucratif et est soumise aux réglementations régissant toutes les organisations à but non-lucratif. Pourtant, les autres IMF qui ne font que du crédit les plus fréquents sont les sociétés privées de responsabilités limitées et les fondations. Parfois aussi, les IMF peuvent aussi être organisés en tant qu’institutions religieuses ou cultes reconnues par les autorités publiques. En général, les opérations spécifiques de crédit ne sont soumises à aucune supervision ni contrôle spécial .
2.2.3.2- Les facteurs socio-économiques du microcrédit
Comme le crédit du système bancaire, le microcrédit est déterminé par un ensemble de facteurs socio-économiques, qui sont en quelque sorte, propre au public ciblé par le secteur. Comme nous l’avons déjà dit, le microcrédit s’adresse aux petites bourses, il vise à rendre les services financiers accessibles à tous. A cet effet, le microcrédit est déterminé par un ensemble de facteurs socio-économique comme :
L’identité de la personne, c’est-à-dire identifier les personnes qui sont dans le plus grand besoin ;
Identifier la manière de gagner sa vie. ce qui permet aux IMF d’analyser si les clients ont assez de revenus pour survivre avec le petit commerce informel et de voir s’ils ont la capacité de supporter le taux d’intérêt et de payer le crédit dans la date de l’échéance ;
¬
Le niveau de remboursement du crédit, en général, le volume de crédit accordé par les IMF est grandement déterminé par le nombre de crédit que le préteur peut effectuer pendant une période donnée. En effet, plus un client effectue des remboursements anticiper par rapport à la date d’échéance du contrat, plus il est apte à renouveler un nouveau crédit du secteur. Cette situation met en évidence le sérieux du client et sa capacité à faire fructifier dans un court terme l’actif financier à sa disposition.
Ainsi, le microcrédit est déterminé par un ensemble de facteurs socio-économiques qui obligent les IMF à proposer une variété de produits financiers appropriés aux petites bourses. Ces gens vivent en général dans une situation de précarité sociale qui découle d’un climat politique instable, alors les responsables de crédit des IMF se voient obliger de tenir compte de ce paramètre dans leur politique de crédit.
2.2.3.3- Les facteurs politiques du microcrédit
Il est d’aucun doute que les activités politiques d’un pays influent grandement sur toutes les autres activités. Puisque le secteur public devrait donner le ton aux autres secteurs. Ce qui suit, qu’un climat de politique instable ralentit considérablement le volume de crédit des IMF, d’autant plus que ces dernières s’adressent généralement au petit commerce informel sur qui, le climat politique influe énormément.
Les facteurs du microcrédit étant identifiés, voyons maintenant ce qu’il en est de la méthode et les formes utiliser généralement dans le crédit.
2.2.4- Méthodologie du crédit dans le sous-secteur de la microfinance
Depuis la fondation de la Grameen Bank, la méthodologie de crédit est importante en termes de gestion des activités de crédit. On en distingue plusieurs types appliqués par les institutions de microfinance haïtienne:
a) Le groupe solidaire qui consiste à accorder le crédit à un groupe de personnes, généralement des femmes, qui se portent garantes l’une de l’autre pour le remboursement. Le groupe peut contenir 3 à 5 personnes. Les conditions de crédit sont fixées par les institutions de microfinance, le montant du prêt à accorder à chaque membre du groupe est fixé par eux-mêmes. Cette méthodologie de crédit est utilisée par FONKOZE en milieu rural avec 5 personnes.
b) Le crédit individuel : est assimilable à la forme de crédit bancaire classique par laquelle les prêts sont consentis directement aux individus. Les officiers de crédit des IMF effectuent des visites dans les établissements des entrepreneurs pour évaluer leurs affaires, leur moralité, le niveau de sécurité et leur capacité de remboursement. Parmi les institutions qui utilisent cette méthodologie, on peut citer ACME, la FONKOZE vers les années 2015 et les filiales des banques commerciales. Les institutions de crédit, utilisant cette méthodologie, offrent des montants de crédit plus élevés le cas de la FONKOZE dont le crédit individuel représente 3,26 % du portefeuille pour l’exercice 2015-2016, d’après les informations recueillis sur l’enquête de l’institution, référence tableau 8.
c) Banques communautaires : ce sont des institutions locales formées de 20 à 35 personnes qui se mettent ensemble pour constituer un fonds utilisable pour chacun de ses membres. Les organisations de microfinance fournissent l’encadrement nécessaire au groupe, coordonnent les activités et déterminent les règles de fonctionnement. Les membres se portent mutuellement garants, les impayés des uns deviennent les responsabilités des autres lors des réunions de remboursement. Ces institutions sont COD-EMH, CRS, ACLAM et la FINCA.
d) Les mutuelles de solidarité : Une mutuelle de solidarité est un groupe de personnes socialement homogènes qui se connaissent et qui mettent ensemble leurs ressources en vue d’atteindre des objectifs communs ou de transformer les sommes collectées en crédit rotatif entre ses membres. Le complément de fonds externe est apporté par les IMF qui organisent une formation initiale ainsi qu’un encadrement continu pour les membres. Après une certaine période de maturité, la mutuelle se structure, se donne une raison sociale et devient une institution de microfinance qui, à son tour, accorde des financements à leurs membres. Les institutions qui encadrent les mutuelles sont, entre autres, GRAIFSI, KOFIP, FONSUP, CARITAS et le KNFP. Les deux dernières méthodologies de crédit sont utilisées plus en milieu rural.
2.2.5- Les Formes du Microcrédit
Comme nous l’avons maintes fois répété dans ce travail, le crédit des IMF s’adresse à un public particulier, ce qui fait du microcrédit quelque chose d’un peu particulier. Si les crédits octroyés aux particuliers établissent, un lien étroit entre le développement économique. Pourtant, dans un pays comme Haïti où même les banques commerciales qui disposent d’intéressants capitaux ne financent que les activités de consommations. On comprendra rapidement pourquoi, dans le domaine du crédit surtout, que la théorie épouse fort difficilement la réalité. Ainsi, la microfinance cherchant à assurer premièrement la survie du bénéficiaire, l’amélioration de ces conditions de vie ; par conséquent, consacre un fort pourcentage de son portefeuille aux besoins de financement pressant tels : le prêt à la consommation, le prêt au petit commerce formel et informel (investissement) et rarement des prêts aux activités de production (artisanat, agricoles, petites industrie et autres). Voici quelques présentations des formes de crédit des institutions de microcrédit en Haïti.
2.2.5.1- Le prêt à la consommation
Le crédit à la consommation est la catégorie de crédit accordée à des particuliers par des banques ou des sociétés financières (Les IMF par exemple) pour financer les achats de biens et services, comme les grosses dépenses en biens d’équipement (automobile, équipement de la maison). Pour les particuliers cette catégorie de crédit s’oppose au crédit immobilier utilisé pour financer l’acquisition d’un bien immobilier. Par rapport à cette catégorie il se caractérise par des montants de prêt plus faibles, une durée de remboursement relativement courte et la nature des garanties demandées. Lorsqu’il s’agit de financer un bien d’équipement, la distribution (vente) est assurée le plus souvent par le vendeur de ce bien. Déjà dans les années 30, J. Menard KEYNES a démontré, lors de la grande dépression que «Le crédit à la consommation a pour but de faciliter la vente à des particuliers de biens de consommation en n’exigeant de ce particulier un règlement immédiat».
La consommation est en effet l’activité économique à la laquelle, on peut dire sans risque de se tromper, que l’être humain ne peut pas s’en passer. Il devient alors une nécessité que l’acte de consommation soit accomplie. C’est ce qu’ont compris les IMF et c’est en vertu des principes qui régissent leurs fonctionnements actuels qu’une partie non négligeable de leurs prêts va au prêt à la consommation. A la question, peuvent-elles, dans ce cas participer réellement au développement, on ajournera la réponse à une prochaine section. Si le crédit à la production occupe une place marginale dans les portefeuilles de crédit des IMF, le secteur agricole et artisanal en est les premières bénéficiaires de ce type de crédit des IMF.
2.2.5.2- Le crédit agricole et industriel
Au cours de ces derniers décennies, le sort réservé au crédit agricole était peu enviable en raison notamment de son manque de financement jugé trop risqué, c’est peut-être à cause du niveau élevé de risque qui accompagne les activités dans le secteur. Ce secteur économique était livré à lui-même seul, on disait souvent que Haïti est un pays essentiellement agricole, c’est -à- dire le secteur agricole est la branche la plus importante de l’économie. Aujourd’hui encore en dépit de son déclin, elle représente 70% de la population active et ce secteur fournit environs 29% du PIB national et 40% des exportations . Ainsi, tout vrai projet de développement doit intégrer ce secteur qui peut servir à la fois en aval en assurant la sécurité alimentaire de la nation et en amont en constituant une source de matières premières pour les industries de transformations et donc une source de devises via les exportations. Les IMF semblent, très longtemps ignorer ce fait, puisqu’elles se sont rarement intéressées au crédit dans ce secteur, moins 5% du portefeuille de crédit des institutions de microfinance vont au crédit agricole, moins 1% du portefeuille des banques classiques est adressé aux secteurs agriculture, sylvicultures et pêche .
Si l’on admet le fait qu’environs 5 à 7% du portefeuille des IMF est consacré au crédit agricole et industriel et que 8% environs est investi dans le crédit de consommation, il y a donc près de 85% du portefeuille qui ira logiquement vers une troisième composante qui n’est autre que le petit et moyen commerce dans le pays.

2.2.5.3- Crédit à la Très Petite Entreprise commerciale
Il n’est pas superflu de rappeler ici que la majeure partie du portefeuille des IMF s’adresse au petit et moyen commerce formel et informel, déjà, 95% des entreprises haïtiennes sont informelles . En effet, le microcrédit s’inscrit dans une logique de financement des petites bourses. Les IMF octroient une très grande partie de leurs portefeuilles au secteur informel qui emploie en Haïti près de 80% de la population active avec plus de 75% dans le petit commerce. La microfinance veut donc, rester fidèle à ces objectifs en choisissant de financer prioritairement ce secteur. Le commerce servira donc de foyer pour notre étude d’impact de la microfinance sur l’évolution du secteur informel.
Ce choix, il faut le dire, a fait l’objet encore de critiques chez beaucoup d’auteurs qui voient en lui un moyen de ne pas toucher effectivement le développement économique et d’influencer donc négativement sur l’économie. On doit cependant, rappeler que ce choix rejoint la philosophie des IMF et les restrictions qui sont imposées aux institutions de micro finance d’octroyer de petits prêts de courte durée avec des taux d’intérêts relativement élevés en vue de couvrir la totalité des frais, comportant le moindre risque possible que seul les activités de distributions (commerciales) peuvent facilement supporter.
2.2.6- Les Caractéristiques du Microcrédit
Le microcrédit est un crédit spécifique destiné à octroyer des petites sommes à des familles défavorisées ou à des personnes qui ne pourraient pas bénéficier d’un crédit bancaire classique. Il est donc destiné à conduire des activités économiques et à générer des revenus, comme la création d’une petite entreprise. Plusieurs caractéristiques spécifient les microcrédits.
Les destinataires : la personne qui sollicite un microcrédit devra prouver par un dossier complet, qu’elle est, effectivement, dans la nécessité ou qu’elle ne peut bénéficier d’un crédit bancaire.
Le montant du prêt : Ce montant varie d’un pays à l’autre et selon des auteurs cela dépend de la taille de l’économie en question. Même si toutes fois pour certain auteur il y a des montants qu’on octroi a des particuliers qui ne s’agit pas du microcrédit. même s’il est adressé à des gens qui sont exclus du système bancaire traditionnel.
Le taux d’intérêt : On pense souvent, à tort, que ces microcrédits ne sont pas sujets à un taux d’intérêt. Pourtant il s’avère que le taux de remboursement est souvent plus élevé que le reste des crédits bancaires classiques. Le taux reste encore très élevé dans le secteur de microfinance, plus de 60% annuel dans certains cas et pour la FONKOZE 57.48%, même s’il est nettement inférieur au taux généralement pratiqué par les usuriers dans le secteur informel. Mais ce haut taux est généralement lié aux frais de traitement des dossiers qui sont autant vraiment élevés compte tenu de nombre de petits prêts de faibles montants.
Le remboursement : le microcrédit n’est pas une aide financière mais bien un crédit avec des modalités de remboursement spécifiques. Le remboursement se fera donc par des mensualités constantes sur une période s’étalant jusqu’à 24 mois (Cas de la FONKOZE dans le produit BD). Il est important que le taux d’intérêt décidé ne déséquilibre pas le budget du ménage.
La destination des microcrédits : La destination principale et fondamentale du programme de microcrédit est la création ou l’extension d’une activité génératrice de revenu ; il s’agit donc d’un crédit professionnel, favorisant l’insertion économique des personnes démunies dans la vie professionnelle. Cette destination productive permet au bénéficiaire de dégager des profits lui permettant de rembourser le prêt octroyé, d’améliorer les revenus générés par son activité majorité informel et de promouvoir les conditions de vie de son ménage. C’est ce qui contribue à favoriser sa meilleure intégration dans le processus économiques.
Les exigences faites aux demandeurs de crédit : Après l’analyse de la situation du demandeur et de son projet, peu d’exigences lui est faites en termes de collatéraux. C’est de préférence la confiance qui règne entre les deux acteurs qui est à la base de la transaction, en ce sens un avaliseur est exigé avant tout décaissement (Catégorisation crédit individuel à la FONKOZE). Cette caractéristique fait également l’objet de critique, mais elle répond sans nul doute à la situation socio-économique générale des clients des IMF.

2.2.7- Les Avantages du microcrédit par rapport au système du crédit bancaire
Le microcrédit est un prêt de faible montant qui est avant tout destiné aux personnes exclues du système bancaire classique. Par exemple, les personnes en situation d’interdit bancaire, sans emploi ou disposant de faibles ressources. Il permet aux personnes en situation financière difficile de sortir du cercle vicieux où le manque d’argent les empêche de trouver un emploi ou de créer leur petite entreprise. Il permet de lutter en particulier contre l’exclusion bancaire et sociale. Comme avantages nous pouvons citer :
Grande accessibilité auprès des populations rurales ;
Pas de contraintes administratives ou bureaucratiques ni de contraintes liées au temps, c’est- a- dire il est plus rapide que le crédit bancaire ;
Contact direct et spontané des membres que celui des banques ;
Arrangements de crédit flexibles et accessibles. En ce sens qu’il n’y a moins d’exigence en termes de collatéral, c’est-à-dire la contrepartie que le demandeur doit avancer pour bénéficier le prêt ;
Repose sur des réseaux de solidarité existants au niveau des communautés ;
Les bénéficiaires des crédits associatifs peuvent recevoir l’aide matérielle et morale du groupe, l’échange d’expérience de certains membres ;
Donne accès à des services sociaux, surtout dans la Fonkoze tous les membres des groupes ont droit à des séances de formations une fois par mois leur donnant la possibilité de s’initier aux connaissances des notions économiques de base et d’autre sujet sur la santé, la famille etc.;
Est un financement adapté parce que les IMF ne cherchent pas à offrir uniquement aux clients du crédit, mais une gamme de produits financiers adaptés aux besoins de chaque individu. Ce qui développe des liens de proximité entre demandeurs et fournisseurs de services et fait des IMF plus qu’un simple fournisseur de services financiers, est un partenaire un tissu de liaisons et de resserrement des liens sociaux et économiques ;
Permet une gestion efficace, car les responsables de crédits des IMF analysent minutieusement chaque dossier et en fait un cas particulier. Ils ont su trouver les moyens efficaces de conduire des petites bourses à supporter des taux d’intérêts relativement élevés (sans que cela ne les dérange trop, selon les dires des petits marchands, même s’ils ont certains problème avec les frais de dossiers selon notre enquête sur l’institution SFF) ;
Assurer un système de suivi efficace. Grace à leur système de suivi des prêts, les IMF ont mise en place une structure qui les permettent de suivre les clients, et du coup de diminuer considérablement le nombre de mauvais payeurs.
Cependant, en dépit de ces multiples avantages, la micro finance à des inconvénients qui ne manquent d’attiser les critiques à l’encontre du secteur. La section suivante présentera les principales.
2.2.8- Les Inconvénients du Microcrédit
De nombreuses critiques sont émises par rapport à ce mode de financement. Tout d’abord, rappelons que la microfinance a toujours été une option coûteuse. Le coût est la principale raison évoquée par les institutions financières pour justifier leur haut taux d’intérêts et leur absence dans certains endroits du pays. Une seconde critique est qu’il est fort limité. Le montant est assez restreint et parfois, ne permettrait pas à des personnes vraiment en difficulté de s’en sortir. La dernière critique que l’on peut faire à ce système est qu’il n’y a pas de suivi ou de formations pour la majorité des institutions en Haïti, à l’exception de la FONKOZE qui réuni avec les clients 2 fois par mois pour des séances de formation. Ces emprunteurs sont exclus du système classique pour une bonne raison. Ainsi, leur donner accès au capital sans les accompagner peut les amener à mal gérer l’argent reçu, allant parfois même jusqu’au surendettement.
On a pu constater que la gestion financière des très petites entreprises souffre d’un manque de savoir-faire : carence en personnel qualifié et absence remarquée de rigueur et d’organisation dans la manière de réaliser les opérations financières et surtout au niveau de la tenue des comptes, la majorité des clients du secteur informel n’ont même pas un cahier pour enregistrer leur rentrer et sorti de fonds, cela peut encouru a la mauvaise gestion du crédit qui est l’une des causes des mauvais pailleurs. Donc après que les clients ont bénéficiers un crédit il faudrait que les agents de crédit puissent les aidés a mieux gérer ses activités par des conseils et des méthodes bien spécifique. Une chose qu’on n’a pas pu remarquer dans la majorité des institutions de Microfinance en Haïti. Au point de vue juridique selon ANIHM, sur les 200 IMFs il ya seulement une trentaine qui a fait l’objet de la supervision régulière de la BRH, qui évolue à l’intérieur d’un cadre légal, et sont aptes à entreprendre certains activités.
2.2.9- La Microfinance au Regard du Développement Économique d’Haïti
La microfinance est un puissant outil de développement avec le potentiel d’atteindre les populations les plus pauvres, leur permettant d’améliorer les conditions de vie, de créer des emplois, de créer la demande pour des nouveaux biens et services, et de contribuer à la croissance économique. La microfinance joue un rôle d’instrument de réduction de la vulnérabilité des pauvres aux chocs économiques. Toutefois, regarder la microfinance actuelle au regard du développement économique d’Haïti nous oblige à la considérer sur un double angle ; premièrement, d’un point de vue conjoncturel, avec la nouvelle situation de la microfinance depuis les catastrophes du 12 janvier 2010. Deuxièmement, d’un point de vue structurel avec les perspectives d’avenir dans le cadre de la reconstruction du pays dont on parle présentement.
D’un point de vue conjoncturel, on peut dire que la microfinance est grandement marquée par les graves conséquences négatives des événements tragiques du 12 janvier 2010. En effet, les pertes dans le secteur ont été estimées à plus de 15 millions de dollars. Le petit commerce, principale partenaire de la microfinance, a été victime de la mise sous perfusion, cette situation a occasionné l’effondrement du pouvoir d’achat des principaux bénéficiaires et menace considérablement le secteur informel. Toutefois, le microcrédit est évidemment l’une des solutions pour relancer rapidement les activités. Recapitaliser ses bénéficiaires par une politique de rééchelonnement des microcrédits des sinistrés et par l’injection de nouveaux crédits qui, permettraient à une large population de micro entrepreneurs de se relancer dans le cadre des politiques conjoncturelles de relance économiques. Et là, les avantages du microcrédit énoncé précédemment peuvent jouer grandement dans le cadre de telles politiques.
D’un point de vue structurel, la microfinance peut toucher le développement dans plusieurs aspects en facilitant l’initiative privée, d’une part avec la création de micro-entreprises qui aura des retombées positives sur le taux d’emploi du pays. En raison du fait que d’autre part, la microfinance ne se limite pas uniquement au microcrédit, elle peut donc jouer un rôle non seulement dans le développement économique, mais aussi dans le développement social et culturel du pays, en facilitant l’émergence de nouveaux entrepreneurs et de nouveaux leaders surtout dans le milieu rural avec la micro-assurance, l’organisation des transferts des immigrants. Elle peut faciliter le développement local qui peut avoir un impact direct sur la décentralisation que nous rêvons tant et qui aurait des effets sur l’ensemble du pays. Elle peut également lutter contre l’analphabétisme en donnant la possibilité aux ménages d’assurer la scolarité de leurs enfants et peut, même à un faible niveau, assurer la formation des bénéficiaires du crédit.
En ce sens des récentes études du PNUD confirment que 75% des bénéficiaire du crédit reconnaissent que le microcrédit leur a permis d’augmenter leurs revenus par leur entreprises et leurs activités et par conséquent un impact positif sur le PIB de leur pays. Mais, il faut se garder de toutes illusions que la microfinance avec tous ses problèmes peut à elle seule, résoudre tous les problèmes d’Haïti.
Dans le prochain chapitre, nous considérons le petit commerce informel, activité dans laquelle le portefeuille de la microfinance atteint son plus haut niveau, afin de pourvoir mieux mesurer les impacts de la microfinance sur ce secteur et de valider nos deux hypothèses de l’étude.

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SECTION I- TYPOLOGIE D’ACTIVITES DU SECTEUR INFORMEL ET DE CES CARACTERISTIQUES
3.1.1- Caractéristiques du Secteur Informel
S’il n’y a pas de consensus sur la définition du secteur informel, les chercheurs semblent être d’accord sur la particularité de ce secteur, généralement constitué des très petites entreprises dans lesquelles travaillent un maximum de travailleurs. Dans de nombreux cas, il s’agit d’entreprises familiales dans lesquelles les femmes offrent leur main-d’œuvre sans percevoir un salaire et où les bénéfices sont contrôlés par le mari ou l’homme de la maison. Dans les activités informelles, on utilise des ressources les plus disponibles, c’est-à-dire les ressources locales. On y privilégie de même l’usage intensif de la main-d’œuvre plutôt que de recourir à des technologies plus coûteuses.
Juridiquement, le secteur informel se définit comme étant l’ensemble des activités irrégulières dont l’exercice illégal constitue une fuite devant les normes fiscales, la législation du travail et le droit commercial. Autrement dit, cela correspond à des activités interdites par la loi ou des activités légales en elles-mêmes mais exercées par des personnes non autorisés à le faire. Il s’agit en définitive de produire des biens et services par des entités illégales. Cependant, il peut également s’agir d’activités légales assurées par des personnes autorisées à le faire, mais qui ont des caractéristiques permettant de les classer dans le secteur informel, Ces caractéristiques concernent :
Le non-paiement de l’impôt sur le revenu ;
Le non-paiement des taxes et impôts ;
Le non-versement des cotisations sociales ;
La non-soumission à certaines procédures administratives.
Ces activités sont relativement « invisibles ». Elles ne sont pas comptabilisées dans l’économie nationale. Donc, notre problématique de départ, c’est de savoir si la microfinance peut aider à promouvoir le développement dans le secteur informel, et de confirmer ou affirmer, si cette distribution de crédit par le biais des IMF, peut renforcer les activités économiques de la commune de Ganthier, entre 2010-2016. De ce fait, il faut connaitre d’abord les différentes activités du secteur informel Haïtien, ce que nous allons expliquer dans les paragraphes suivants.
3.1.2- Types d’activités du secteur informel en Haïti
En analysant les types d’activités réalisées dans le cadre du secteur informel, on peut percevoir comment s’exprime ici la division des rôles : les femmes réalisent les activités intensives en main-d’œuvre, moins rémunérées ou qui sont assimilées aux activités reproductives.
1- Dans les secteurs des services, les femmes sont généralement des vendeuses, de petites commerçantes, des femmes de chambre, des coiffeuses, des blanchisseuses, des femmes de ménages etc.
2- Dans le secteur agricole, la participation des femmes est très importante. Elles peuvent même y devenir majoritaires comme dans certaines régions rurales du pays, où elles combinent les activités d’autres secteurs comme la vente et la transformation artisanale avec les travaux agricoles. Ce sont eux qui déterminent les prix, vendre les denrées après les récoltes sur le marché, Elles représentent un atout pour amorcer l’économie Haïtienne en particulier le secteur agricole et de lancer le développement durable qui clarifie largement toutes activités économiques agricoles.
3- La migration vers les villes, provoquée par le manque d’emploi, place les femmes dans une situation plus difficile encore, car quand les hommes s’en vont, elles doivent combiner leurs multiples tâches reproductives avec la culture des terres et réalisation d’activités informelles complémentaires. De même lorsque ce sont elles qui partent, ce sont les activités informelles qui leur permettent de faire face aux besoins de leurs familles et ce, dans l’ambiance généralement difficile vue la situation économique et sociale de notre pays.
4- Les hommes travaillent essentiellement dans les transports qui peuvent être mieux rémunéré, dans le secteur de production manufacturière, dans les travaux à domicile, (fabricants des vêtements, des produits alimentaires, etc…) ou en sous-traitance dans les petites entreprises ou des ateliers.
3.1.3- Les Aspects et Retombés du Secteur Informel en Haïti
Vue l’environnement qu’engendre le secteur informel dans la société haïtienne, il en est d’une grande importance d’envisager d’élucider au mieux ces divers aspects tant négatifs que positifs dans l’évolution du système de crédit bancaire.
3.1.3.1- Aspects Positifs
Le secteur informel permet d’enrayer la pauvreté comme elle constitue l’unique option de travail pour de nombreuses personnes. Les activités du secteur informel assurent la survie et freinent les effets de la pauvreté, engendrés par l’incapacité du secteur formel à créer de maximum d’emplois. Pour les femmes surtout, lorsqu’elles sont chefs de famille, les activités du secteur informel assurent ainsi leur survie propre et celle de leurs familles, tout en bénéficiant un prêt dans une institution de microfinance pouvant les aider à débuter une activité économique. Le secteur informel joue un rôle important dans la valeur ajouté globale du PIB dans les pays à faible revenu comme Haïti. Ses implications sont donc fortes sur les opportunités d’emplois, la productivité, les recettes fiscales et la croissance économique. Le secteur informel permet aussi aux ménages d’avoir une meilleure condition de vie, tant au niveau de santé, écolages, nourritures la distribution de revenu et autres. Nous le démontrons dans le chapitre 4 à partir de l’enquête sur le commerce du secteur informel par le biais des bénéficiaires de crédit dans la FONKOZE branche Ganthier.
a. Accès facile au Secteur Informel
N’importe qui peut entamer une activité du Secteur Informel, parce qu’il s’agit d’activités qui ne requièrent pas une formation élevée. Dans beaucoup d’activités, il n’est pas besoin des capitaux de départ importants, contrairement au secteur formel. Déjà ces gens non pas accès au crédit dans les banques classiques et ils n’ont pas un salaire qui leur permet d’épargner un montant significatif pour investir, la majorité de ses personnes exclus ont recours aux IMF pour démarrer une activité pour survivre.
b. Rôle social du Secteur Informel
Certains auteurs soulignent le rôle social joué par le secteur informel. D’une part, il assure un emploi et un revenu et, d’autre part, il constitue un facteur d’intégration et de solidarité qui ne cesse d’être lié à sa logique productive de survie. Dans la majeure partie des cas en Haïti, ce sont des femmes qui laissent leurs maisons, très tôt le matin, avec un panier sur la tête, un sac ou une grosse valise qui contient quelques produits qu’elles vont liquider. C’est à partir de ces initiatives que celles-ci payent le loyer, répondent aux besoins de leurs enfants, notamment leur scolarisation.
La débrouillardise des gens fait légion pour contourner le manque de moyens que conditionne l’informel dans l’économie. Elle commande d’utiliser les matières premières locales de même que l’outillage fabriqué sur place. Les qualifications nécessaires sont acquises grâce à une formation sur le tas. A cet effet, l’apprentissage se fait essentiellement par observation voire imitation des plus anciens dans le métier. Par contre, la capacité de production est faible à l’image de la taille de la quasi-totalité des unités dont l’effectif dépasse rarement dix employés ainsi que la technologie utilisée reste rudimentaire mais est à forte intensité de main d’œuvre et le marché non réglementé reste très concurrentiel et ouvert à tout entrant potentiel.
3.1.3.2- Aspects Négatifs
a. Barrières financières
Dans de nombreux cas, les personnes qui entament des activités du Secteur Informel ne disposent pas des garanties que demandent les banques classiques pour avoir un prêt; ce qui oblige à recourir au crédit informel qui exige des intérêts beaucoup plus élevés. Face à cette barrière, La FONKOZE donne accès aux clients à se constituer en petite épargne pour pouvoir entamer une activité informelle ou faire face à d’autres nécessités.
b. Barrières non financières
Il peut s’agir des difficultés liées au manque d’informations ou à l’existence des règles déterminées qui entravent l’entrée dans un secteur d’activités. L’appartenance ethnique servira aussi de barrière pour garantir, à une catégorie de la population, l’exercice d’une activité. La barrière religieuse sera souvent associée à une autre : barrière géographique ou ethnique. Cependant, conformément à Bruno Lautier, la plus importante barrière à l’entrée est la difficulté à pénétrer un réseau.
c. Manque de Réseau
Les réseaux peuvent prendre différentes formes, par exemple, celle d’une auto-organisation du marché, d’une autoprotection collective ou la forme de réseaux commerciaux. Ces réseaux, généralement combinés, sont constitués sur des bases communautaires : communautés de religion, communautés d’origine géographique, communautés ethniques ou de parentèle, mais aussi de voisinage ou parfois de solidarité politique. Les réseaux ont une influence autant sur les travailleurs indépendants que sur les salariés. En effet, à Bamako, 55,7% des salariés irréguliers et 54% des salariés non-protégés ont accédé à l’emploi avec l’aide de relations personnelles. (El Hadji Sidibé et Lachaud, cités dans Lautier, 1994 : 56). Toujours selon Bruno Lautier, l’importance des réseaux dans l’économie informelle est en grande partie liée au manque de diplômes. En somme, la formation dans cette économie est alors centrée sur l’apprentissage de codes urbains liés aux réseaux. (Lautier, 1994) .
d. Conditions de travail
Le secteur informel est une importante source d’emplois et de revenu pour les pauvres. Le Secteur Informel se caractérise par le non respect ou le non application des normes de travail relatives au salaire minimum, aux horaires de travail, à la sécurité, et d’autres normes sociales en rapport avec le système de santé sociale, de retraite, etc.
e. Soins aux enfants.
Pour les femmes qui travaillent comme vendeuses ambulantes, il est très difficile de concilier le travail avec les soins des enfants. Ainsi ces derniers grandissent et se développent dans des milieux généralement hostiles, notamment dans la rue.
f. Peu d’organisation syndicale des travailleuses
Les femmes sont la force de travail majoritaire dans le secteur informel ; mais elles sont les moins représentées dans les organisations syndicales. De ce fait, elles se trouvent dans une situation de précarité. Elles n’ont pas la possibilité de défendre leurs droits, ni de négocier de meilleures conditions de travail.

SECTION II- PRESENTATION DE L’IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE DES TRES PETITES ENTREPRISES
3.2- Présentation de l’Impacts Socio-économiques des TPE
Comme nous l’avons déjà remarqué la catégorie de très petites entreprises comprend principalement les commerçants isolés, travaillant dans de petites structures, souvent familiales, qui effectuent directement leurs achats chez le grossiste. Parallèlement, il existe des indépendants associés, groupés en associations qui leur fournissent un certain nombre de services communs. Enfin, les petits supermarchés de proximité appartenant à une chaîne peuvent également être rangés dans cette catégorie. On retrouve deux facettes dans le commerce Haïtien, premièrement, il y a le commerce formel où la petite structure d’entreprise est réglementée par le fisc et le ministère du commerce, et deuxièmement celle qui font l’objet de notre étude le commerce informel, d’où, on retrouve toute une série d’activités commerciales qui se font en dehors de toutes normes et règles. Indirectement, il joue une part non négligeable du produit intérieur brut du pays. C’est pourquoi cette section de ce chapitre analysera à la fois les petites entreprises informelle et formelle afin de confirmer nos hypothèses de départ.
3.2.1- Expansion des Très Petites Entreprises en Haïti
En absence des statistiques officielles sur le secteur des petites entreprises en Haïti, il s’avère difficile de donner des chiffres sur l’évolution quantitative des TPE dans l’économie Haïtienne. Si l’on se réfère à des études et des estimations de certains chercheurs, ils ont constaté leur forte proportion dans le tissu de l’économie. Selon des estimations, elles représenteraient plus de 70% des activités économiques en Haïti. Le secteur est en pleine expansion depuis la période de l’embargo.
Elles constituent la forme privilégiée de la résistance des ménages aux dysfonctionnements de l’économie pendant les périodes des perturbations politiques entravant le développement de l’économie formelle. Elles constituent aussi les activités indépendantes qui occupent, selon l’enquête sur les conditions de vie en Haïti (ECVH), ils représentent 81.2% des actifs occupés. Si nous opérons sur la base d’une logique déductive : les institutions de microfinance, dont les activités visent les TPE, ont connu une augmentation soutenue de leurs emprunteurs chaque année après le séisme du 12 Janvier.
Or, nous savons que la majorité des IMF Haïtienne ne financent pas les entreprises au démarrage. Il faut au moins deux ans de fonctionnement pour avoir un crédit débutant à 45,000 gourdes dans la catégorie des prêts Business Développement à la FONKOZE . Cette contrainte nous laisse à pencher sur notre problématique afin de savoir si réellement la microfinance peut aider à promouvoir un développement dans le secteur informel en Haïti. Puisque la majorité des gens dans les milieux ruraux n’ont pas accès aux moyens financiers pour commencer une activité, même si toute fois on constate que les TPE sont en forte croissance dans l’économie. Par ce constat il est important de présenter les caractères formelle et informelle des TPE afin de valider nos hypothèses de travail.
3.2.2- Les Très Petites Entreprise (TPE) Formelle
On entend par très petites entreprise (TPE) toutes les structures dotées de la personnalité morale, dont le nombre maximal de salariés est inferieur à dix (10) personnes. Par ailleurs, le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas un certain montant (500,000 HGT) . Elle trouve son financement principalement d’une institution de microfinance. Cette catégorie d’entreprise, est très répandue dans les pays du Sud, où la majeure partie de la population ne dispose que d’un revenu modeste; ce qui les empêchent d’entreprendre des activités productives plus risquées et d’une plus grande envergure. Ces activités étant reconnues par la loi, revêtent en tout premier lieu d’un aspect juridique qu’allons tout de suite essayer de présenter.
3.2.2.1- Aspect Juridique de la TPE Formelle
Selon l’article premier du décret du 26 Septembre 1960 paru dans le moniteur no 89 définissant la profession de commerçant stipule : « Toute personne est libre de faire tel négoce qu’elle trouvera bon, mais elle sera tenu de se pouvoir d’une patente, d’en acquitter les prix et de se conformer aux lois en vigueur ». Donc selon la loi Haïtienne l’acte de commerce c’est tout achat de produits pour les revendre, tous les actes de commission de transports, toutes opérations de changes ou de banque. Les très petites entreprises formelle s’inscrivent donc dans cette logique de revente afin, non seulement d’assurer une meilleure qualité de vie des individus qui se livrent à ces activités, mais aussi de répondre aux exigences fiscaux de l’état. Selon la loi, pour entrer dans la formalité formelle il faut: avoir une patente, la tenue de certains livres de comptabilité et l’inscription à la chambre de commerce d’Haïti.
Outre son aspect juridique, les TPE formelle revêt d’un ensemble de caractéristiques, le point suivant se donne pour objectif de présenter les principales.
3.2.2.2- Caractéristiques de la TPE Formelle.
Le secteur formel des TPE recouvre un large éventail d’activités professionnelles de diverse nature, pour ce fait, les caractéristiques qui se rapportent à ce secteur sont nombreuses.
A titre d’illustration, nous citons :
Les entreprises y sont structurées ;
Les entreprises sont constituées et fonctionnent légalement ;
Les entreprises sont reconnues dans les statistiques nationales ;
Les entreprises y opèrent sur un marché réglementé ouvert ou concurrentiel.
A noter que, les très petites entreprises formelles en Haïti, jouent un rôle particulièrement important dans le développement surtout dans les milieux très reculés comme les sections communales de Ganthier sous étude. Elles constituent une source majeure d’emplois, de revenus et de recettes à l’exportation. Elles sont aussi caractérisées par des contraintes et des phénomènes qui sont propres aux structures socio-économiques du pays. Comme par exemples :
Très Forte importation ; en effet la majeure partie des produits qui sont vendus dans le petit commerce sont des produits importés. Il y a environ 68,8% des produits importés qui proviennent des USA, 10.2 % vers la République Dominicaine et environ 3% vers le Canada, soit un pourcentage de 82% des produits importés pour ses trois pays. Ce fait est naturellement dû à la faiblesse de notre système productif qui accuse systématiquement des retards considérables par rapport à celui de nos pays voisins comme la République Dominicaine précisément.
Faible barrière à l’entrée ; en raison d’une faiblesse des législations régissantes, l’entrée dans la sphère des petites entreprises est très ouverte, il suffit d’avoir les capacités financières qu’il faut pour entrer dans le secteur, ce qui fait en quelque sorte une faiblesse du secteur pour certain et une opportunité pour les personnes qui ont la capacité d’auto-investir dans une activité.
L’instabilité politique ; Toute économie, pour s’épanouir, a besoin d’un climat serein. Les troubles politiques, les grèves fréquentes, les manifestations violentes se sont révélé des entraves à la reprise économique. De nombreux actes de vandalisme et de pillage ont fortement touché de nombreuses sociétés privées en Haïti, le trouble politique occasionne les entreprises à fermer leur porte pour reprendre leurs activités dans la République Dominicaine, cas de 2004, où le taux de croissance qui était de 4.5% en 1995 a chuté à 1.4% en 2004 .
Un capital limité ; Le faible niveau du capital est l’une des caractéristiques majeures de la TPE haïtienne, c’est le lieu où règne un capital réduit. Le recours systématique des pratiquants au microcrédit et au commerce purement informel est une conséquence de cette situation. Ce qui explique le cycle de la pauvreté dans son ensemble.
Une qualification acquise par apprentissage : Il n’existe jusqu’à date dans le pays, aucune institution spécialisée dans la formation de professionnels pour cette catégorie d’activité. Ainsi, les petits marchands se voient obligés de se livrer à cette activité et atteints au cours des années de l’expérience qui leur donnent droit à une certaine qualification.
Toutefois, les très petites entreprises malgré toutes ces barrières, constituent la base économique de tout pays voulant faire un pas en avant, c’est pourquoi dans la partie suivante nous allons montrer son apport significatif dans l’économie du pays.
3.2.2.3- Les TPE formelles dans le développement de l’économie Haïtienne
Les TPE constituent une source d’emplois importante et contribuent fortement à la création de la richesse au sein de l’économie tant dans les pays industrialisé que dans les pays en développement comme Haïti. Dans ces économies, les TPE se voient attribuées un apport d’intégration économique et sociale et aussi un apport de redistribution de la richesse. Elles contribuent au PIB et à la croissance économique avec une fonction d’intégration pour les populations les plus démunies dont les jeunes et les femmes qui vivent en marge de la société. Surtout lorsqu’on considère ces impacts dans le secteur informel haïtien dans lequel la TPE génère des emplois « environs plus d’un million d’habitants vivent des activités de commerce à Port-au- Prince avec plus 250.000 emplois directs ».
Elle s’inscrit donc dans la dynamique d’accroissement de l’entreprise privée et crée par conséquent une dynamique sociale. Elle occasionne, la création de nouveaux pourvoir d’achat et stimule par conséquent la consommation qui selon la logique de Keynes est un vecteur qui génère la croissance économique. Aujourd’hui, si le petit commerce en Haïti ne favorise pas l’industrie haïtienne, c’est parce que notre système productif est désuet et archaïque, donc ne fonctionne pas. Le petit commerce permet chaque année, via les taxes sur les droits de douanes et l’impôt sur le chiffre d’affaire, à l’État de rentrer d’importantes recettes. Qui ne sait pas que la douane, apporte la plus grande part à l’assiette fiscale depuis quelques années dans l’importation des produits.
Déjà, au cours de l’année 2015, Haïti a importé des produits de la République Dominicaine évalués à un milliard de dollars américains, alors que les chiffres d’exportations étaient de 51 mille dollars . Le pays a connu un déficit de six cent millions de dollars américains par année, par le manque application de la mesure d’interdiction, par voie terrestre des 23 produits interdit sur le sol, le non responsabilité de l’état conduit a une compétition déloyale entre les investisseurs, qui paient leurs taxes et les contrebandiers. Haïti a un problème du déficit continu de notre balance commerciale et cela résulte d’un phénomène complexe de chute de notre production locale à laquelle les activités d’importations de produits étrangers servent de notre seul recours.
3.2.3- Présentation de la Très Petite Entreprise Informelle
Dans le monde entier, le secteur de très petite entreprise (TPE) joue un rôle moteur dans l’innovation et la création d’emploi. Dans l’ensemble, ce sont les entreprises qui génèrent de la croissance, créent des emplois, se développent plus rapidement et sont plus novatrices. Les très petites entreprises informelle représentent l’ensemble des activités qui échappent aux investigations officielles, c’est-a-dire des activités qui ne relèvent pas de la division du travail et des marchés organisés avec la sanction des lois et des règlements sociaux . En matière de droit du travail, les caractéristiques propres aux TPE et PME (taille, organisation, moyens) ont un impact sur les règles qui leur sont applicables. Selon la recommandation de la Chambres du Commerces et Industrie (CCI) on énumère quelques règlements sociaux aux très petites et moyennes entreprises.
Les règles en matière de rémunération
Obligations générales en matière de salaire
Salaire minimum légal, conventionnel ou contractuel
Les primes
Les frais professionnels
Les avantages en nature
Les charges et contributions sur salaire
Paiement des charges et contributions sur salaires
La participation
L’intéressement
Les plans d’épargne
L’administration du personnel
Les registres obligatoires
Les déclarations sociales obligatoires périodiques
Les représentants du personnel
Les institutions représentatives du personnel
La périodicité des réunions de représentants du personnel
Les négociations obligatoires
La santé et la sécurité au travail
Santé et sécurité au travail est une règles générales
La médecine du travail
Ces limites sont d’autant plus difficiles lorsque nous considérons la petite entreprise dans le milieu rural.
La plupart des pays en voie de développement ont atteint aujourd’hui un niveau économique et social très enviable par les biais des TPE, dont, les entrepreneurs bénéficient un crédit pour augmenter leurs activités commerciales, mais toutefois, en Haïti il y a une contrainte, cette distribution se fait en majorité dans les milieux urbains, nous présentons cette préoccupation dans la partie suivante.
3.2.3.1- Évolution de Très Petites Entreprises Informelle dans le Milieu Urbain
Le milieu urbain considère comme point de repère pour toutes les activités commerciales du secteur formel et informel. Les villes considèrent comme lieu de concentrations des principales activités commerciales et les centres commerciaux où se trouvent, généralement les grossistes, dans tous les coins des rues, on rencontre des petits marchands qui étalent leurs produits de toutes sortes, rendant difficile, voire impossible la circulation des piétons. En général, cette manifestation omniprésente de la petite entreprise commerciale se focalisent dans tous les coins de rues surtout à Croix-des-Bouquets et dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince résulte de plusieurs facteurs dont :
Le faible montant disponible pour entreprendre ces activités ;
Le besoin pressant d’écouler quotidiennement les produits ;
L’incapacité des centres commerciaux d’accueillir tous les marchands ;
L’incapacité pour certains de ces petits marchands de payer les frais journaliers exigés dans les marchés ;
La mentalité de certains commerçants qui associent la réussite dans le commerce au fétichisme.
De cet état de chose découle des caractéristiques spécifiques à la très petite entreprise.
3.2.3.2- Caractéristiques des Très Petites Entreprises Informelles
Les caractéristiques de la TPE sont multiples et sont évocatrices de la situation socioéconomique des gens qui se livre à cette activité. Le commerce informel embrasse le micro-commerce qui s’exerce dans les marchés, les rues et les carrefours. Cette activité regroupe des commerçants qui présentent les caractéristiques suivantes :
Absence d’inscription au registre du commerce, ou abandon de cette inscription ;
Non-tenue d’une comptabilité régulière qui constitue un véritable casse-tête pour les IMF leurs principaux fournisseurs de crédits ;
l’Impossibilité aux autorités fiscales de déterminer et de prélever de l’impôt sur le revenu de ces activités ;
Improvisation dans l’organisation commerciale.

La très petite entreprise s’adonne à la vente au détail de biens de consommation courante. Il emploie la quasi-totalité des femmes en milieu rural et dans les villes, celles qui exercent en dehors des secteurs structurés. Il s’agit surtout d’activités de type ambulant ou semi-sédentaire portant sur la distribution de produits agricoles ou alimentaires et d’articles manufacturés provenant de la contrebande à la République Dominicaine.
Toutefois malgré les différents contraintes lié a ce secteur, cela n’implique pas que ces activités n’ont aucune impact sur l’économie haïtienne, nous verrons plus loin comment ils y participent.
3.2.3.3- Impact de Très Petite Entreprise Informelle dans l’Économie Haïtienne
De même que le petit commerce formel, le petit commerce informel est l’un des générateurs d’emplois du pays. En effet, selon Pierre Marie Boisson PDG de la «SOGESÒL» 75% de la population haïtienne vit de leur propre emploi informel. Simon Fass, pour sa part, dans son étude sur le secteur informel en Haïti a montré que les petites entreprises constituent la source la plus importante pour générer des emplois dans le pays. Dans le secteur informel la petite entreprise rempli des fonctions économiques importantes, en dépit de la faiblesse du revenu et des conditions de productivités minimales et de la faiblesse de la valeur ajoutée qu’il crée.
Non seulement il résorbe le chômage, la TPE informelle permet aux détenteurs de petits revenus de se procurer des produits manufacturés à des prix inférieurs à ceux que pratique dans le secteur formel, contribue par conséquent à faire baisser le coût de la vie pour les plus faibles économiquement d’une part. Ce secteur exerce une forte pression sur le secteur structuré en ce qui concerne la concurrence des prix. En effet, en raison de l’écart considérable qui existe dans les prix, beaucoup d’agents économiques ont préféré s’approvisionner auprès du secteur informel. Mais, il faut dire que cela influence très légèrement le comportement des grossistes du secteur formel.
L’entreprise informelle c’est aussi un créateur de pouvoir d’achat, il permet donc une augmentation du volume de consommation et entraine indirectement une augmentation des recettes de l’État. Donnons une explication à cette situation de quasi-informalité de l’économie haïtienne ; F. Doura croit que la situation résulte des politiques macro-économiques chaotiques menées par les oligarchies dominantes depuis 1804 en faveur des minorités, induisant ainsi des larges exclusions des classes sociales les plus défavorisées de la société. Alors, on comprend pourquoi beaucoup de tentatives de « formalisation » du secteur informel ont été soldées par l’échec total.
Plusieurs d’autres facteurs nous permettent de comprendre d’une manière globale, comment les entreprises informelles influent sur l’économie, mais, avant voyons comment elle se catégorise dans la zone de l’étude de façon générale.
2.2.3.4- Catégorisation des Entreprises dans la Commune de Ganthier
En ce qui a trait aux impacts des activités de microcrédit sur les TPE à Ganthier, les résultats sont nuancés suivant plusieurs facteurs qui peuvent entrer en ligne de compte. D’après l’enquête effectuée sur les entreprises qui bénéficient un crédit à la FONKOZE, il est nécessaire de procéder à une catégorisation selon le volume de prêts contractés, des caractères socio-économiques des bénéficiaires, les critères de niveau d’investissement dans le secteur informel et la catégorie de prêt octroyer par la FONKOZE pour ses critères.
Dans la première catégorie (C1) on retrouve les très petites entreprises qui, en majorité, exercent leurs activités dans la commercialisation d’un ensemble de produits de premières nécessités, importés ou locaux. Ce sont les petits détaillants dans les sections communales, les étalagistes, les marchands ambulants, les très petites entreprises de production ou de services qui ont un modeste niveau de capitalisation et une faible capacité d’emprunt. Leurs propriétaires appartiennent aux couches défavorisées et/ou ont un faible niveau d’éducation. C’est le cas par exemple des personnes qui vivent dans les zones très reculés à Ganthier comme : Pays-pourri, Thoman, Marre-Roseaux, Lastique, Gobè, pour ne citer que cela.
La deuxième catégorie (C2), comprend les petites ou moyennes entreprises de production, de commerce ou de services. Ces entreprises ont un espace physique plus ou moins aménagé pour leurs activités d’exploitation. Elles ont du personnel, un niveau de capitalisation relatif d’une certaine envergure et une capacité d’emprunt supérieure à la catégorie I (Tableau 3). Pour les entreprises de production, elles utilisent les matières premières locales ou importées pour produire des biens et services destinés au marché local ou régional. Leurs propriétaires sont généralement des professionnels, employés ou anciens employés révoqués ou retraités, héritiers des entreprises familiales, Universitaires diplômés. La FONKOZE a un type de prêt spécifique pour cette catégorie d’entreprise qu’on va pouvoir élaborer dans le dernier chapitre de cette recherche même s’ils ne sont pas beaucoup.
Tableau No. 3 : Résumé de la catégorisation des entreprises dans la commune de Ganthier
C* Entreprises Activités Principales Niveau de capitalisation Niveau et capacité d’emprunts Caractéristiques socio-économiques des propriétaires Types de prêt octroyé par la FONKOZE**
C1 Très Petites Entreprises, (TPE) Marchands Ambulants, détaillants de multi produits, petits métiers rudimentaires de faible technicité De 1,000 HTG à 30,000 HTG De 3,000 HTG à 15,000 HTG Gens appartenant aux couches défavorisées, faibles niveau d’éducation -Petit Crédit (Ti Kredi),
-Crédit Solidaire,
-Crédit Individuel dans le centre

C1 Petites ou Moyennes Entreprises, (PME) Entreprises de production, de commerce ou de services Supérieur à 30,000 HTG De 15,000 HTG à 125,000 ou plus Professionnel, Employés ou anciens employés révoqués ou retraités, héritiers des entreprises familiales, Universitaires diplômés, -Crédit individuel dans le centre,
-Crédit Business développement (BD)
* C= Catégorisation des très petites entreprises dans la zone de Ganthier
**Catégorisé par l’auteur après les informations recueillies dans les recherches sur le fonctionnement de crédit de la SFF.

Par dessus tout, les informations recueillies nous permet d’étudier beaucoup plus profonde dans les paragraphes suivants, les impacts économique et sociale de la microfinance sur les TPE à Ganthier, a travers la politique de crédit distribué dans le secteur informel.
3.2.3.5- Les Impacts de la TPE à Ganthier
Nous avons, en effet, déjà montré les caractéristiques et impacts séparés de la TPE formelle puis informelle dans l’économie haïtienne notamment comme moyen de réduction du taux chômage et permet le développement d’un pays, nous allons maintenant voir les impacts conjugués des deux secteurs sur les variables comme : le quotidien des gens, et la création de l’emploi dans l’économie en Haïti précisément dans la commune de Ganthier.
A) Les Impacts de la TPE Sur a Vie des Gens de la Commune de Ganthier
En Haïti, il est d’une évidence que les très petites entreprises prend une extension considérable depuis des décennies, plus précisément, depuis le terrible tremblement de terre du 12 Janvier 2010 qui à frapper Haïti, on assiste à une sorte de libéralisation commerciale beaucoup plus élevé tant dans les milieux ruraux et urbains. De plus il y a une forte participation des femmes dans les petites entreprises, qui cherche a tiré un profit des produits à la différence des prix sur le marché dans le seul but, d’assurer l’éducation, l’alimentation, le logement de sa famille. La contribution de la très petite entreprise permet à la satisfaction des besoins primaires est donc très significative, c’est-à-dire se nourrir, lutter contre les maladies, instruire les enfants etc. Car, celui-ci met à la portée du prolétariat des produits assortis de leurs moyens financiers.
Ainsi, dans la commune de Ganthier, le crédit octroyé par la FONKOZE (dans les localités de Marre-Roseaux, Pays-Pourri et tant d’autres section communale) permet de développer de très grands nombre de petites entreprises, la distribution de crédit apporte une contribution précieuse à la production et à l’amélioration des conditions de vie de la catégorie des moins favorisés des sections communales, en aident les jeunes à participer à la formation et à leur insertion socioprofessionnelle. Malgré le faible investissement en capitaux, les petits commerçants utilisent des moyens pour survivre avec le maigre revenu qu’ils ont. Par ailleurs, l’impact du crédit de la FONKOZE permet:
Aux clients ruraux des sections communales qui n’ont aucune qualification requise et sans opportunités d’emploi d’entrer dans le secteur informel travailleurs à faible revenus variables d’avoir un travail régulier à l’intérieur du secteur.
Aux très petits entrepreneurs de réaliser n’importe quel travail pour arriver à survivre et se débattre continuellement entre le chômage et les activités instables.
Diminuer le niveau de pauvreté dans la vie des gens et avoir accès aux services de base.
Le secteur informel devient ce lieu d’une grande capacité insoupçonné permettant d’améliorer les conditions de vie de la population et contribue a une grande vague de création d’emploi et de revenus grâce à son dynamisme et à sa flexibilité. Ce qui fait que l’emploi dans ce secteur est à toujours une tendance à la hausse, alors que c’est l’inverse dans la majorité des autres secteurs de la vie nationale.
Les paragraphes suivants nous présentent une idée beaucoup plus élaboré sur ce fait, afin de bien comprendre si la distribution de crédit des IMF cité ci-dessus, influe vraiment sur le taux de chômage dans le secteur informel et les autres secteurs lié à l’emploi dans l’économie. Mais, jusqu’avant il faut savoir si la politique de crédit a un impact positif sur le secteur informel, ce que nous allons voir dans les lignes suivants.
a-1 Politique de Crédit et son Impact sur le Secteur Informel
L’ex Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, a expliqué que « L’accès durable au microcrédit contribue à atténuer la pauvreté en générant des revenus, en créant des emplois, en donnant la possibilité aux enfants d’aller à l’école, en permettant aux familles d’obtenir des soins médicaux et en donnant les moyens aux populations de faire les choix qui répondent le mieux à leurs besoins ». Donc, la politique de distribution de crédit des IMF pour financer les très petites entreprises ont un impact considérable sur la vie de la population de la commune de Ganthier, suivant ce qu’on a pu expliquer dans les phrases antérieures. Avant de présenter les résultats de notre enquête-terrain sur les sections communales de Ganthier, une précision s’impose quant à la meilleure façon d’évaluer les crédits de l’institution de microfinance FONKOZE. Pendant des années de développement de la FONKOZE en Haïti depuis 1994, elle a prouvé que prêter aux pauvres dans les milieux ruraux surtout était possible. En d’autres termes, il fallait démontrer que l’activité de microcrédit était viable pour les très petites entreprises. Après le séisme du 12 Janvier 2010, la majorité des institutions de microfinance essaie de combattre d’éventuelles crise ou de faillites pouvant être très importantes, surtout depuis plusieurs décennies plusieurs un volume de IMF entre dans une activité non négligeable de collecte d’épargne.
Beaucoup d’auteur, experts et institutions internationales considéraient alors que l’évaluation des performances financières, institutionnelles et commerciales des IMF étaient suffisante pour démontrer l’impact positif des microcrédits sur les bénéficiaires dans le secteur informel ; nous partons de ce principe que, si les clients utilisent les services proposés par l’institution de microfinance de manière répétée et remboursent les prêts à temps, cela signifie qu’ils valorisent ce service et le considèrent comme utile, voire indispensable. En d’autres termes, la fidélité des très petits entrepreneurs du secteur informel était considérée comme un indicateur d’impact positif et, comme cette fidélité était une condition nécessaire à la rentabilité de l’institution de microfinance, la rentabilité était par conséquent, indirectement, une preuve suffisante de l’impact positif. Ce qui déjà, nous met sur une bonne voie dans notre étude de recherche de confirmé et validé notre première hypothèse à savoir que : La politique de crédit des institutions de micro finance à un impact positif sur le secteur informel. Même si on sait que, la fidélisation des clients est une preuve nécessaire, mais elle n’est pas assez suffisante, pour impacter positivement le secteur informel. Une autre approche nous permet de comprendre comment que la politique de crédit permet aussi, un bon développement des petites entreprises au niveau du secteur informel.

A Ganthier les très petites entreprises constituent actuellement une partie importante du secteur informel susceptible de promouvoir le développement d’une classe défavorisé locale. Les TPE s’implantent dans la quasi-totalité des secteurs de l’économie, pour assurer les activités de production et de distribution des biens et des services. Elles sont créatrices d’emplois, distributions de revenus et pourvoyeuses des capitaux, facteurs de la croissance économique et du développement. Cependant, les TPE dans la commune ne bénéficient presque pas d’autre encadrement à part les institutions de microcrédit. Dans les sections communales de Ganthier ont peut confirmer que la distribution des différentes programme de crédit de la FONKOZE à un impact positif sur la vie des gens ; la FONKOZE accompagne le crédit a un ensemble de programme social comme : l’impact social, la boutique Sante (Boutik Sante), le crédit ZAFÈN (Notre à faire), l’alphabétisation et tant d’autres activités sociales qui sont associés aux bénéficiaires de crédit, ceux qui confirme que les microfinance par le biais des crédits octroyé ont un impact très positif sur la vie des clients évoluant dans le secteur informel dans la commune.

On venait de montrer que le crédit a un impact positif sur le secteur informel, maintenant voyons voir comment le crédit peut générer la diminution du chômage dans le pays.

B) Impact du Crédit sur la Création d’Emploi du Secteur Informel en Haïti
En Haïti, cette question charrie pas mal de controverses et d’interrogations puisque jusqu’à date, il parait un peu difficile de cerner la question de l’emploi. A date, les chiffres de la Banque mondiale ont estimé à 60% le taux de chômage en Haïti . Selon Jean-Max St Fleur, dans son article sur Haïti, Problématique de l’emploi, on connait la chanson, l’auteur mentionne que les quelque 40 % de la population active qui ont un emploi sont, en grande partie, dans la catégorie des « working poor », des gens vivant dans la pauvreté malgré ils travaillent dans le secteur informel. Leur maigre revenu ou salaire arrive à peine à couvrir leurs besoins primaires. Jean-Hughes, un technicien en comptabilité explique; « Le salaire mensuel que je gagne depuis 2002 ne me permet pas grand-chose. En général, je dois compter sur un petit transfert que je reçois d’une tante à New-York pour payer l’écolage de mes deux fils. J’essaie de trouver un autre boulot, mais c’est pas du tout facile » . Selon Jean-Marie BAZILE, pour bien comprendre les difficultés liées à l’emploi dans l’économie haïtienne, il faut aborder la question sur le triple aspect économique, démographique et socioculturel même si schématiquement elle peut être considérée suivant deux aspects complémentaires à savoir : l’offre de main d’œuvre et la demande de main d’œuvre. Mais dans le cadre de notre travail nous penchons sur la distribution de crédit dans le secteur informel comme hypothèse de création d’emploi pour les couches les plus défavorisés.
La microfinance permet une très grande évolution de création d’emploi du secteur informel et de la nécessité, à ce stade de développement, de définir un cadre politique précisant les grandes orientations de ce secteur. La taille du marché de la microfinance en termes d’actif est de 6.3 milliards de gourdes. Son apport à la création d’emplois n’est certainement pas négligeable ; ce sont en effet plus de 250.000 emplois directs environ à travers les micros entreprises et les opérateurs. Ces opérateurs génèrent près de 2 milliards de gourdes de revenus, pour un encours de crédit de 4,04 milliards de gourdes octroyés aux 245,000 clients à cette date .
Pour la Banque mondiale le secteur informel dans les pays envoie de développement, considère comme une unité de relance des activités économiques par le biais des petites entreprises. Cette considération de la Banque mondiale ne fait que confirmer les multiples prise de positions qui supposent que les très petites entreprises à des impacts positifs sur la vie des clients, de leurs familles et même sur les recettes de l’État et notamment sur l’activité économique en générale. En effet, les TPE sont l’unique alternative pour des milliers de gens en Haïti surtout la population Ganthieroise qui, fuyant la misère de la zone rurale, pour aller habité dans la commune de croix-des-bouquets et dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, sans aucune espoir d’intégrer les structures formelles de l’économie. Selon l’enquête de l’institut Haïtien de Statistique et Informatique (IHSI) sur les conditions des vies en Haïti sur le nombre d’emploi par milieu de résidence, on enregistre que dans l’ensemble, l’emploi privé domine, le secteur public ne comptant que pour 2.8% des actifs occupés. Par ailleurs, les actifs occupés se concentrent très fortement dans l’auto-emploi (77.4%) qui représente la majorité des gens dans le secteur informel bénéficiant un crédit. Parallèlement, l’emploi dans les entreprises privées hors entreprises familiales concerne 11% des actifs occupés. Nous signalons toujours dans le cas de cette enquête, dans les milieux de résidence: le travail à compte propre c’est-à-dire l’auto-emploi est massivement répandu en milieu rural (85.7%) et dans une moindre mesure dans les villes de province (71.3%) alors qu’il ne représente que 54.3% des personnes à un emploi de l’Aire métropolitaine de Port-au-Prince. Le tableau suivant résume la distribution de l’emploi par milieu de résidence des institutions.
Tableau No. 4: Distribution en pourcentage (%) des actifs occupés selon le secteur institutionnel de l’emploi principal par milieu de résidence.
Secteur institutionnel de l’emploi principal Milieu de résidence
Aire Métropolitaine Autre Urbain Rural Ensemble
Entreprise privé 31.2 13.8 4.2 11.0
Secteur public** 7.0 6.7 0.8 2.8
ONG 0.5 0.4 0.1 0.2
Entreprise Familiale 1.6 3.3 7.0 5.4
Ménage 1.2 1.1 0.1 0.4
A Compte Propre 54.3 71.3 85.7 77.4
Autres 4.2 3.4 2.1 2.7
Total 100 100 100 100
Échantillon 1156 1348 6697 9201
Source: IHSI / Enquête sur les Conditions de Vie en Haïti (ECVH)
** Administration Publique et entreprises publiques

Figure No. 1: Représentation graphique de l’ensemble d’emploi en milieu de résidence par secteur institutionnel de création d’emploi.

Pour aller au-delà de la distribution de l’emploi par secteur institutionnel, le BIT propose un découpage complémentaire. Il suggère d’élargir l’emploi informel à tous ceux qui ne bénéficient pas d’une couverture sociale (BIT, 2003). L´emploi informel inclut alors deux composantes principales : la main-d’œuvre du secteur informel sauf quelques travailleurs qui peuvent exceptionnellement être couverts par un système de couverture volontaire et les employés non protégés du secteur formel. Suivant les recommandations du BIT, nous avons adopté la définition suivante de l’emploi informel : tous les aides familiaux, tous les indépendants de l’informel et tous les salariés qui ne bénéficient pas de protection sociale.
Le Tableau No. 5 suivant permet de tirer deux conclusions principales. En premier lieu, l’emploi informel tient une place prépondérante en Haïti : en 2012, la quasi-totalité des emplois est informelle (93,6%). Deux groupes de secteurs se distinguent nettement : le secteur informel où la proportion d’emplois informels dépasse 94.5% contre 55.3% du secteur formel, le secteur privé possède 52.1% de la proportion de l’emploi. Une fois de plus, le secteur informel joue un rôle important dans la Création d’Emploi dans l’Économie Haïtienne.

Tableau No. 5: Taux d’emploi informel (BIT) par secteur institutionnel et zone géographique en 2012.
Milieu de résidence Secteur Informel Secteur privé formel Secteur Public
Aire métropolitaine 91.5 49.8 37.6
Aire Urbain 95.9 61.1 59.5
Rural 95.8 65.7 68.8
Ensemble 94.5 55.3 52.1

Source : Extrait de l’enquête, EEEI, 2007 ; ECVMAS, 2012 ; calculs des auteurs.
Le séisme du 12 janvier 2010, avec son cortège de désastres et de pertes en vie humaine, n’a pas épargné le secteur de la microfinance. Les 240.000 propriétaires de micro et petites entreprises qui font partie de la clientèle des opérateurs ont été durement touchés. Pour ces 240.000 familles, la microfinance constitue le principal outil de financement de la population touché du secteur informel. L’effort de reconstruction et de relance de la vie économique réclame l’appui d’un secteur financier solide pouvant répondre aux besoins de financement des différents secteurs d’activités. Celui des Micro et Petites Entreprises regroupe à lui seul 80% de la force de travail. Dans une perspective de création de richesses et d’emplois productifs, il constitue une porte d’entrée qui permettra de redynamiser l’investissement privé, d’où la nécessité d’appuyer les efforts d’encadrement et de financement des très petites entreprises à travers les institutions de microfinance emploie un très grand nombre de personnes en Haïti, ce qui représente une part importante dans l’économie.
Ainsi, nous aboutissons au fait que les très petits commerces, les commerces ambulants à un impact positif sur la réduction du chômage en Haïti. À Ganthier les très petites entreprises commercial deviennent les premiers employeurs de la zone, surtout pendant les années 2011 avec la vague distribution de l’encours de crédit des institutions de microfinance et des caisses populaires, avec un taux d’auto- d’emploi de 77.4% et un taux de 94.5 d’emploi dans le secteur informel en 2012, dont la majorité de ces emplois crées par les TPE bénéficiant d’un crédit des IMF. En d’autre termes, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que notre deuxième hypothèse se vérifie, dans la mesure qu’effectivement comme nous l’avons supposé: La distribution de financement venant des microcrédits permet de réduire le chômage dans la zone Ganthier. Avec l’exode rural, le chômage et la manque de création d’emploi en Haïti de population active en expansion or l’économie formelle ne peut offrir un nombre suffisant d’emploi à cette population dit. Deux réalités expliquent cette situation. Selon Carlos Maldonado , les emplois dans l’économie informelle sont souvent mal rémunérés, d’où une diminution du pouvoir d’achat des travailleurs du secteur formel moderne. La fonction publique et le secteur privée offre de moins en moins d’emplois.
Autrement dit, la stagnation du secteur moderne c’est-à-dire de l’économie formelle et des services entraîne le développement du secteur informel ou de l’économie informelle qui lui, offre un coût à la création d’emplois beaucoup plus faible. Mais les gens pour faire accroitre ses activités informelles ils ont recours aux crédits dans les institutions de microfinance. Qui représente un élément important dans la stratégie de financement du développement en Haïti, le crédit permet de susciter à une nouvelle génération d’entrepreneur d’assurer l’intégration de l’économie surtout, dans la création d’emploi et maintenir la sous-traitance. Le microcrédit contribue à mettre le pays sur le chemin de développement tout en favorisant une meilleure répartition des richesses aux gens exclus du système bancaire classique. La microfinance peut donc constituer un fer de lance pour le développement de l’économie informel, comme avons nous montrer notre enquête sur les clients de la commune et sous-section communale de Ganthier, ceux qui nous permet de dire que notre troisième hypothèse qui s’intitule: ” La microfinance engendre le développement de l’économie informelle” est vérifié, contre tenu de l’ampleur des IMFs dans l’amélioration des conditions de vie de la population du secteur informel. Dans le chapitre suivant nous présentons les différents tableaux sur ses bénéficiaires de crédit de Ganthier qui nous permettra de confirmer une fois de plus notre troisième hypothèse.

Nous avons pu analyser, dans le chapitre 2, à partir des pensées d’auteurs et documents des institutions, une analyse plus avancée de la relation existante de la microfinance et le secteur informel. Dans le chapitre précédent, nous avons pu démontrer l’impact du crédit sur le secteur informel, qui toutefois présente une positivité non seulement dans sa contribution au développement social et économique des bénéficiaires mais aussi à la réduction du chômage dans la vie active d’une population. En outre, il est considéré comme le secteur sous-développé à côté du secteur moderne, le secteur où l’on survit à côté du secteur dynamique de l’économie. Appliquée à la finance, l’expression pourrait donner la même idée.
Dans ce chapitre, il est question de vérifier à l’empirisme l’exactitude de notre travail recherche à savoir : comment l’augmentation des prêts octroyer aux clients après le séisme peux favoriser à la meilleure condition de vie des petits marchands du secteur informel dans la commune de Ganthier dans la période 2010-2016. Dans un premier temps nous allons présenter l’institution FONKOZE S.A par rapport aux types de crédit octroyé aux bénéficiaires afin de vérifier que le secteur de la micro finance est effectivement développé dans la zone. Dans un second temps nous faisons ressortir, à partir de notre enquête, l’impact de la micro finance sur le secteur informel de la zone de Ganthier à travers l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires post-séismes. Ce dernier module sera divisé en deux (2) sections. Une dans laquelle nous présentons premièrement les activités de la FONKOZE et en second lieu le résultat de l’enquête sur ses activités de distribution de crédit à travers son portefeuille de la période 2010-2016 à Ganthier. Dans la deuxième section nous présentons les résultats de la deuxième enquête sur la confrontation des hypothèses de travail.
Section 1 : PRESENTATION DE L’INSTITUTION
Notre analyse nous permettra d’affirmer ou pas si réellement la microfinance est un élément qui pouvant permettre le plein ressort du secteur informel à partir de l’institution de la microfinance FONKOZE créée vers les années1994 par le Père Philippe Joseph. De ce fait, faisons une présentation de l’institution de la FONKOZE en Haïti.

4.1- Présentation Générale de la FONKOZE
Fondasyon Kole Zepol (FONKOZE) est une institution financière à but non lucratif offrant ses services aux pauvres organisés des zones rurales. FONKOZE a favorisé l’inclusion sociale en Haïti pendant les 20 dernières années. Il comprend le service financier FONKOZE « Sèvis Finansye Fonkoze » (SFF), la plus grande institution de microfinance du pays, on la nomme « la banque alternative d’Haïti » et la Fondation FONKOZE, qui fournit des services éducatifs complémentaires, de santé et de développement des affaires aux clients de SFF et des membres de la communauté.
L’objectif de SFF est double : retirer les familles et les communautés haïtiennes de la pauvreté et les conduire vers l’indépendance financière. SFF est également engagée à étendre les services aux communautés les plus vulnérables en Haïti par l’optimisation et l’intégration des innovations comme les technologies et le téléphone mobile pour atteindre des clients supplémentaires; et construire une organisation totalement haïtienne, en plaçant des ressortissants haïtiens sur le conseil d’administration et dans les postes de direction clés.
FONKOZE a plus de 200,000 déposants actifs et 64,457 emprunteurs en Septembre 2016, la plupart sont situés dans les zones rurales et sont desservis par son réseau bancaire national. FONKOZE a joué un rôle clé en fournissant des capitaux pour les petites entreprises et a favorisé l’épargne et l’esprit d’entreprise chez les femmes. FONKOZE a développé également un programme de santé « Boutik Santé », une initiative de franchise sociale, qui élargit l’accès aux produits et services de santé de base dans les zones rurales, tout en servant de source de revenus pour ses clients, qui deviennent alors des franchisés.
4.1.1- Mission et Stratégie
Elle vise l’établissement des bases économiques pour la démocratie en Haïti en fournissant aux pauvres des milieux ruraux les outils leur permettant de sortir de la pauvreté. Cette mission est reflétée dans le nom même de l’institution « Fondasyon Kole Zepòl ». La fondation ouvre les branches, forme les clients, expérimente de nouveaux produits jusqu’à ce que la branche devienne autosuffisante. A ce moment elle est transférée au « Sèvis Finansye Fonkoze ». En 2016 il y avait environ 45 branches dans le pays .
4.1.2- Clientèle Cible
La fondation intervient surtout dans le secteur informel en milieu rural (95%) et en milieu urbain (5%), en donnant la préférence aux femmes (99%) du milieu rural. Produits des politiques aux services offerts en crédit ; épargne (gourdes et dollars); change; transferts de fonds, micro assurance et la formation. Donc il faut noter que la FONKOZE offre des services financiers et des services non financiers comme ; CLM, le ZAFEN, la Boutique Santé, l’alphabétisation etc. D’après notre enquête sur l’institution on a pu remarquer que la plus grande clientèle cible du crédit sont les clients du crédit solidaire dont la moyenne des prêts de crédit est de 11,686 Gourdes et ces prêts ne dépassent pas 6 mois .
4.1.3- Méthodologie du Service de la SFF
Pour répondre aux besoins de ses clients la FONKOZE se mettre au service des plus démunis d’Haïti, elle développe une approche Escalier de sortie de la pauvreté une série de programmes et produits complémentaires dont les trois (3) premiers sont réservés exclusivement aux femmes. Ses produits sont conçus pour répondre aux besoins des clients où qu’ils se trouvent et de les accompagner tout au long du trajet pour émerger la pauvreté .
Première Étape : Chemen Lavi Miyò (CLM), ou La Voie d’une Vie Meilleure, est un programme de non-crédit étalé sur une période de 18 mois qui est conçu pour aider les clientes les plus pauvres de FONKOZE à créer des actifs, et aussi de posséder les compétences et la confiance dont elles auront besoin pour sortir de l’extrême pauvreté. La phase pilote du programme a pris fin en début 2009 avec des résultats remarquables : 95% des participantes ont fini avec succès le programme et 85% ont choisi de passer à l’étape suivante de l’escalier, TiKredi.

Deuxième étape : TiKredi, Petit Crédit, approvisionne les femmes graduées du CLM tout comme celles qui n’ont pas été qualifiées pour le programme CLM (Surtout les bureaux qui n’ont pas le programme CLM), et qui ne sont pas encore prêtes à gérer un prêt supérieur à US $75 (Crédit Solidaire). Tikredi sert les femmes haïtiennes qui sont au bord de l’extrême pauvreté et qui sont trop vulnérable pour recevoir un microcrédit traditionnel. Les participantes de groupe de cinq (5) femmes de TiKredi reçoivent des petits prêts plus petits sur de plus courtes périodes, et font l’apprentissage intensif des techniques de gestion et de l’autonomie. Après six mois, elles sont graduées et elles ont le choix de rentrer dans le programme principal de FONKOZE, Crédit Solidaire (Kredi Solidè).

Troisième étape: Kredi Solidè, ou Crédit Solidaire, souvent appelé « Le cœur du crédit de la Fonkoze » est le programme de prêt principal de FONKOZE et représentait environ 90% des clientes en 2013 . Le crédit solidaire permet aux femmes qui sont déjà établies comme micro-entrepreneurs d’élargir leurs petits business. Les clients se forment des groupes solidaires de cinq femmes créant ainsi un système intégré de support et de responsabilité. Les groupes de 3 à 5 clientes de Kredi Solidè toujours des femmes, ont tendance à avoir une meilleure sécurité alimentaire, de meilleures conditions de vie et également une plus grande confiance en elles par rapport aux clientes de TiKredi. À noter dans cet étape l’institution à ajouter vers les années 2015 un autre produit qui appelé Crédit Individuel dans le centre (Kredi Endividyèl nan Sant) de Crédit Solidaire afin de desservir les femmes au niveau des centres qui détiennent un bon niveau de solvabilité et de la capacité de gérer un montant très élevé ainsi qu’une historicité de crédit distingué.

Quatrième étape : Développement d’Entreprises (Biznis Devlopman, connu sur le nom de crédit BD), est l’unique produit prêt individuel de Fonkoze ou on commence à retrouver des hommes en leur donnant un montant de 45,000 Gourdes minimum pour investir dans leur magasin de produits alimentaires, de vêtements, d’articles ménagers, de cosmétiques ou de matériaux de construction tels que l’étain ou le ciment. En 2016, ce produit a desservi plus de 2,035 clients, une hausse de 14.5% par rapport à 2015.

Cinquième étape: Crédit PME, FONKOZE est consciente du rôle important que les petites et moyennes entreprises (PME) jouent dans la relance du développement économique en Haïti. Les PME sont indispensables pour la croissance d’Haïti à long terme parce qu’elles créent des emplois augmentent l’assiette fiscale, contribuent à l’innovation locale et augmentent la dynamique commerciale des biens et des services.

SFF a mis sur pied le programme de crédit PME pour fournir des crédits plus importants aux petites et moyennes entreprises établies sur le marché. Les clients du PME varient d’une catégorie à l’autre: un fabricant d’énergie solaire, des fournisseurs de produits agricoles, des écoles haïtiennes et d’autres établissements, des artisans qui exportent vers les détaillants aux États-Unis et dans d’autres pays à l’étranger. Depuis 2012, SFF a participé au Fonds de Développement des PME en Haïti Espagne-IFC, qui a été mis sur pied dans le but d’augmenter l’accès au crédit pour les PME haïtiennes.
4.1.4- Crédits Octroyés par la FONKOZE
L’octroi de crédit est une action principale et une potentialité de toute institution bancaire, car selon Gaudamine, G., (1998: 142) le crédit permet les échanges et stimule la production. Grâce au crédit reçu, les membres créent des activités génératrices des revenus permettant aux débiteurs de se développer. Avec le revenus des crédits, ils paient les impôts à l’État et ce dernier construit les écoles, les centres de santé, aménagement des routes, etc. pour le bien être social de la population. Le crédit est aussi un instrument de création de monnaie (Galsuault, P., 1997: 147). Avant de présenter notre enquête sur le portefeuille de crédit qui finance le secteur informel de Ganthier, nous présentons dans le tableau suivant quelques conditions du crédit de la FONKOZE.
Tableau No. 6: Différentes types de crédit de la FONKOZE, les Fonctionnements et leur condition en 2016, Montant en Gourdes.
Types de Prêt Montant minimum Montant Maximum Taux d’intérêt Frais de Dossier Taxe sur frais dossier Montant Collatéral Durée
TiKredi – 3,000 4.79% 3% – – 3 mois
Crédit Solidaire 3,000 60,000 4.79% 3% – 8% 3 à 9 mois
Crédit Individuel 15,000 100,000 4,79% 3% – 8% 3 à 9 mois
BD*1 45,000 199,999 4,50% 3% 10% 10% 6 à 12 mois
BD¬2 200,000 299,999 4.35 3% 10% 10% 6 à 12 mois
BD3 300,000 599,999 4.35 3% 10% 10% 6 à 12 mois
BD4/PME 600,000 3,000,000 4.15 3% 10% – 6 à 12 mois
BD5/PME 3,000,000 6,000,000 Négociable 3% 10% – 6 à 24 mois
Source : Consultation de la procédure d’opération de l’Institution, version Février 2016
* Développement d’Entreprise (Biznis Devlopman)

Les agents de crédit de la branche FONKOZE Ganthier nous explique que, le montant du prêt du programme TiKredi fin année 2015 était de 1,000 gourdes, mais en 2016 avec le coût de la vie et l’augmentation de l’inflation au niveau du prix des produits, on leur octroie un montant de 3,000 gourdes pour augmenter ses activités et la rembourser sur une période de 3 mois à raison 6 versements.

4.1.5- Portefeuille de Crédit de la FONKOZE

Nous essayons de faire une analyse sur les deux (2) derniers années fiscales (2015 et 2016) sur l’évolution du portefeuille de crédit de la FONKOZE. Dans le tableau suivant nous présentons le portefeuille par types de crédit, leur nombre de clients et le niveau du portefeuille à risque (PAR). Dans le catégorie Crédit Solidaire nous constatons une augmentation plus de 94 millions de gourdes entre les deux années soit une variation de 16,7% par rapport à l’année 2015, et cette catégorie représente la majorité des prêt décaissés à la FONKOZE, soit 75% de l’encours du portefeuille pour l’année 2016 et 74% pour l’année 2015, on a pu observé aussi dans le cadre de notre recherche, que le portefeuille a risque de l’institution était de 2.9%, ceux qui signifie que l’encours du portefeuille de crédit est en bonne santé.

De 2015 à 2016 seulement le volume de crédit PME qui sont diminués, après l’institution a connu une croissance, tant au niveau des quantités de client qui passe 60,209 à 64,457 en 2016 et au niveau du portefeuille a risque de crédit, car le ratio de PAR de FONKOZE pour l’exercice fiscale 2014-2015 et 2015-2016 étaient de 5% et 2.9% respectivement. On remarque que ses taux sont très faibles. Cette situation renseigne sur un critère de performance intéressant de l’Institution. Ceci dit, pratiquement la majorité de tous les crédits sont remboursés à date. Cela peut s’expliquer par le fait que les crédits octroyés par FONKOZE s’étendent sur une période courte de six (6) mois. Il se peut qu’à l’échéance du crédit, certains clients n’arrivent pas à rembourser le montant intégral du crédit. Dans ce cas, les Institutions adoptent une politique d’abandons de créances. Si les crédits en retard sont maintenus dans les registres au lieu d’être passés en perte, la taille du portefeuille sera surestimée. On remarque aussi que seulement le crédit PME qui a le plus haut niveau des impayés qui constituent la majorité des entreprises formelle. Une petite comparaison montre que les crédits octroyés vers les clients qui font des activités informelles sont beaucoup plus solvables que ceux des entreprises formelles selon les deux (2) années qu’on a choisis pour notre recherche.
Tableau No. 7 : Portefeuille de crédit de la FONKOZE pour les exercices fiscaux 2014-2015 et 2015-2016.
Exercices 30 Septembre 2015-2016
Libellés Clients Portefeuille Clients
en Retard PAR*
> 30jours Délinquance (PAR en %)
Total Solidarité 62,351 565,119,635 2,284 16,458,766 2.9%
Total BD 2,034 127,850,421 46 1,956,427 1.5%
PME 72 60,265,523 8 3,116,893 5.2%
Grand Total 64,457 753,235,579 2,338 21,532,086 2.9%
Exercices 30 Septembre 2014-2015
Libellés Clients Portefeuille Clients
en Retard PAR*
> 30jours Délinquance (PAR en %)
Total Solidarité 60,209 470,703,587 7,821 21,146,587 4.5%
Total BD 1,102 73,788,908 98 3,256,253 4.4%
PME 88 91,007,907 20 7,089,940 7.8%
Grand Total 61,399 635,500,402 7,939 31,492,799 5.0%

Source: Donné recueilli dans le Portfolio at Risk Report de l’institution 2015 et 2016
*Portefeuille à Risque
Nous venons d’analyser comment se présente l’évolution du portefeuille de crédit global de la FONKOZE à la fin des exercices 2015 et 2016, maintenant voyons comment s’évolue le portefeuille de la FONKOZE dans la commune de Ganthier qui fait l’objet de notre étude. Cette analyse nous permettra d’avoir une idée clair sur le portefeuille des crédits décaissés pour financer une activité du secteur informel, jusqu’avant de choisir quelques échantillon de ses clients pour analyser et regarder ses impacts sur la vie des gens et l’évolution du secteur en particulier. Compte tenu de manque d’information recueillie auprès des employés de la FONKOZE, nous présentons les données de 2014 à 2016.
Tableau No. 8 : Évolution du portefeuille de crédit et des clients de la Branche Ganthier de 2013 à 2016.
Année Clients Portefeuilles PAR > 30 jours % Délinquances Variation *
2013 2,562 13,494,067 1,067,640 7.9% –
2014 1,629 9,201,146 420,475 4.6% -46.65%
2015 1,268 8,306,046 219,473 2.5% -10.77%
2016 1,618 16,282,089 576,259 3.5% 48.89%
Source: Donné recueilli dans le Portfolio at Risk Report de l’institution 2013 à 2016
* Calcul de l’auteur
D’après ce tableau, nous constatons dans la période de 2013 à 2015 le bureau de la FONKOZE Branche Ganthier était en régression, il avait perdu pas mal de clients et cela a causé une diminution au niveau du portefeuille de crédit. Mais on a pu constater en 2015 le bureau à la plus basse quantité de client et au niveau de son portefeuille aussi. Selon notre enquêtes, cette diminution est dû en parti à cause des 23 produits qui ont été interdit par le gouvernement Marthelly / Lamothe, la majorité des clients (dans la commune de Fond Parisien surtout) qui achètent des marchandises contrebandiers leurs activités sont paralysés, la majorité étaient en baisse ils n’ont pas la capacité de rembourser leur dette envers l’institution et beaucoup sont radiés, explique un responsable de la branche.
Au cours de l’exercice 2012-2013, 2013-2014 on constate que le portefeuille passe de 13,494,067 gourdes à 9,201,146 gourdes soit une diminution de -46.65% du portefeuille précédent et pour l’exercice de l’année 2014-2015 le portefeuille a varié en baisse de -10,77%. Pour ses deux exercices le taux des impayés de l’encours de crédit passe de 7.9% à 2.5% qui est un bon résultat en termes de portefeuille à risque en pourcentage pour le bureau. Pour l’exercice 2015-2016 la Branche a connu un grand essor, la quantité des impayés était de 3.5%, le nombre de clients sont augmentés et la variation du portefeuille au cours de cet exercice est presque doublé soit 48.89% d’augmentation. Ses résultats ont permis aux employés de la Branche Ganthier de recevoir une plaque d’honneur et mérite comme l’un des bureaux le plus performant pour l’exercice fiscale 2015-2016 parmi les 46 branches à cette date. Puisque l’encours de crédit à augmenter pendant la période nous pouvons dire parallèlement que les activités du secteur informel sont augmentés aussi dans la commune, car les commerçant(e)s ont bénéficiers beaucoup plus d’argent pour investir dans leur commerce qui lui permettra d’augmenter son revenu et de plus il y a quand même la création d’emploi dans ce secteur compte tenu le nombre de client qui sont augmentés. De ce fait, cela nous permet de vérifier nos hypothèses de départ, parce que le crédit à un effet positif sur les clients et permet l’augmentation d’emploi dans l’économie. Donc maintenant il revient a analyser les données recueillis a partir de notre enquêtes sur le terrain des petits commerçant(e)s du secteur informel qui ont bénéficiés un crédit de la FONKOZE Branche Ganthier pendant la période 2010 à 2016 afin de bien comprendre l’impact de l’institution sur le secteur informel.
SECTION 2. ANALYSE ET INTERPRETATION DES RESULTATS
4.2- Méthodologie de la Recherche et Techniques Utilisées
Toute recherche scientifique nécessite l’application d’une méthode et techniques pour aboutir au résultat exacte et efficace conforme à la recherche. Celles-ci aident le chercheur dans l’analyse et le traitement des données pour les besoins de son cas d’étude. C’est dans ce cadre que nous avons fait recours à diverses techniques et méthodes pour arriver au résultat approprié à notre recherche sur le secteur informel en Haïti. Dans le grand souci d’une analyse appropriée des données collectées de notre travail de recherche, les techniques et méthodes vont nous aider pour le déroulement du travail sur les clients des IMF de FONKOZE à Ganthier.
4.2.1- Les Méthodes et Techniques
La méthode est constituée de l’ensemble des opérations par lesquelles une discipline cherche à atteindre les objectifs qu’elle poursuit, les démontre et les vérifie. (GRAWITZ, M., 1986 :353) Ainsi, les méthodes suivantes nous ont aidés à analyser les données collectées.
4.2.1.1- Méthode analytique
Elle nous permet d’analyser systématiquement les informations ainsi que les données récoltées. Elle insiste sur chaque cas et considère les choses dans leurs détails plus tôt que dans leur ensemble. (GRAWITZ, M., 1986 : 702). Pour atteindre les résultats souhaités et de bien comprendre l’évolution du crédit sur le secteur informel, cette méthode nous a permis d’analyser les données d’enquêtes collectées sur le terrain par l’interview et par le questionnaire.
4.2.1.2- Méthode historique
Cette méthode consiste à saisir et interpréter les faits passés pour mieux comprendre les faits présent et d’envisager les perspectives d’avenir, (MULUMBATI N., 1980 :35). Nous nous sommes servie de cette méthode pour connaitre les différentes cycles de crédit des clients de la commune de Ganthier et d’analyser son impact sur le secteur informel avant et après que les bénéficiaire ont bénéficiés un crédit dans la Branche FONKOZE Ganthier. Cette méthode nous aide aussi a comprendre le fonctionnement du Service Financier Fonkoze S.A (SFF) à travers son évolution de portefeuille, sa situation actuelle, ce qu’elles envisagent surtout en matière d’octroie de crédit et leur contribution au développement de la population Ganthiéroise en matière de création d’emploi direct et indirect dans la période post séisme.
4.2.1.3. Méthode statistique
La méthode statistique consiste à récolter les données chiffrées d’une recherche pour en faciliter l’interprétation (GAWITZ M., 1986 :16). Elle nous a aidées à récolter les données chiffrées de notre questionnaire d’enquête sur la zone de Ganthier, de faire les interprétations et de les présenter sous forme des tableaux et des graphes en vue d’une bonne compréhension des résultats du travail de recherche par rapport a ses problématiques d’études et des hypothèses de réponses sur l’impact des évolutions des IMF sur le secteur informel en Haïti cas de la commune de Ganthier.
A cet effet, une technique est l’ensemble des moyens et procédés qui permettent au chercheur de rassembler des données et des informations sur un sujet de recherche. Elle s’entend comme un ensemble des procédés opératoires et rigoureux bien définis susceptibles d’être appliqué à nouveau dans les mêmes conditions adaptées au genre des phénomènes en cours, (GRAWITZ M.1987 :558) . Ainsi, on en distingue la technique documentaire, de questionnaire et d’échantillonnage.
4.2.1.4- Technique documentaire
La technique documentaire est celle qui est orienté vers une fouille systématique de tout ce qui est en rapport avec le domaine de la recherche c’est-à-dire tout ce qui constitue la source écrite d’un thème de recherche. Elle consiste en l’utilisation des documents écrits ayant une liaison avec le sujet choisi. Certains auteurs appellent la technique documentaire la revue de la littérature d’un domaine (GRAWITZ, M., 1990 : 358) . Pendant la recherche, nous avons consulté les ouvrages, les rapports, les mémoires, les sites internet et autres documents relatifs à notre sujet afin de retrouver les meilleures réponses sur le secteur informel d’une manière générale dans le monde et en particulier en Haïti face au crédit du secteur de la microfinance.
4.2.1.5- Technique de questionnaire
Cette technique consiste à élaborer un questionnaire destiné à la population ciblé, plus précisément aux échantillons de cette population en vue de répondre par écrit au questionnaire. Celle-ci doit être bien étudiée à l’ avance et devra laisser suffisamment de place entre les questions pour des réponses et éventuels commentaires des personnes interrogées, ceux qui se présentent concrètement dans la charpente de notre cas de recherche. Ainsi, nous avons élaboré deux questionnaires, l’un est destiné à certains employés de la FONKOZE comme échantillonnage pour l’institution de l’agence Ganthier et un autre pour les clients bénéficiaires d’un crédit. Ces personnes ont pu répondre au questionnaire et leurs réponses nous ont permis de recueillir des informations riches et spontanées et brutes, à notre travail. Avec cette technique, nous avons utilisé les questionnaires ouverts et les questionnaires fermés. Notre questionnaire a cherché le plus que possible a respecté les critères de : clarté de neutralité et de pertinence dont on exige d’un bon questionnaire. (Voir les deux questionnaires en annexe).
4.2.1.6- Technique d’interview
Nous utilisons comme technique d’interview les personnes qui sont capable de nous fournir les informations nécessaires et relatives à notre travail de recherche, de ce fait, nous utilisons les agent de crédit de la FONKOZE de Ganthier comme enquêteur aussi, afin de pourvoir nous aider à retrouver les clients, comme : les leaders de centre de crédit (Chèf Sant), les premiers responsables des membres du groupe pour les crédits solidaire (Manman Gwoup) et les autres clients choisies toujours d’une manière aléatoire. Au niveau de la succursale nous collectons quelques informations et explications sur l’institution à travers son portefeuille et son fonctionnement, par le biais des conversations avec les responsables et les autres travailleurs de la Branche.
4.2.1.7- Technique d’observation
La technique d’observation constitue une importante technique pour recueillir les données nécessaires à un travail. Elle permet un contact direct entre l’enquêteur et l’enquêté et aussi de vivre la réalité sur le terrain. Dans notre travail de recherche elle nous a permis de vérifier sur le terrain, que les crédits octroyés par le Service Financier Fonkoze S.A, contribue réellement au développement des clients à travers les activités informel dans la commune de Ganthier dans la période 2010-2016, face à l’amélioration de leurs conditions de vie après le séisme. De plus, elle nous a permis aussi d’obtenir les informations autres que celles apportées par les autres techniques.
4.2.1.8- Technique d’Échantillonnage
Comme nous l’avons déjà dit, nous avons choisi de manière aléatoire les individus qui seraient susceptible de répondre à nos questions, donc notre échantillonnage est probabiliste. Chaque membre en effet de la commune c’est-à-dire, l’ensemble des petits marchands de la commune de Ganthier et des sections communales ayant contracté un prêt à la FONKOZE avait une chance connue et non nulle de faire partie de notre échantillon, même si nous avons mis l’accent sur les leaders du groupe et les anciens clients, dans le but de diminuer le plus possibles notre marge d’erreur dans les informations recueillis. Chaque membre de l’échantillon a été soumis à un questionnaire qui comportait un ensemble de questions pour la plupart ouvertes, dans le souci de donner une plus grande liberté d’expression aux marchands. Elles portent la plupart d’entre elle sur des variables qualitatives et suscitent des réponses révélatrices.
Il nous a été difficile d’atteindre tous les clients des milieux ruraux et péri-ruraux dans laquelle œuvre les services financiers de FONKOZE à cause de faibles moyens financiers et du manque de temps, et l’accès difficile de la route; c’est pourquoi nous nous sommes servies de la technique d’échantillonnage pour analyser l’impact de l’évolution de cette institution sur le secteur informel.
L’Unité Statistique
Il est évident que l’unité statistique dans le cadre de nos entretiens est un petit commerçant faisant la fonction de négoce dans la commune de Ganthier et les sous-sections communales qui représente la base de notre échantillonnage. Mais celui-ci doit bénéficier d’un prêt dans la Branche FONKOZE de Ganthier dans l’intervalle 2010-2016.
Détermination de la taille de l’échantillon
En vue de bien mener notre étude nous avons fait recours à l’échantillonnage, c’est dans ce cadre que nous avons émises les hypothèses suivantes :
La distribution des clients est normale ;
Le niveau de confiance (C) est de 95%, (Selon COCHRAN G. (1997:32) cela peut égale même à 90%) ;
On estime la marge d’erreur (E) est de 5% ;
En plus, le nombre des clients susceptibles de répondre favorablement (P) reste le même que celui des non répondants (Q) c’est-à-dire que P = Q = 50%. On confirme cette hypothèse par rapport aux différentes formations faites par les agents de crédit et par le département de l’impact social de la FONKOZE, donc, ce n’est pas toute la majorité qui ont la capacité de bien comprendre l’évolution de leurs activités et de donné une explication aux questions posés dans le questionnaire.
Ainsi nous avons utilisé la formule de COCHRAN G (1977:75) ci-après pour déterminer le niveau de confiance pour un total de 95 clients;
n_c=(N×n_0)/(N+n_0 ), Ou
n_0=(z_(?/2)^2×P×Q)/E^2
Ou, N = 95, le nombre total des clients avec Z_(?/2)=1.96
Comme nous l’avons dit, dans les institutions de microfinance, on estime parfois le niveau de confiance à 90%, malgré que la vraie proportion de portefeuille à risque en microfinance est souvent comprise entre 2 et 10%.
Sélection des éléments de l’échantillon
Les éléments de l’échantillon sont sélectionnés de manière aléatoire. Nous avons ciblés quelques zones clés comme Marre-Roseau, Pays-Pourri, Lastique, Fond-Parisien, Galette Chambon et Balan pendant plus d’une semaine et nous sommes approchés et interrogés 95 anciens clients qui ont bénéficiés un crédit à la FONKOZE depuis en 2008 et le reste dans la période 2010 à 2016.
Maintenant voyons voir les ensembles de méthodes que nous utilisons dans notre recherche sur l’impact du microcrédit sur le secteur informel.
4.2.2- INTERPRETATION DES DONNEES
4.2.2.1- Données démographiques
Ici, nous allons établir la relation selon l’âge et le sexe de nos enquêtées du secteur informel.
1- Bénéficiaires de crédit par âge et sexe de 2010 à 2016 du secteur informel à Ganthier
Les bénéficiaires de crédit de la Branche FONKOZE de Ganthier sont des différents âges et des sexes différents. Le tableau suivant nous montre la catégorie d’âge et de sexe de bénéficiaire de crédit qui font partis du secteur informel. Le tableau ci-dessous nous donne les résultats suivants :
Tableau No. 9 : Effectif des enquêtés selon l’âge et le sexe
Sexe Féminin Masculin Ensemble Total en %
Age
18-30 46 2 48 51%
31-40 20 1 21 22%
41-50 13 1 14 15%
51-60 7 1 8 8%
61 et plus 4 0 4 4%
Total 90 5 95 100%
Total en % 95% 5% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Figure No. 2 : Effectif des enquêtés selon sexe et âge
Le tableau No. 9 ainsi que son graphique nous montre bien que la majorité de nos enquêtées du crédit FONKOZE est du sexe féminin qui nous donne un nombre de 90 personnes sur 95 enquêtées soit 95% et 5 personnes du sexe masculin soit 5% du nombre total des enquêtées, à noter que les enquêtées du sexe masculin font seulement parti du crédit Développement d’Entreprise (BD). Quant à l’âge des clients de la Branche de Ganthier, on constate que la majorité est comprise entre l’âge de 18 et 30 ans. Cette concentration regroupe 48 personnes dont 46 du sexe féminin et 2 personnes du sexe masculin soit 51% du total des bénéficiaires. Cela est justifié par le fait que le Service Financier Fonkoze favorise le crédit aux femmes parce qu’elle représente le moteur des familles surtout dans les zones ruraux.
2- Répartition des enquêtées selon l’âge et l’état civil
Comme nous allons le voir dans le tableau suivant, les clients de l’institution de FONKOZE Branche Ganthier ne sont pas tous de même état civil ni de même âge. Le tableau ci-dessous nous montre leur effectif selon leur âge et leur état civil.
Tableau No. 10 : Effectif des enquêtées selon l’âge et l’état civil
État Civil Célibataire Marié Divorcée Veuf (ve) Ensemble Total en %
Age
18-30 31 15 2 0 48 51%
31-40 7 11 2 1 21 22%
41-50 0 11 1 2 14 15%
51-60 0 5 0 3 8 8%
61 et plus 0 3 0 1 4 4%
Total 38 45 5 7 95 100%
Total en % 40% 47% 5% 7% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Figure No. 3 : Effectif des enquêtées selon l’âge et l’état civil
Le tableau No. 10 ainsi son graphique nous montre que 31 personnes soit 32.6% des enquêtés ont l’âge compris entre 18 et 30 ans sont célibataires. Quant à l’état civil, nous remarquons que 38 personnes soit 40% sont célibataires, 45 personnes soit 47% sont des mariées et cette catégorie état civil constitue la majorité de nos enquêtés, à noter qu’on retrouve la majorité de ses personnes dans les milieux les plus reculés de la commune. On a noté aussi que 5 personnes soit 5% sont divorcées, on retrouve ses enquêtées dans la section communale de Fond Parisien et Galette Chambon, et enfin on a 7 personnes soit 7% sont des veufs/veuves, il y a trois (3) de ses veuves que leurs maris sont morts dans le tremblement de terre. L’enquête nous montre que la majorité de nos enquêtées sont mariés et cela est justifie par le fait qu’ils ont une grande responsabilité de leurs familles.
3- La répartition des enquêtées selon le sexe et le niveau d’étude
Comme nous l’avons déjà dit, les bénéficiaires de ladite institution sont de sexes différents et ici nous allons voir leurs niveaux d’étude dans la commune.
Tableau No. 11 : Effectif des enquêtées selon le niveau d’étude et le sexe.
Niveau d’études Sans
Niveau Alphabét-isation Niveau
Primaire Niveau
Secondaire Niveau
Universitaires Total
Sexe
Féminin 57 7 18 5 3 90
Masculin 3 0 2 0 0 5
Total 60 7 20 5 3 95
Total en % 63% 7% 21% 5% 3% 100%

Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
D’après ce tableau nous constatons que, pour les 95 personnes enquêtées, seulement 33 personnes du sexe féminin ont un niveau d’étude ; dont 7 ont un niveau en alphabétisation, 18 ont fait l’école primaire, 5 personnes ont fait l’école secondaire et 3 personnes ont un niveau universitaire. Sur les 90 personnes du sexe féminin 57 enquêtés soit 63% n’ont aucune éducation scolaire. Cette échantillon nous montre le grand problème du taux d’analphabète dans le pays, la majorité de nos enquêtés sont compris entre 18 à 30 ans (48 personnes), donc nous avons une idée clair que la majorité de la jeunesse de la zone reculés n’ont pas accès a l’école, qui représente un facteur grave pour le développement de la commune. Parmi les 5 personnes du sexe masculin enquêtées, seulement 2 personnes avaient eu un niveau d’étude au niveau de la classe de primaire et les trois (3) autres n’ont aucun niveau d’étude. Malgré la faible participation des enquêtés du sexe masculin, la majorité ne sais ni lire ni écrire.
En général, nous constatons que nos enquêtées ont un niveau d’étude plus bas car la concentration est autour du niveau primaire et la majorité ne fréquente du tout une salle de classe. Ce qui explique que le secteur informel n’est concentré de personne qui ne s’active pas vraiment à l’éducation. Déjà l’alphabétisation est un outil incontournable à la préparation adéquate des personnes au marché de l’emploi et à la réalisation de chacun en tant que citoyen. Elle est capitale dans la création de conditions favorables à une économie florissante et à un sain exercice de la démocratie. Il est primordial de rompre le cycle de la sous-scolarisation et de l’analphabétisme par des investissements substantiels permettant de promouvoir la lecture au sein des familles, notamment celles vivant en milieux défavorisés. Si rien n’est fait, la majorité des nouveau-nés risque d’être analphabète, ce qui se traduit par une perte de capital humain inadmissible pour notre société. Il y a urgence d’agir!, car l’alphabétisation est un devoir de l’état.
4- L’effectif des enquêtées par âge, sexe et par l’objet de demande de crédit.
Lorsque les clients sollicitent des crédits, il ya toujours le pourquoi de la demande de ce crédit. Le tableau suivant nous montre l’effectif des bénéficiaires par âge, sexe et par leur type activités commercial. Ce tableau nous aidera aussi à mieux comprendre quel type d’activités du secteur informel qui sollicitera beaucoup plus de demande de crédit dans le bureau FONKOZE Branche Ganthier.
Tableau No. 12 : Effectif des bénéficiaires par âge, sexe et par leur Secteurs Activités.
Secteurs d’activités SEXE AGE TOTAL
F. M. 18-30 31-40 41-50 51-60 61 et plus Tot. Tot. en %
Commerce 26 2 14 8 2 3 1 28 29%
Production et vente de produits alimentaires 59 1 31 12 12 5 0 60 63%
Artisanat 0 0 0 0 0 0 0 0 0%
Petites industries 1 0 1 0 0 0 0 1 1%
Services 3 0 1 1 0 0 1 3 3%
Agricole 0 0 0 0 0 0 0 0 0%
Élevage 1 2 1 0 0 0 2 3 3%
Total 90 5 48 21 14 8 4 95 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Nous constatons que sur les 95 personnes enquêtés, le secteur d’activités de production et vente de produits alimentaires qui comprennent : les machann fritay, Marchandes manje kwit, petits métiers et autres, représente près de 63% de l’échantillon soit 59 femmes et un garçon enquêtés, dont la majorité est compris entre la tranche d’âge 18 à 30 ans (31 enquêtés). C’est le plus grand secteur commercial informel de Ganthier qui bénéficie un crédit à la FONKOZE et nous remarquons que la majorité de ses personnes font parties du Crédit Solidaire de l’institution. La catégorie Commerce qui comprend en partie : les boutiques, les snack-bars, les restaurants, boucherie, boulangerie, détaillant en tissus, en quincaillerie et autres, sont classés en deuxièmes position avec un effectif de 26 femmes et 2 garçons qui représentent 29% du total des enquêtées. Les clients qui pratique les activités comme la fabrique de blocs, de sachets, atelier de tailleur, cordonnerie, ébénisterie, ferronnerie, garage, ateliers de transformation agro-alimentaire qui font parties des petites industries représente seulement 1% des enquêtés, qui est une seule femme qu’on avait enquêté dans la zone de Fond Parisien. En ce qui concerne le secteur de service on retrouve seulement 3 femmes soit 3%, qui ont un salon de beauté à Croix-des-bouquets mais qui habite à Ganthier. Et on à aussi 3% des enquêtés qui font de l’élevage qui ont eu la chance de bénéficier un crédit à la FONKOZE branche Ganthier.
Mais il y a une chose qui attire notre attention dans cette analyse, malgré la FONKOZE est la plus grande institution de microfinance en Haïti qui évolue surtout dans le milieu rural avec 46 branches ou agences de crédit en septembre 2016. Elle n’a pas mis sur pieds une politique de crédit spécifique qui reflète l’image de la paysannerie comme crédit agricole ou crédit champêtre. Ce qui pourrait faire face à d’autre structures d’initiation pour financier un produit lié aux fonctionnements de l’agriculture. Et ceci pourra aider les agriculteurs à acheter des engrais, des matériels, des plantules etc. Déjà les problèmes d’insécurité alimentaire et de pauvreté prennent des proportions alarmantes dans le pays. Plus de 75% de la population vit dans une situation de pauvreté générale et plus de 58% dans la pauvreté extrême. Celle-ci frappe plus fortement les zones rurales qui abritent 63% de la population du pays. En général, dans la gamme des activités financées par les institutions de microfinance, l’agriculture ne représente que 20% de leurs prêts.
En 2008, les institutions financières qui ont prêté au secteur agricole ont connu des pertes considérables à la suite des quatre ouragans qui ont balayés Haïti ces dix dernières années. À cet égard, les institutions qui octroient des prêts agricole sont vraiment rares, ce secteur n’a pas un système d’assurance qui est mis en place afin de minimiser les risques encourus. Le séisme du 12 janvier 2010 survient dans un contexte de reconstitution post cyclone et vient fragiliser davantage le système de crédit par les dommages causés au niveau des structures des institutions financières. En regardant le résultat de notre enquête nous nous posons cette question, est ce qu’Haïti peut avoir un vrai développement durable si on octroi pas de crédit au secteur agricole? Car on dit toujours que nous sommes un pays essentiellement agricole. On a aucun (0%) des prêt qui sont alloués à ce secteur dans la commune de Ganthier et 0% prêt au secteur artisanal de notre échantillon sur les clients qui ont bénéficier un crédit dans l’intervalle 2010 à 2016.
4.2.2.2- Données Socio-économiques
1- La répartition des bénéficiaires par âge et par nombre de repas par jour.
Ici nous allons montrer à travers le tableau ci-dessous comment les bénéficiaires des crédits offerts par la FONKOZE branche Ganthier leur aider à avoir une meilleur condition de vie au niveau alimentaire par le biais de ses activités économiques informel.
Tableau No. 13 : Répartition des bénéficiaires par âge et par nombre de repas par jour des clients du secteur informel (avant le crédit).
Age 1 fois / jours 2 fois / jours 3 fois / jours Ensemble
18-30 29 16 3 48
31-40 11 8 2 21
41-50 10 4 0 14
51-60 6 2 0 8
61 et plus 3 1 0 4
Total 59 31 5 95
Total en % 62% 33% 5% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
D’après ce tableau No. 13 nous constatons que 59 bénéficiaires soit 62% des enquêtés assurent un (1) seul repas par jour contre 33% et 5% qui n’en prennent que deux et trois repas par jours respectivement. Toujours selon l’enquête les bénéficiaires qui ont compris entre la tranche d’âge de 41 et plus n’ont pas accès de se nourrir 3 fois par jours. Donc on a pu constater le faible revenu que possède les clients occasionnent le faible moyen de se nourrir d’une manière saine et convenable 3 fois par jours avant qu’ils ont bénéficiés un crédit. Maintenant voyons voir si le crédit peut faire varier le taux de repas par jours des bénéficiaires.
Tableau No. 14: Répartition des bénéficiaires par âge et par nombre de repas par jour des clients du secteur informel (après le crédit).
Age 1 fois / jours 2 fois / jours 3 fois / jours Ensemble
18-30 0 34 14 48
31-40 0 16 5 21
41-50 0 10 4 14
51-60 0 6 2 8
61 et plus 0 2 2 4
Total 0 68 27 95
Total en % 0% 72% 28% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Le tableau No.14 nous montre qu’après avoir bénéficié un crédit pour augmenter leurs activités commerciales informelles, les personnes ne mangent plus une fois par jour. Ici nous remarquons qu’actuellement la majorité (68) de nos enquêtés, mangent 2 fois par jour et le reste 27, soit 28% des clients bénéficiaires mangent 3 fois par jour. Cela nous explique que les bénéficiaires de ce crédit ont amélioré leur alimentation (quantitativement).
Donc, si le crédit peut nous conduire à l’amélioration des conditions de vie des bénéficiaires en procurant 2 ou 3 repas par jour, compte tenu que ses enquêtés sont tous des bénéficiaires d’un crédit à la FONKOZE branche Ganthier, et déplus ses bénéficiaires sont tous des petits marchands qui fonctionnent dans l’informel. De ce fait, nous pouvons dire que: La politique de crédit des institutions de microfinance à un impact positif sur le secteur informel, principalement les exclus du système classique bancaire. Vérifiant une fois de plus notre première hypothèse, parce que si leurs activités commerciales ne fonctionnent pas vraiment bien. Ils n’auront pas la possibilité de leur offrir deux (2) ou trois (3) repas par jour.
Maintenant nous voulons savoir si réellement le crédit octroyés dans les activités du secteur informel peut faire augmenter le revenu des bénéficiaires, ce que nous allons voir dans la section des tableaux suivants.
2- Apport des crédits offerts suivant l’augmentation du revenu des clients
Le tableau suivant nous montre l’apport des crédits octroyés par FONKOZE branche Ganthier pour l’augmentation du revenu des bénéficiaires semestriellement. Nous avons choisis de faire nos analyses sur une base semestrielle des revenus compte tenu la majorité des prêts octroyés par la FONKOZE sont toujours pour une période de 6 mois. Donc nous voulons savoir dans le cadre de notre recherche, si après l’échéance du crédit les clients ont un revenu qui lui reste, jusqu’avant qu’ils ont bénéficiés un nouveau prêt. Analysons d’abord leur niveau de revenu des enquêtés avant l’octroi du prêt de la FONKOZE dans le tableau suivant.
Tableau No. 15 Répartition des bénéficiaires par âge et par montant du revenu (avant le crédit).
Age Revenu des Bénéficiaires de crédit / Montant en Gourdes
1,000-10,000 10,001-25,000 25,001-50,000 50,001 et plus Ensemble
18-30 36 11 1 0 48
31-40 11 7 3 0 21
41-50 8 6 0 0 14
51-60 4 3 1 0 8
61 et plus 2 2 0 0 4
Total 61 29 5 0 95
Total en % 64% 31% 5% 0% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Avant de bénéficier le crédit, la majorité des clients de la microfinance FONKOZE branche Ganthier avait un revenu inférieur de moins de 10,001 gourdes, soit un total de 61 clients sur 95 pour un taux de 64% des bénéficiaires et nous remarquons aussi que personne n’avait un revenu de plus de 50,001. Donc cela explique la faible quantité de personnes qui sont capable de manger 2 à 3 repas par jours dans le tableau No. 13 avant le crédit.
Tableau No. 16 Répartition des bénéficiaires par secteur âge et par montant du revenu (après le crédit).
Age Revenu des Bénéficiaires de crédit / Montant en Gourdes
1,000-10,000 10,001-25,000 25,001-50,000 50,001 et plus Ensemble
18-30 13 21 6 8 48
31-40 3 12 5 1 21
41-50 1 6 5 2 14
51-60 2 5 1 0 8
61 et plus 0 2 1 1 4
Total 19 46 18 12 95
Total en % 20% 48% 19% 13% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Ce tableau No. 16 nous montre bien qu’après avoir bénéficié le crédit offert par cette institution et l’investir dans leur activités informel, la majorité des bénéficiaires gagnent un revenu de plus de 10,001 gourdes contrairement à la situation d’avant et il représente 48% du total des bénéficiaires. De plus nous constatons une forte augmentation dans les autres intervalles de revenu: la tranche de revenu compris entre (10,001-25,000) passes de 31% à 48% et l’intervalle (25,001-50,000) passe de 5% à 19%, D’après ces deux (No. 15 et No.16) ci-haut, nous pouvons conclure que ce crédit a été générateur de revenu car avant l’obtention de crédit aucun bénéficiaire (0%) n’avait un revenu de plus de 50,001 gourdes, mais après avoir bénéficié un crédit et l’investir dans l’activité commercial informel, un pourcentage de 13% de nos enquêtés en ont bénéficié un revenu a ce niveau, mais il faut noter que ses 13% des enquêtés sont tous des clients les plus anciens dans le système de crédit de la branche depuis en 2008.
4.2.2.3- L’amélioration d’habitation
Les tableaux suivants vont nous montrer si, l’accroissement des commerces informels des habitants de la commune de Ganthier, ont amélioré leur habitation grâce à la bonne mobilisation des crédits bénéficiés auprès de FONKOZE.
1- Tableau No. 17 : Répartition des bénéficiaires par secteur, âge et par propriétaires des maisons (avant le crédit).
Age Propriétaires Locataires Ensemble
18-30 21 27 48
31-40 14 7 21
41-50 7 7 14
51-60 6 2 8
61 et plus 4 0 4
Total 52 43 95
Total en % 55% 45% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
D’après ce tableau, nous constatons qu’avant de bénéficier un crédit, 55% des enquêtées étaient des propriétaires contre 45% qui n’avaient pas leurs propres maisons. L’étude nous a montré que la majorité des gens reculés ont leur propre maison même si toutes les normes ne sont pas respectées en termes de plan sanitaire.
Tableau No. 18 : Répartition des bénéficiaires par âge et par propriétaires de maisons (après le crédit).
Age Propriétaires Locataires Ensemble
18-30 41 7 48
31-40 18 3 21
41-50 11 3 14
51-60 8 0 8
61 et plus 4 0 4
Total 82 13 95
Total en % 86% 14% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Ce tableau nous montre bien qu’après avoir bénéficié un crédit à la FONKOZE Ganthier et faire accroitre leur très petites entreprises informel 14% seulement des enquêtées restent locataires contre 86% qui ont leurs propres maisons.
Figure No. 4 : Répartition des bénéficiaires par âge et par propriétaires de maisons (avant le crédit)

Référence tableau No. 17

Figure No. 5 : Répartition des bénéficiaires par âge et par propriétaires de maisons (après le crédit)

Référence tableau No. 18
En comparant les deux figures (No. 4 et No. 5), nous constatons que le crédit à contribuer à l’obtention des maisons car le nombre de locataire est passé de 43 à 13 enquêtés. Selon le résultat de notre enquête, la majorité de ceux qui avaient leurs propres maisons les ont améliorées de façon plus ou moins moderne en ajoutant des latrine et des citernes par exemple.
Tableau No. 19 : Distribution par sexe des logements selon le mode d’éclairage par accès à l’électricité (Avant le crédit).
Modes d’éclairage Accès à électricité par sexe TOTAL
Féminin Masculin Tot. Tot. %
Génératrice / Inverter /Énergie solaire 0 0 0 0%
Bougie 39 1 40 42%
Lampe à kérosène / Tête gridap 42 1 43 45%
Lampe à gaz propane / Lampe rechargeable / Autres 5 3 8 8%
Aucune 4 0 4 4%
Total 90 5 95 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
L’électricité et l’énergie en général sont des facteurs essentiels du développement durable dans n’importe quel pays. En effet, l’électricité est à la fois un facteur de développement économique social et humain. En Haïti seuls 30% des Haïtiens ont accès à l’électricité; en milieu rural, le chiffre n’est que 6%. Nous le constatons dans notre enquête que les gens n’ont pas accès à l’électricité, ils utilisent des bougies en grande quantités pour éclairer leur maison soit environs 42% de ses enquêtés. Mais la majorité des clients de l’échantillon utilisent des lampes têtes gridap, bobèches et des lampes à kérosène qui représentent 45% du total des enquêtés. On a pu constater aussi que 4 de nos enquêtés utilisent aucune source d’énergie.
Tableau No. 20 : Distribution par sexe des logements selon le mode d’éclairage par accès à l’électricité (Après le crédit).
Modes d’éclairage Accès à électricité par sexe TOTAL
Féminin Masculin Tot. Tot. %
Génératrice / Inverter /Énergie solaire 2 2 4 4%
Bougie / Balaine 14 1 15 16%
Lampe à kérosène / Tête gridap 17 1 18 19%
Lampe à gaz propane / Lampe rechargeable / Autres 57 1 58 61%
Aucune 0 0 0 0%
Total 90 5 95 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Après que les clients ont bénéficiés un crédit nous pouvons constater qu’il y a une très forte évolution au niveau de leur mode d’éclairage; on a environ 58 des enquêtés soit 61% de l’échantillon qui ont la possibilité d’utiliser une lampe rechargeable, selon une chef de centre de crédit, cela est rendu possible grâce à un partenariat que la FONKOZE à développer avec le MICAMA, pour vendre des lampes solaire rechargeable aux clients des zones éloignés à des prix abordables. Dans ce tableau on a pu constater aussi que le nombre des clients qui utilisent des bougies passe de 40 à 15 et ceux qui utilisent des lampes têtes gridap et bobèches passe de 43 à 18. Malgré le faible moyen des clients on constate que le crédit octroyé à ces derniers leur permettront d’avoir une meilleure condition d’éclairage, même si ce n’est pas assez significatif compte tenu l’ampleur d’électricité dans le développement d’un pays. Mais par rapport à notre enquête, nous pouvons confirmer que le crédit dans le secteur informel permet non seulement une inclusion économique participative, mais aussi peut aider aux gens d’avoir une condition meilleure pour contourner le système d’éclairage ancien et utilise maintenant celui d’une technologie qui répond aux normes du monde actuel.
4.2.2.4- La capacité d’accéder aux soins médicaux.
Le crédit offert par la FONKOZE branche Ganthier à beaucoup contribué à l’amélioration des conditions de santé de la population. En leur accompagnent et en leur facilitant l’accès aux soins médicaux nécessaires et modernes. Mais il faut noter que l’institution à son propre programme de santé surnommé Boutique de Santé (Boutik Santé) par le biais de la Fondation qui constitue un accompagnement pour bonifier l’utilisation du crédit. Qui vise à diminuer le nombre de femmes et d’enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition en s’appuyant sur le réseau de magasins de santé communautaire (Boutik Santé) de la Fondation FONKOZE . Mais nous nous consacrons notre recherche sur l’analyse du crédit octroyé par les bénéficiaires qui peuvent occasionner un meilleur soin médical, les tableaux suivants donnent un résumé.
Tableau No. 21: Répartition des bénéficiaires par âge et par moyen de se faire soigner (avant le crédit).
Age Centre médical et pharmaceutiques Médecin traditionnel et autres Ensemble

18-30 18 30 48
31-40 7 14 21
41-50 4 10 14
51-60 6 2 8
61 et plus 3 1 4
Total 38 57 95
Total en % 40% 60% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
D’après ce tableau, nous constatons qu’avant de bénéficier le crédit, 57 personnes soit 60% de la population enquêtées avaient le problème de se faire soigner. Les raisons principales évoquées par cette population sont le manque de moyens financiers et le long parcourt à franchir pouvant atteindre un centre médical. C’est pourquoi certains préfèrent utiliser la médecine traditionnelle, et la majorité préfère aller dans un péristyle au lieu de se rendre à un centre de santé. Mais pour la tranche d’âge 51-60 et 61 et plus, la majorité de ses gens enquêtés ont un minimum de moyens pour fréquenter un centre de santé.
Tableau No. 22 : Répartition des bénéficiaires par âge et par moyen de se faire soigner (après le crédit).
Age Centre médical et pharmaceutiques Médecin traditionnel et autres Ensemble

18-30 31 17 48
31-40 15 6 21
41-50 11 3 14
51-60 7 1 8
61 et plus 3 1 4
Total 67 28 95
Total en % 71% 29% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Ici le constat est que 71% des enquêtées ont pu satisfaire leurs besoins en santé, alors que, 29% seulement des enquêtées utilise encore la médecine traditionnelle et autres, parce que pour certain la médecine traditionnelle et aller dans un péristyle pour se faire soigner reste et demeure une affaire de culture et d’habitude que la majorité des gens ne voulait pas changer. Malgré considéré comme telle, elle apporte parfois un minimum de guérison particulière.
Si ont compare les deux tableaux (No. 21 et No. 22), nous remarquons que grâce aux crédits octroyés par l’IMF FONKOZE branche Ganthier, les bénéficiaires ont amélioré leur niveaux de santé, en passant de 60 % à 29% pour ce qui se faisaient soigner dans la médecine traditionnelle et de 40% à 71% pour ceux qui faisaient recours aux centres médicales et pharmaceutiques. Ces bénéficiaires utilisent leur propre argent pour aller procurer des soins médicaux, donc nous pouvons dire que le crédit à un impact positif sur l’amélioration de condition de santé de la population de Ganthier pendant la période 2010-2016 qui confirme toujours notre hypothèse d’étude.
4.2.2.5- L’évolution en éducation
Un certain nombre des clients de la microfinance FONKOZE branche Ganthier a amélioré le niveau d’étude de leur enfant d’une façon intéressante grâce au crédit offert par cette dernière comme le montre les tableaux ci-dessous.
Tableau No. 23 : Répartition des bénéficiaires par âge et la capacité de payer les frais scolaires de leurs enfants (avant de bénéficier le crédit).
Age Capable de payer les frais scolaires Frais payer par les autres Pas de moyen pour payer Ensemble

18-30 11 10 27 48
31-40 5 9 7 21
41-50 2 8 4 14
51-60 1 6 1 8
61 et plus 3 1 0 4
Total 22 34 39 95
Total en % 23% 36% 41% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Ce tableau No. 23 nous montre qu’avant de bénéficier le crédit, 23% des enquêtées étaient capables de payer les frais scolaires des leurs enfants, 36% sont aidés par d’autres personnes ou par des organisations, mais on constate que 39 de nos enquêtés soit 41% représentait la majorité, n’ont pas accès a une salle de classe, qui est vraiment grave pour Haïti où nous sommes en plein 21ème siècle, dont il y a tant de ménages qui ne pouvait pas prendre en charge l’éducation de ses enfants.
Tableau No. 24: Répartition des bénéficiaires par âge et la capacité de payer les frais scolaires de leurs enfants (après avoir bénéficié le crédit).
Age Capable de payer les frais scolaires Frais payer par les autres Pas de moyen pour payer Ensemble

18-30 31 5 12 48
31-40 13 4 4 21
41-50 10 3 1 14
51-60 5 3 0 8
61 et plus 4 0 0 4
Total 63 15 17 95
Total en % 66% 16% 18% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
D’après ce tableau No. 24, nous constatons qu’après avoir bénéficié le crédit, 63 des enquêtés soit 66% paie les frais scolaires par lui-même, 16% sont aidé par d’autres et on constate une forte diminution du taux des personnes qui n’ont pas de moyen pour payer les frais des scolarités soit 18% du total des enquêtés.
En analysant les tableaux (No. 23 et No. 24), nous constatons que les enquêtés qui sont incapables de payer les frais scolaires des enfants sont passés de 41% à 18%, ceux qui étaient aidés par les autres sont passés de 36% à 16 %, enfin ceux qui était capables de payer les frais scolaires de leurs enfants sont passés de 23% à 66%. Ici on peut conclure que grâce aux crédits offerts, il ya eu amélioration au niveau de l’éducation des enfants des clients.
Mais nous constatons aussi malgré la distribution du crédit pour aider les gens du secteur informel à avoir de croit pour augmenter leurs activités économiques, il y a toujours ceux qui ne peuvent pas répondre aux exigences de payer les frais de scolarités des enfants, ceci nous pousse à réfléchir et poser la question suivante : est-ce que le montant octroyé du crédit par les gens sont suffisants pour les aider à subvenir à leurs besoins ?
4.2.2.6- Emploi Indirect générés.

Dans les tableaux suivants nous représentons la répartition de nos enquêtés selon la réponse donnée par rapport a leur capacité de générés des emplois indirect dans l’économie du secteur informel.
Tableau No. 25 : Répartition des bénéficiaires par âge et par emplois générés dans le secteur informel (avant le crédit).

AGE Nouveaux emplois indirect générés Ensemble
0 Emploi 1 Emploi 2 Emplois 3 Emplois
18-30 45 3 0 0 48
31-40 19 1 1 0 21
41-50 10 4 0 0 14
51-60 7 1 0 0 8
61 et plus 3 1 0 0 4
Total 84 10 1 0 95
Tot. % 88% 11% 1% 0% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
Avant de bénéficier le crédit de la FONKOZE et faire évoluer ses activités informels, 88% de la population questionnées ne pouvaient créer aucun emploi indirect, et aucune personne n’avait pas la possibilité de créer aussi 3 emplois. D’après ce tableau No. 26 nous remarquons seulement 11 de nos enquêtés qui crées des emplois dans le secteur informel.
Tableau No. 26 : Répartition des bénéficiaires par âge et par emplois générés dans le secteur informel (après le crédit).
AGE Nouveaux emplois indirect générés Ensemble
0 Emploi 1 Emploi 2 Emplois 3 Emplois
18-30 31 15 2 0 48
31-40 14 6 1 0 21
41-50 8 5 1 0 14
51-60 5 1 1 1 8
61 et plus 2 2 0 0 4
Total 60 29 5 1 95
Tot. % 63% 31% 5% 1% 100%
Source : Résultat de notre enquête, Juillet 2017
En analysant ce tableau No. 26, nous constatons que 35 enquêtés ne sont pas dans la même situation d’avant l’obtention de crédit de cette institution pour agrandir son commerce. 31% des enquêtées génèrent au moins un emploi 5 génèrent au moins deux (2) emplois et il y a quand même l’un parmi nos enquêtés qui génère au moins 3 emplois après avoir bénéficié ce crédit compte tenu de son évolution de ses activités commerciales.
En comparant les deux tableaux (No. 25 et No. 26), nous constatons que malgré l’obtention du crédit, ceux qui ne peuvent pas créer de l’emploi sont toujours à un niveau très élevés ils passent de 88% à 63%, et ceux qui ne pouvaient pas créer plus de 3 emplois est passé de 0% à 1% ; malgré le faible taux, mais cela nous montre qu’il y a eu création d’emploi grâce aux crédits offerts par la microfinance FONKOZE de Ganthier dans le secteur informel, et ce tableau aussi nous aide une fois de plus a vérifier notre hypothèse qui stipule que: la distribution de financement venant des microcrédits permet de réduire le chômage dans la zone Ganthier. Même si nous constatons que cette distribution est loin pour favoriser le plein d’emploi selon notre recherche. Mais toute fois, le secteur informel est reconnue par tous les pays envoie de développement comme une source d’emplois. Ce secteur est pourvoyeur d’emplois. Il permet de suppléer au manque de structures publiques et privées capables de recruter la main d’œuvre disponible. En Haïti et notamment a Ganthier, il permet d’éviter les crises sociales.
Dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, le secteur informel se développe à un rythme très rapide compte tenu du nombre très faible d’entreprises privées existantes et du nombre de diplômés mis sur le marché de l’emploi. La faible création des entreprises privées ont conduit inévitablement à une main d’œuvre disponible sur le marché de travail. Il constitue l’une des causes de l’expansion de l’économie informelle dans la mesure où, en plus des analphabètes, des gens instruits en attente d’un emploi et des licenciés d’entreprises trouvent refuge dans ce secteur à cause de l’incapacité des économies à créer le nombre d’emplois nécessaires pour absorber la main-d’œuvre, l’informel est très atomisé : dans les pays en Afrique 98 % des entreprises sont unipersonnelles .

CONCLUSION & RECOMMANDATIONS
Il était question dans ce travail de voir les différents chocs qu’engendre la microfinance sur le secteur informel dans la commune de Ganthier au cours de la période 2010-2016. On a pu montrer que ses impacts sont à la foi positif et négatif sur le secteur informel en Haïti, mais toutes fois il faut noter que les impacts positifs sont plus visibles et plus significatifs sur la population en occurrence les très petites entreprises, car il permet à l’amélioration des conditions de vie des petits marchands et favorise la réduction du taux de chômage tandis que les impacts négatifs sont liés précisément à la politique de la production nationale et le manque de crédit dans le secteur agricole. En somme, la microfinance joue un rôle de levier de développement du secteur informel en Haïti. Pour cela, une série de questions dans notre problématique nous ont servie comme fil conducteur au début de ce travail pour mener à bien notre recherche.
Nous avons présenté et analysé le développement de la microfinance à travers le monde d’une manière générale et Hatti en particulier à travers son origine et ses impacts sur le développement économique d’Haïti. Et démontré tout au long de notre problématique, que la microfinance a créé des conceptions nouvelles dans la pratique du crédit dans l’économie haïtienne et répond à un grand besoin de financement du secteur informel. Nous avons par ailleurs présenté la microfinance en tant qu’élément pouvant jouer un rôle dans la relance économique du pays, et présenté le cas d’Haïti après le tremblement de terre du 12 Janvier 2010, car grâce à la distribution de l’encours de crédit, qui occasionne un signe pour supporter les plus marginalisés dans la lutte de réduction de la pauvreté avec la création de nouveaux pouvoir d’achat réel et en étant le principale partenaire financier des très petites entreprises formel et informel.
Nous avons poursuivi pour montrer que la micro finance est incontournable, pouvant jouer un rôle important dans la relance économique du pays. En analysant en peu de ligne quelques impacts positif et négatif de l’informel. Sur les entreprises de la commune et de plus, regarder si ses impacts peuvent liés réellement à l’amélioration de la vie de ses bénéficiaires du point de vue social et économique. Car les IMF tissent des liens socio-économiques qui favorisent l’esprit d’initiative, l’émergence de nouveaux entrepreneurs dans l’économie. D’où cette émergence de la microfinance apparaît comme un secteur intermédiaire pouvant satisfaire les besoins de services financiers pour la majorité de ceux qui n’ont pas accès au secteur bancaire classique afin de leur octroyer des crédits qui leur permettre en retour à avoir accès: à l’électricité, aux soins de santé, a l’alimentation à l’éducation etc. De par ce constat, on a validé l’une de nos hypothèse à savoir que la politique de crédit à un impact positif sur le secteur informel, et à la fin de ce chapitre nous avons avancés théoriquement que non seulement il y a un impact positif sur la vie des gens, la distribution de ses crédits favorise aussi à la création de l’emploi dans l’économie qui permet aussi de validé notre deuxième hypothèse de travail, donc cela implique que la microfinance permet un développement accru des activités du secteur informel via le crédit. De ce fait, notre analyse nous permet de confirmer notre troisième hypothèse de travail.
Et pour terminer, nous avons fait une brève présentation de l’institution et puis nous avons analysé les résultats de l’enquête qui a été faite auprès des bénéficiaires de la microfinance FONKOZE Ganthier qui bénéficie un crédit de 2010 à 2016. On a pu constater que le crédit permet aussi à l’augmentation des pourvoir d’achat des gens, parce qu’ils auront beaucoup plus de capacité à subvenir à leurs besoins primaire en récoltant des bénéfices dans les activités informel. Les tableaux 20 à 24 montrent que le crédit a un effet positif sur la vie des enquêtés, on a fait notre analyse avant et après le crédit et cela nous permet de constater qu’après l’encours du crédit ses conditions de santé, accès à l’école pour leur enfants, accès à la nourriture s’améliore considérablement d’une manière quantitative. Ce constat nous permet une fois de plus de dire que: la politique de crédit des institutions de microfinance à un impact positif sur le secteur informel, car ils contribuent de manière significative au développement socio-économique de la population Ganthieroise par rapport a l’évolution du secteur informel.
Le travail nous a montré que la microfinance s’est développée en tant qu’approche de développement économique et s’intéresse spécifiquement aux populations à faible revenu accroitre les activités informel ou formel via sa continuité dans l’avancement d’un monde économie de proximité au plus marginalisés. En effet, on a vu aussi que l’institution de microfinance FONKOZE est lancé avec la motivation initiale de réduire la pauvreté et prennent des mesures pour s’assurer que les gens très pauvres soient desservis surtout en milieu rural. En Haïti, comme dans les pays en Afrique, la majorité des demandes financières des entrepreneurs de petite taille, ne sont pas satisfaites par les banques classiques. Leur financement, pour la plupart du cas, est assuré par la microfinance, donc nous pouvons dire que « la microfinance engendre le développement de l’économie informelle » qui est notre troisième hypothèse qui nous permet de conclure notre travail. Ainsi, sur base de ses résultats, nous pouvons affirmer que la contribution de crédit a été significative dans presque tous les domaines mais à côté des résultats d’une manière globale on peut poser cette question ; est ce que la microfinance via l’économie informelle peut favoriser la croissance économique en Haïti ? Cette question reste sans réponse dans notre travail et comme tout travail de recherche scientifique notre sujet mérite d’être approfondir au mieux, donc le débat reste ouvert. Déplus à la lumière de ce constat nous nous sommes permis de formuler les recommandations suivantes :
RECOMMANDATIONS
C’est un fait avéré que les entreprises informelles ont un poids énorme dans le tissu des entreprises haïtiennes et qu’elles peuvent amplement promouvoir la croissance économique, aider l’augmentation du pouvoir d’achat. Telles qu’elles sont maintenant, avec toutes ces faiblesses qui les caractérisent, leur assigner une tâche pareille est illusoire. Pour atteindre un seuil appréciable de productivité et de compétitivité, nous envisageons certaines révisions au niveau de leur fonctionnement.
En effet, nous recommandons, une restructuration sur le plan organisationnel et managérial de l’activité informel. Cela implique pour les TPE de se doter du statut d’entreprise et d’intégrer, de manière formelle, les fonctions fondamentales de l’entreprise. Car, il y a une interrelation entre les différentes fonctions, la convergence des orientations concourantes à la rentabilité des affaires. Sans peur d’être taxé d’orthodoxie, nous avançons que les conditions d’expansion des TPE haïtiennes doivent passer par une restructuration sur le plan managérial et organisationnel.
Au niveau des Institutions de microfinance, nous faisons les recommandations suivantes :
Intégrer d’autres produits financiers dans la gamme de services offerts, sur une base de pérennité, suivant la vision du système financier accessible à tous, prôné par les Nations Unies et le CGAP. Vision selon laquelle : « un monde dans lequel les pauvres bénéficient d’un accès permanent à une large gamme de services financiers de qualité, délivrés par différents types d’institutions par le biais d’une variété de mécanismes adaptés ». Ces services sont entre autres : la micro assurance, l’épargne, crédit-bail, financement de l’habitat et d’autres services non-financiers comme un encadrement technique pour la bonne conduite des affaires. Car d’après le principe numéro #1 des principes clés du CGAP: « les pauvres ont besoin de toute une gamme de services financiers et non seulement des prêts, des services d’épargne, d’assurance et de transfert d’argent ».
Offrir des montants de crédits plus flexibles adaptés aux besoins et aux possibilités des personnes marginalisées et des groupes vulnérables, en vue de permettre un changement radical auprès des acteurs du secteur informel, de faciliter l’accès au microcrédit à un plus grand nombre de personnes.
Étendre le financement sur d’autres secteurs de l’économie, à côté du secteur du commerce.
Augmenter la maturité des prêts en diversifiant des prêts à court terme, à moyen terme et à long terme, donc, des prêts très adaptables aux besoins des commerçants suivants leur activités.
Augmenter le volume du portefeuille de crédit pour toucher plus de clients possibles.
Développer des services financiers spéciaux pour les étudiants, diplômés des écoles de sciences économiques et des sciences de la gestion ou autres, désireux de trouver du financement pour se lancer en affaires. Cela sera possible en construisant un partenariat avec les écoles et les universités de la place.
L’institution FONKOZE devrait avoir un crédit d’agri-élevage car la majorité de la population dans le monde rural vivent de l’agriculture et de l’élevage.
Au niveau de l’État, il doit jouer sa partition dans les niveaux suivants :
L’état droit construire des marchés publics pour aider les marchand(e)s à laisser les trottoirs et les rues qui représentent un danger non seulement pour eux, mais aussi pour les passagers. Cela pourrait apporter à l’état des revenus aussi, en faisant payer des cotisations pour les places du marché et de plus avoir un contrôle beaucoup adéquat du déroulement du commerce informel des rues. Pour un développement substantiel des activités de microfinance et une expansion des entreprises, l’État doit intensifier les infrastructures comme les routes, l’électricité, l’eau, les aéroports pour ne citer que ceux-là. Et en termes de services publics, on peut noter, entre autres : la sécurité et les facilités pour les formalités administratives et légales.
La BRH devrait mettre en œuvre un cadre réglementaire adéquat. On a révélé que le secteur de la microfinancé ne fait l’objet d’aucune disposition légale. Ce qui constitue un goulot d’étranglement au fonctionnement efficace du système. Claude Falgon, dans son étude intitulée « Cadre juridique des institutions de microfinance non-coopératives », fait une complète des recommandations en faveur d’une législation des activités de microfinance, particulièrement dans le secteur non-coopératif.
Formaliser certains activités informels. En effet, beaucoup de TPE préfèrent ne pas se formaliser, parfois, pour fuir le fisc mais aussi pour éviter l’État. On lui reproche son comportement de prédateur. Dès fois, au lieu de faire marcher les affaires, les interventions publiques les handicapent. Dans cette situation, les acteurs et l’État jouent le chat et la souris. Conséquemment, il est impossible d’impulser un mouvement de croissance économique durable.
Élaborer une politique nationale de microfinance et aussi intégrer la notion des entreprises du secteur informel dans la formulation de politiques économiques.
Au niveau des Institutions partenaires internationales, ils devront agir en ces termes :
Apporter des capacités techniques pour un transfert de compétence, en partageant d’autres expériences qui ont réussi ailleurs, aux acteurs locaux.
Participation au capital des IMF pour toucher plus de gens défavorisés du Pays, particulièrement celles qui sont dans des secteurs à fort potentiel de développement économique et social.
Financement des projets-pilotes. On sait que les IMF haïtiennes n’offrent que, dans leur quasi-totalité, le microcrédit. Pour lancer d’autres produits financiers au public, il faut les tester. On sait aussi que les IMF font face à des problèmes de moyens. Dans ce cas, les institutions partenaires internationales, dans le cadre d’une coopération, supporteraient ces projets.
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34- MEF, DEE, Situation économique, financière, sociale en Haïti en 2013 et perspectives à court terme, Port-au-Prince, 2014, 122p.
35- MICHEL Lelart, de la finance informelle à la microfinance. AUF et Éditions des Archives Contemporaines, 2006, HAL. 30 Mars 2006, 62p.
36- ONU, Construire des secteurs financiers accessibles à tous, New York, Nations-Unies, 2006, 202p.

37- PIARD, Frantz, Construire le mémoire de sortie, méthodes, procédés et procédures, Port-au-Prince, Ed. Duvalsaint, 2004, 300p.
38- REPUBLIQUE D’HAITI, Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté DSNCRP (2008-2010), POUR REUSSIR LE SAUT QUALITATIF, 2007, 167P.
39- REPUBLIQUE D’HAITI, Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, Politique Macroéconomique et Pauvreté en Haïti (1981-2003), Port-au-Prince, 2006, 151p.
40- REPUBLIQUE D’HAITI, Ministère de l’Économie et des Finances, Institut Haïtien de Statistique et d’Informatique, Enquête sur les conditions de vie en Haïti (ECVH), Port-au-Prince, vol II, 2001, 408p.
41- ROSEMAN Aspilaire1, Université Paris-Est Créteil, Économie informelle en Haïti, mesures macroéconomiques et impacts sur le PIB, 16p.
42- ROUBAUD F., (1992), La dynamique du secteur informel urbain au Mexique : le rôle de la mobilité intersectorielle, Revue Tiers-Monde., 132 (33), 893-924.
43- UN, (2007), Étude sur le secteur informel et de l’emploi informel en Afrique, United Nations (Economic and Social Council)
44- UP, Université de Port-au-Prince, Faculté des Sciences Administratives (FSA), mémoire sur « Stratégie de financement informel en Haïti : le cas des tontines (SOLS) dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince » réalisé par : Walande CORRIER, Dominique DAUDIER, Frantz DERONET, pour l’obtention du grade de licenciés en Sciences Comptables, sous la direction de : M. Maxon JULIEN. Juin 2015, 79p.
45- USAID, Direction des Institutions de Microfinance Haïtiennes, Introduction du secteur de la microfinance Haïtien, sous le projet Haïti MSME, Octobre 2008. 37p.
46- USAID, Recensement sur l’industrie de la microfinance haïtienne, Port-au-Prince, Février 2011, 77p.
47- YVES, Clément Jumelle, Identification de mesures et mécanismes à privilégier pour la promotion des micro, petites et moyennes entreprises, Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, Port-au-Prince, 2000, 56p.
ANNEXE : Questionnaires d’Entretien
Enquête sur l’Institution FONKOZE
Date de l’entretien:
Nom et prénom de l’enquêteur:
Numéro de téléphone de la personne interrogée:
Section Communale:
Profil de la personne interrogée
1. Sexe

2- Vous êtes un (e) ________________:
Stagiaire Employé (e)

3- Depuis combien de temps travaillez-vous à la FONKOZE ?
_______mois ________ semaines ________années

4- Êtes-vous satisfaits du travail ?
Oui Non
Si non, précisez : _____________________________________________________________

5- Comment est-ce que vous considérez le service de microfinance de la FONKOZE ?
Un moyen pour la FONKOZE de gagner d’argent Oui Non
Un moyen pour aider les petits commerçants à sortir de la misère? Oui Non

6- Parler nous de l’historicité de l’institution : ____________________________________
___________________________________________________________________________

7- FONKOZE à combien de succursale en Haïti : _________________________________
8- Est-ce que vous pouvez énumérer les différents produits et services offerts par FONKOZE ?___________________________________________________________________________________________________________________________________________

9- Quel sont les différents types de crédits offerts par FONKOZE? ______________________________________________________________________________________________________________________________________________________
10- Quelles sont les conditions à remplir pour bénéficier un crédit à la FONKOZE?
Types de crédit Montant début Taux Intérêt Collatéral Frais dossier Taxe Durée
Crédit Solidaire
Petit Crédit
Crédit Individuel
Business d’entreprise
PME

12- Est-ce que les clients sont en mesure de payer subir le taux employés de la SFF ?
Oui Non
13- Est-ce que vous pouvez nous donner les informations du portefeuille de la SFF de 2010 à 2016 ?
Exercices 30 Septembre 2015-2016
Libellés Clients Portefeuille Clients
en Retard PAR
> 30jours Délinquance (PAR en %)
Total Solidarité
Total BD
PME

14- D’après vous, est ce que la FONKOZE permet d’améliorer la condition de vie des clients du secteur informel ?
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Merci pour votre collaboration!

?
Formulaire d’enquête pour les bénéficiaires de crédit
Date de l’entretien:
Nom et prénom de l’enquêteur:
Numéro de téléphone de la personne interrogée:
Zone: Ville: Section Communale:
Urbain
Rural

A. Profil de la personne interrogée
1. Sexe 2. Nombre de personnes à charges
3. Age 4. Niveau d’éducation
Féminin
Masculin 0
1-2
3-5
6-10
> 10 18-30
31-40
41-50
51-60
61 et plus Sans Niveau
Alphabétisation
Primaire
Secondaire
Université

5. État Civil
Célibataire Marié(e) Divorcé(e) Veuf(ve)

6. Quel est votre secteur d’activité informel?
Commerce
Production et ventes de produits alimentaires
Artisanat
Petites industries
Services
Agricole
Élevage

7. Depuis combien de temps vous utilisez le service de Crédit?
___________ans ________mois ________ semaines
8. Quel type de crédit avez-vous?
Crédit Solidaire Ti-Kredi Individuel Développement Business
8.1 Quel est la durée de votre prêt?
3 Mois 4 Mois 6 Mois 6-12 Mois 24 Mois
9. Combien de personnes qui travaillent avec vous?
a) Avant le crédit b) Après le crédit
Une seule personne Une seule personne
Deux personnes Deux personnes
Trois personnes Trois personnes
Quatre personnes Quatre personnes
Aucune Aucune

10. Pourquoi avez-vous fait le choix de la FONKOZE par rapport aux autres institutions?
Le service est meilleur
Le service est plus acceptable
Le service est plus rapide
Les employés sont plus accueillants
Autre
10.1 Si la réponse est « Autre », précisez.
___________________________________________________________________________
11. Pensez-vous de faire un changement d’Institution de Microfinance?
Oui Non
11.1 Si oui dite pourquoi ? ______________________________________________________________________________________________________________________________________________________
12. Comment qualifiez-vous le service?
Excellent
Assez bien
Passable
Médiocre
Très médiocre
13. Quel type d’énergie que vous utilisez?
Avant le prêt ___________________
Génératrice, Inverter, Énergie solaire
Bougie, Balaine
Lampe à Kérosène, Tête gridap, Bobèches
Lampe à gaz propane, Lampe rechargeable
Aucun

Après le Prêt ____________________
Génératrice, Inverter, Énergie solaire
Bougie, Balaine
Lampe à Kérosène, Tête gridap, Bobèches
Lampe à gaz propane, Lampe rechargeable
Aucun

14. Combien est ton revenu?
Avant le Prêt____________ HTG
1,000-10,000 10,001-25,000 25,001-50,000 50,001 et plus

Apres le Prêt ____________ HTG
1,000-10,000 10,001-25,000 25,001-50,000 50,001 et plus

15. Quel type de soin que vous utilisez en cas de maladie?
Avant le crédit
Centre médical et pharmaceutiques Médecin traditionnel et autres

Après le crédit
Centre médical et pharmaceutiques Médecin traditionnel et autres

16. Qui paie les frais de scolarité de vos enfants?
Avant le crédit
Je paie les frais de scolarite
Payer par une tierce personne
Pas de moyens pour payer les frais scolaire
Après le crédit
Je paie les frais de scolarite
Payer par une tierce personne
Pas de moyens pour payer les frais scolaire

17. Quel est le nombre repas par jours que vous avez pris ?
Avant le crédit_______________________
Un repas par jour
Deux repas par jours
Trois repas par jours
Après le crédit _______________________
Un repas par jour
Deux repas par jours
Trois repas par jours

18. Est ce que le crédit vous aide à procurer de l’eau potable?
Oui Non

19. Est ce que vous avez la capacité de payer un compteur après avoir obtenu le prêt?
Oui Non

20. Êtes-vous satisfaits des services de la FONKOZE?
Oui Non
22. En tant que client (e) de la FONKOZE, sentez-vous qu’elle apporte une amélioration à votre vie sur le point de vue financière?
Oui Non

23. Si la réponse est « Non », dites pourquoi vous avez ce sentiment?
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________

24. Quelles sont vos mentions en matière de points négatifs que vous déplorez à la FONKOZE ?
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________

25. Quelles sont vos remarques concernant la FONKOZE?
______________________________________________________________________________________________________________________________________________________

Merci pour votre collaboration!